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Le Congo enfin cartographiéDernier pays au monde à ne pas posséder de carte géographique générale, la République Démocratique du Congo a aujourd’hui comblé cette lacune grâce à la collaboration étroite de l’UCL et de l’Université de Gand. Le fruit de ce travail vient d’être présenté à Kinshasa.
![]() Difficile à croire, mais pourtant vrai : le Congo, jusqu’à fort récemment, ne possédait pas de cartographie de son vaste territoire (80 fois la Belgique). « La dernière carte du Congo datait de 1988 et elle avait déjà perdu toute projection cartographique », explique le Pr Pierre Defourny, coordinateur du projet avec, à l’UCL, Carlos de Wasseige, Jean-François Pekel et Christelle Vancutsem, de l’Unité de recherche en environnemétrie et géomatique (ENGE/Agro). « Or, le Congo bénéficiait déjà de la technologie GPS, mais celle-ci n’avait qu’une utilité relative dans le sens où il était impossible de traduire les données que l’on relevait sur le terrain sur une carte. Si la cartographie du Congo était inexistante, c’est parce que la cuvette congolaise est particulièrement nuageuse et, en conséquence, que les photos aériennes ne donnaient pas de résultats satisfaisants. L’immensité du territoire rendait également la tâche ardue ». Ces deux éléments conjugués avaient fait du Congo le seul pays du monde présentant un vide cartographique aussi important. « Pour élaborer cette carte, nous nous sommes basés sur la projection cartographique congolaise de 1952 que nous avons du réinventer avec nos collègues de l’IGN, du Musée de Tervuren et sur une thèse de doctorat en télédétection portant sur l’occupation du sol au Congo et, bien entendu, sur les images numériques provenant des satellites et de la navette spatiale. À partir de là, nous avons pu concevoir une nouvelle carte générale du pays à usage tous publics, reprenant notamment les cours d’eau, les routes et les chemins de fer. » UNE DEMANDE DE L’UNESCO Cette aventure scientifique a en réalité commencé par une demande conjointe de l’UNESCO et du Congo, prise en charge par la Politique scientifique belge. Le financement de ce projet de quatre ans avait pour objectif la mise en place d’un système de gestion d’information et de cartographie, intitulé « Système de gestion de l’information sur les aires protégées » (SYGIAP). Celui-ci comprenait des cartes de base et des spatiocartes pour les cinq parcs nationaux appartenant au Patrimoine mondial de l’humanité. En collaboration avec l’Université de Gand, il s’agissait en fait de remplacer des croquis de 1949 toujours utilisés par des cartes numériques détaillées combinant technologie spatiale et relevés de terrain par les partenaires congolais. UNE OPTIQUE ÉCOLOGIQUE Outre leur aspect purement pratique, les nouvelles cartes des parcs vont également permettre de jouer un rôle écologique.« La télédétection par satellites a aussi permis de photographier à haute résolution des morceaux du territoire congolais, et ce dernier possède cinq parcs où vivent des espèces emblématiques telles que les gorilles, les okapis et les bonobos, les singes les plus proches de l’homme. Les cartes ont pour vocation d’aider à la gestion des parcs, dans une stratégie de conservation de la nature. Car si la pression est aujourd’hui faible sur le bassin du Congo, il est à craindre qu’elle ne croisse dans le futur via une exploitation massive des forêts et des ressources qu’elles abritent, comme on l’a connue dans le sudest asiatique et, dans une moindre mesure, en Amazonie. Aujourd’hui, nous sommes donc à la recherche des leviers sur lesquels nous pourrions agir pour ne pas suivre ces tristes exemples. » Pour suivre cette évolution des forêts, une autre thèse en télédétection spatiale permet l’estimation précise de la déforestation et la reforestation de tout le bassin du Congo (qui comprend le Gabon, le Cameroun, les Républiques populaire et démocratique du Congo et la Guinée équatoriale) pour le compte de la Commission européenne. Aujourd’hui, Pierre Defourny et son équipe planchent sur un projet de carte du monde pour l’Agence spatiale européenne (ESA). Cette nouvelle carte permettra de comparer les grandes évolutions de ces cinq dernières années au niveau de l’impact des sociétés sur les écosystèmes, l’influence des changements climatiques, des phénomènes d’urbanisation,… Autant de thématiques dont l’influence sur notre planète est aussi capitale que directe. La cartographie par satellites n’a pas fini de faire parler d’elle. Virginie Stassen ![]() Pierre Defourny (AGRO/ENGE), coordinateur du projet de cartographie du Congo. Les cartes générales éditées aux PUL sont consultables via l’adresse Internet www.uclouvain.be/enge-cartesRDC et disponibles sur http://www.i6doc.com
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30/03/2006
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