Le Koï sauvera-t-il l'université ?



Le patio des Halles universitaires est occupé, on le sait, par un vaste plan d’eau qui fait l’admiration des visiteurs du bâtiment. Ce plan d’eau est agrémenté de magnifiques plantes aquatiques et de superbes carpes Koï multicolores. «Est» ou plutôt «était» agrémenté car, depuis quelques mois, un héron, pas le moins du monde intimidé par son congénère de plastique censé l’effrayer, vient régulièrement se servir dans cet alléchant garde-manger (lire La Quinzaine du 1er octobre 2005).

Résultat : il ne reste plus aujourd’hui qu’une poignée de carpes, alors que l’étang en a contenu jusqu’à plusieurs dizaines. Ce triste épisode a ouvert les yeux de nos autorités sur un patrimoine qu’elles ne soupçonnaient pas : très recherchées par les amateurs de poissons ornementaux, les carpes Koï se négocient en effet à des prix exorbitants, allant jusqu’à 500 euros pour les plus beaux spécimens. Dans le contexte de marasme financier que connaît notre université, l’idée est donc née d’exploiter ce patrimoine. Après s’en être ouvert au Conseil rectoral et avoir examiné la faisabilité du projet avec les services techniques, l’Administrateur général a décidé de lancer l’université dans l’élevage intensif et la commercialisation de la carpe Koï. Par un heureux concours de circonstances, l’ambassadeur du Japon (photo) était en visite à l’UCL le 23 février dernier (il était venu fêter le dixième anniversaire des accords de collaboration entre l’UCL et l’université de Fukuoka (lire La Quinzaine du 15 mars)). Mis au courant du projet par le recteur, il promit d’aider l’université à reconstituer son cheptel à moindre frais (on sait que les Koïs sont originaires du Pays du Soleil levant). Restait le problème du héron. Eu égard à l’enjeu financier de l’opération, le Service de gestion des espaces extérieurs décida sur ce plan d’adopter une solution radicale : un grand filet sera tendu de part en part du patio. Ce filet offrira un double avantage: il tiendra à l’écart les prédateurs des Koïs, au premier rang desquels les hérons, et en même temps, protégera les employés des Halles de la grippe aviaire, qui peut être véhiculée par les échassiers. Quand les intérêts financiers de l’université et le bien-être au travail se rejoignent…




P. d’A.
| 30/03/2006 |