Rayonnement et santé

Les ondes utilisées en radiocommunication et leurs effets potentiels sur la santé font régulièrement la une de l'actualité.  Alors qu'il n'y a pas de consensus au sein de la communauté scientifique sur les effets avérés des champs micro-ondes dont les sources se multiplient (antennes GSM, WiFi, réseaux de télécommunication spécifiques, téléphones domestiques de type DECT,...), des voix s'élèvent pour réclamer l'application du principe de précaution.

Un rapport récent publié par un groupe de travail international composé de scientifiques, chercheurs et spécialistes de santé publique, exprime ses préoccupations quant aux normes actuelles limitant l'exposition aux rayonnements auquel nous sommes soumis quotidiennement (www.bioinitiative.org/report/index.htm et en particulier les [conclusions de la Section 1 ]).

Quelles sont les normes et recommandations actuellement en vigueur en Belgique ?

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié, via sa Commission Internationale pour le Protection des Radiations Non Ionisantes (ICNIRP), une norme basée uniquement sur les effets thermiques du rayonnement électromagnétique, sans prendre en compte d'autres effets éventuels.  Aux fréquences concernées par le WiFi (2.4 GHz), ces normes fixent un seuil maximum pour les champs électromagnétiques à 61 V/m.

Le Conseil de l'Europe a repris la norme ICNIRP comme recommandation à tous les états membres.

Le gouvernement belge a introduit un facteur de sécurité de 4 (sur les puissances) et a ainsi fixé la limite du champ électrique maximum pour une fréquence de 2.4 GHz à 30.7 V/m.

Le Conseil Supérieur de Santé, organisme fédéral consultatif, a formulé des recommandations qui, pour une fréquence de 2.4 GHz,  limiteraient le champ électrique à 3 V/m.

Une ordonnance de la Région Bruxelloise de mars 2007 ramène à 4.3 V/m le champ maximum à 2.4 GHz, introduisant ainsi un facteur de précaution de 50 par rapport à la norme fédérale belge.

La recommandation la plus stricte, dite de Salzbourg, propose de limiter le champ électrique à 0.6 V/m (à 2.4 Ghz).

Qu'en est-il des bornes installées dans le cadre du projet WiFi?

Pour obtenir une information précise quant au rayonnement des bornes WiFi utilisées, nous avons demandé à une firme privée indépendante (ANPI):

- la simulation du rayonnement maximum fourni par une borne
- la mesure in-situ du rayonnement généré par une borne dans des conditions d'utilisations typiques.

Le rapport de mesure et de simulation de l'ANPI est disponible ici au format pdf .

Les mesures et la simulation montre qu'en régime d'utilisation typique, le champ électrique maximum est inférieur à 0.6 V/m dès qu'on s'éloigne de plus de 1.2 m de la borne.  Les emplacements choisis pour les bornes rendent très peu probable l'exposition d'une personne à un champ émis par une borne WiFi supérieur à 0.6 V/m.  Ceci étant, une vigilance minimum s'impose quant au choix de la localisation d'un nouveau poste de travail qu'il ne faudrait pas installer à proximité immédiate d'une borne (moins d'un mètre).

Néanmoins, l'exposition aux rayonnements n'est pas seulement le résultat d'une décision de l'institution, mais aussi du mode de travail choisi par l'utilisateur. En effet, toute personne qui fait usage d'un poste raccordé au réseau par le Wifi, se trouve à très courte distance de l'émetteur de sa propre machine. Le rayonnement émis par celle-ci est aussi important que celui d'une borne WiFi. Donc, la personne qui choisirait d'utiliser le raccordement WiFi en permanence plutôt qu'un câble se trouverait exposée à ce rayonnement en permanence également.

Et les autres sources de rayonnement?

En l'absence de certitude scientifique, il est d'usage de considérer que l'effet sur l'organisme résulterait de la valeur cumulative de l'ensemble des champs électromagnétiques. Par conséquent, il importe d'avoir une idée précise du rayonnement résultant des autres sources (en particulier les antennes GSM).  Pour ce faire, l'UCL et la commune de Louvain-la-Neuve ont décidé d'adopter une approche commune qui comporterait d'abord l'établissement d'un cadastre des sources de rayonnement telles qu'enregistrées auprès de l'IBPT.  Sur cette base, ayant identifié les zones à plus haute densité probable, une grille de points de mesure serait établie pour servir de base pour un relevé complet sur l'ensemble de la commune.

| 24/09/2008 |