Un peu d'histoire...

Avant le XVIIIème siècle, la chimie se développe dans notre université, comme presque partout ailleurs, au sein de la faculté de médecine. De cette période, on retient le nom de Jean-Baptiste Van Helmont qui, au XVIIème , révolutionne l'étude des plantes médicinales et contribue aux débuts de la chimiothérapie. Il est également connu pour l'invention du thermomètre.
Le groupe de chimie lui-même se distingue, dès la fin du XIXème, grâce à Louis Henry et à ses travaux en chimie organique. Il organise le premier laboratoire de recherche à l'Université de Louvain, sur le modèle de celui fondé par Liebig à Giessen. C'est sous son influence qu'est créé en 1871 le doctorat en sciences qui fait une large part à la recherche expérimentale.

Le groupe bénéficie aussi de l'apport de deux professeurs nommés pour répondre aux besoins spéciaux des écoles d'ingénieurs. G. Ch. Blas, docteur de l'université de Frigourg-en-Brisgau, influencé lui aussi par l'esprit de Liebig, introduit à Louvain les méthodes électrochimiques d'analyse. De son côté, Fr. de Walque, animateur du Cercle industriel, un des professeurs les plus populaires, réalisera les premiers cours pratiques de chimie.

La guerre de 1914-1918 révèlera le rôle prépondérant de la chimie dans l'industrie. C'est au lendemain du conflit que fut créé le grade scientifique de "docteur en sciences chimiques pures et appliquées". Le corps professoral, qui dispose dorénavant de locaux bien équipés, est entièrement renouvelé. Pierre Bruylants, fils du premier titulaire de la chaire de chimie physiologique à la faculté de médecine, réorganise complètement l'enseignement théorique et pratique de la chimie générale tout en poursuivant avec ses élèves de doctorat des recherches sur le poids atomique du sélénium et sur la réaction des nitriles avec le réactif de Grignard. L. Michiels est chargé de la chimie analytique. W. Mund ouvre de nouveaux sillons en développant des recherches en chimie physique. Il s'occupera particulièrement des effets chimiques produits par les corps radioactifs et en particulier le radon, issu du bromure de radium produit par l'Union minière du Haut-Katanga.

L'année 1936-37 marque une nouvelle étape avec la fondation par H.S.Taylor, de Princeton, titulaire pour cette année-là de la chaire Francqui, d'un laboratoire de cinétique chimique, qui sera confié, après son départ, à J.C. Jungers, futur prix décennal de chimie en 1949. Des recherches furent menées avec succès sur la synthèse des composés organiques purs et sur l'analyse spectrographique de métaux très purs. 

Au lendemain de la seconde guerre, le nombre d'étudiants et d'aspirants au doctorat augmente notablement. L'enseignement et la recherche se développent dans de nouvelles directions : la biochimie avec Putzeys, la chimie organique physique avec A. Bruylants, la chimie macromoléculaire par G. Smets, qui deviendra président de l'Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée (IUPAC), la chimie-physique de la combustion, vers laquelle A Van Tiggelen, prix Francqui en 1961, attirera des chercheurs envoyés par l'Institut français du pétrole. Enfin, la cristallographie trouvera son essor grâce au travail de pionnier de M. Van Meersche dans le domaine de la diffraction des rayons X.

En 1973, la partie francophone de l'université déménage de la ville flamande de Leuven au site wallon de Louvain-la-Neuve. A la fin de l'année académique 73-74, un premier symposium de synthèse organique y est organisé. Il sera suivi de nombreux autres.

 

| 31/10/2007 |