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Docteurs honoris causa : l?aide humanitaire une vocation... médicaleDeux pointures de l’aide humanitaire internationale, Michel Kazatchkine et Jean- Christophe Rufin, ont reçu, le 22 mars dernier, le titre de docteur honoris causa de la Faculté de médecine. Le mot d’odre de cette rencontre : «Engagez-vous».
![]() Michel Kazatchkine Qui mieux que Michel Kazatchkine et Jean-Christophe Rufin pouvaient parler avec autant de convictions d’engagement ? C’est en effet ce thème, «l’engagement du médecin dans la société et dans le monde», qu’avait choisi la Faculté de médecine pour sa cérémonie des doctorats honoris causa. «Le jeune médecin est entraîné dès ses débuts dans une course d’obstacles – elle commence avec le numerus clausus, puis les années de spécialisation et se poursuit au-delà– une course qui occulte son idéal humaniste », a affirmé le doyen de la Faculté, le Pr Jean-Jacques Rombouts, pour introduire cette cérémonie. Une séance qu’il a d’ailleurs d’emblée dédiée à un bâtisseur de l’aide humanitaire en Faculté de médecine, le Pr René Tonglet, récemment disparu. C’est contre le sida que Michel Kazatchkine se bat depuis ses débuts comme jeune chef de clinique en 1983. Depuis 1998, il dirige l’Agence nationale française de recherche sur le sida et, depuis l’année dernière, préside à l’OMS le groupe consultatif stratégique sur le VIH/SIDA. «Le sida est devenu votre ennemi», dira Mylène Baum, sa marraine, en le présentant. Durant son intervention, Michel Kazachkine a brossé le tableau noir de la progression de la maladie dans le monde. Les chiffres sont plus qu’alarmants : plus de 40 millions de personnes infectées, 5 millions de nouvelles infections chaque année, qui touchent l’Afrique, de plus en plus les femmes et les plus vulnérables. «Un vrai révélateur des dysfonctionnements de notre monde, entre le Nord, où sont les traitements et la prévention, et le Sud», a-t-il dit. Et de poursuivre : «Pardonnez ma naïveté mais nous pouvons changer les choses. Il y a 3-4 ans, beaucoup s’opposaient à ce que l’on fasse accéder les pays en voie de développement à la trithérapie, en avançant des arguments tel ‘le traitement n’est pas coût-efficace’, le manque d’infrastructure, … Tous ont été démontés grâce aux médecins, aux chercheurs, aux ONG,…» UNE VIE DANS LES ONG Et, les ONG, leurs actions, leurs dérives, Jean-Christophe Rufin, l’actuel président d’Action contre la faim, les connaît bien. Raymond Reding, son parrain, l’a défini comme un homme d’action, présent lors de nombreuses crises de la fin du 20e siècles (guerres, famines, génocides, exodes, ...) mais aussi de culture et de littérature. Ensuite, Jean-Christophe Rufin s’est livré avec naturel et humour, racontant le long voyage qui l’a coupé de son monde d’origine, la médecine. Un peu comme dans ses romans, au gré des personnages qui l’ont marqué (son grandpère, médecin lui aussi, Henri Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge, …), il a décrit comment il est devenu médecin «sur un malentendu», puis coopérant en Tunisie pour qu’ensuite commence pour lui l’expérience humanitaire avec une bande de copains au sein de Médecins sans frontières et de diverses autres ONG. Une aventure dans laquelle il s’est investi pendant 20 ans et qui l’amènera, ensuite, à écrire. Mordu par l’écriture, il s’y consacre aujourd’hui entièrement. C’est, selon ses dires, à une «brebis égarée de la médecine et de l’université» qu’est revenue cette distinction de docteur honoris causa mais restée ô combien fidèle à ce métier de culture et d’engagement que peut être la médecine. Alice Thelen ![]() Fans et amateurs des romans de Jean-Christophe Rufin se sont succédés pour solliciter des autographes.
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30/03/2006
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