Des HLM réhumanisés + écrire pour bâtir

Transformer des HLM en habitations à dimension humaine. C’est le concept qui a valu à trois ingénieurs architectes de l’UCL de gagner un concours européen d’architecture et d’urbanisme.


Vue aérienne de Ghlin. En haut, les tours de logements sociaux.


Proposer une alternative d’habitation aux douze tours de logements sociaux appelées à être rasées à Ghlin. C’était le défi lancé par la société coopérative Toit et Moi, gestionnaire du site d’une vingtaine d’hectares en voie de réhabilitation situé dans la région montoise, en inscrivant ce projet à l’agenda d’Europan 8. Un concours européen d’architecture et d’urbanisme qui, plus qu’un classique appel d’offres, cherche à stimuler la créativité des candidats afin de rendre aux villes une dimension plus humaine.

Une compétition entre jeunes architectes européens remportée, parmi quarante autres projets de réaménagement de la cité hennuyère, par Jean-Philippe De Visscher, Christophe Lootvoet et Amélie Paris. Ces trois jeunes architectes diplômés de l’UCL – le premier nommé y est encore assistant - ont défendu un projet novateur faisant la part belle à un ensemble d’habitations sociales qui privilégient l’aspect humain et qui s’inscrivent dans un concept d’architecture durable.

SE SENTIR VRAIMENT CHEZ SOI

Plus question d’ériger des HLM gris et froids, un habitat déshumanisé à la source de nombreuses tensions sociales. À la place de hautes tours impersonnelles, les trois lauréats ont préféré des maisons individuelles et des petits immeubles à appartements, des lieux d’intimité équipés de tout le confort thermique et acoustique, des habitations agrémentées de petites terrasses individuelles. Des structures personnalisées qui permettent à chacun de se sentir chez soi tout en se réservant la possibilité de jouir d’un environnement verdoyant. Des grands jardins alentours offrent en effet des lieux d’épanouissement collectifs favorisant une intense vie sociale et d’échanges, une spécificité propre à la population de la région que les trois architectes du projet souhaitaient respecter. Une reconstruction du site qui, à l’instar de la réflexion qui a animé le développement de Louvain-la- Neuve, prend en compte une globalité de facteurs en accordant une place centrale au bien-être humain. Aucune date de début des travaux n’a encore été fixée pour ce gigantesque chantier qui aboutira à l’érection d’un petit village de 3 600m2 d’édifices publics, de 14 000m2 de surfaces commerciales et de 106000m2 de logements sociaux. Michel Otte



Écrire pour bâtir




Cocorico au Département d’architecture, urbanisme, génie civil et environnemental. Françoise Bradefer, ingénieur civil architecte de l'UCL (1979) et docteur en sciences appliquées (2002), a vu sa thèse récompensée par le Conseil international de la recherche en architecture. Intitulée Le travail d'écriture chez l'architecte, elle a reçu le Prix ICAR-CoRA 2005. Décrire, analyser, s’approprier, échafauder, juger, énoncer, généraliser : Françoise Bradefer démontre dans sa thèse comment l’écriture, du récit de voyage à la note de croquis, nourrit la pensée du projet de l’architecte.

| 30/03/2006 |