Portrait minute : La double vie de François Maniquet

Il a l’âge du CORE, le centre de recherche qui l’emploie, mais il n’a pas le profil type du chercheur en économétrie. Car François Maniquet a une passion assez inhabituelle chez un professeur d’université…



François Maniquet                   Jean-Louis Ficheroule


L’UCL a accueilli en septembre dernier un jeune professeur plein d’avenir. François Maniquet, 40 ans, docteur en sciences économiques des Facultés de Namur, spécialiste de l’économie normative, a rejoint l’un des centres d’excellence les plus renommés de l’université, le CORE. Il y assure notamment le cours de microéconomie avec Jacques-François Thisse (Prix FNRS, président du CORE) et y dirige plusieurs thèses. Mais en engageant François Maniquet, l’université a aussi fait entrer dans ses murs d’autres personnages dont la présence à l’UCL est pour le moins incongrue. Le prénommé Jacques, par exemple, garçon de ferme gentil et attachant, mais qui est loin d’avoir inventé l’eau chaude. De même, Jean-Louis Ficheroule, encodeur de son état, dont les journées (et la sexualité) sont réglées comme du papier à musique et qui, lui non plus, n’est pas un foudre de guerre. Sans compter le SDF Momo, que l’on n’a pas encore vu mais qui ne devrait pas passer inaperçu.

François Maniquet se serait-il donc installé au CORE avec ses amis ? Pas exactement, mais presque : François, Jacques, Jean-Louis et Momo sont en réalité une seule et même personne. Mais si le premier est bien réel (il est marié, a trois enfants et chante comme personne Bourvil et Fernandel), les trois suivants sont parfaitement fictifs : ils sont les personnages qu’interprète le jeune académique dans les quatre films qu’il a à son actif. Car François Maniquet est comédien : comédien amateur, de cinéma et de théâtre (il est apparu dans plusieurs pièces montées dans le Namurois).

Les titres de ses films ne vous diront sans doute pas grand chose : La chanson-chanson, Mon cousin Jacques, Révolution1. Ces trois oeuvres sont des courts-métrages de Xavier Diskeuve, l’ami de toujours de François Maniquet. Ils ont écumé les festivals, où ils ont décroché de nombreux prix (dont celui du meilleur rôle masculin au Festival de Moulins). Trois comédies où François Maniquet interprète un personnage à mille lieux du chercheur de pointe qu’il est (une façon de conserver son équilibre mental, sans doute…). Trois comédies sensibles et bien ficelées que nous vous conseillons d’aller voir sans tarder. Et si vous n’en avez pas l’occasion, allez voir en octobre le nouveau long-métrage d’Alain Berliner, J’aurais voulu être un danseur. François Maniquet y joue, notamment, aux côtés de Cécile de France. Quand on vous disait qu’il avait de l’avenir, ce jeune prof… Pierre Escoyez


1. Le court-métrage Révolution a été sélectionné au récent Festival du courtmétrage de Bruxelles où il a décroché le prix de la Communauté française.