Le CORE : 40 ans de bon café

Depuis 40 ans, on sert du bon café au CORE. Anecdotique ? Pas tant que cela. Si ce centre de recherche est devenu ce qu’il est, soit une référence mondiale dans ses domaines, c’est aussi grâce à l’esprit de convivialité qui y règne. Un esprit auquel la qualité du café n’est certainement pas étrangère.


Claude d’Aspremont, futur président du CORE (à gauche), accompagné de Jacques Drèze, co-fondateur du Centre.


Le CORE fête cette année ses 40 ans. Petit test : êtes-vous capable de prononcer son nom en entier? Vraisemblablement pas, et cela pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il est en anglais : Center for Operations Research and Econometrics. Or la langue de Shakespeare est encore (trop) peu usitée dans notre Alma Mater. Ensuite, parce que ce nom renvoie à des disciplines auxquelles nous sommes pour la plupart peu familiers : la recherche opérationnelle, l’économétrie, la statistique, l’économie mathématique, la théorie des jeux, … Reconnaissons que nous serions bien en peine de décrire avec précision la teneur de ces matières.

La troisième raison pour laquelle bon nombre d’entre-nous ont une image floue du CORE tient au fait que le centre a toujours disposé d’une large autonomie dans l’université. « À notre création, en 1966, nous n’avions tout simplement pas de statut », se souvient Jacques Drèze, l’initiateur et un des co-fondateurs du centre. «Aujourd’hui, nous avons le rang d’entité académique hors faculté. Autrement dit, nous rendons compte directement aux autorités de l’université.» Les membres du CORE sont répartis dans plusieurs départements appartenant à trois facultés (ESPO, FSA, SC) : le centre est donc surtout connu dans ces facultés.

«RIEN DE BIEN SORCIER»


Il y a cependant une chose que nous savons tous à propos du CORE: sa renommée est planétaire. Lorsqu’on demande à Jacques Drèze à quoi il attribue cette réussite, il répond d’un lapidaire «Oh, il n’y a rien de bien sorcier». À l’entendre, la recette d’un centre de recherche qui marche se résume en 3 points : faire le bon outil, au bon moment, avec les bonnes personnes. « L’organisation du CORE est calquée sur la Cowles Foundation de l’université de Yale. Je pense que nous avons choisi de rassembler les bonnes disciplines dans un centre pour lequel il y avait, à ce moment-là, une vraie demande. Bon nombre de chercheurs américains, notamment, étaient à la recherche d’un endroit de ce type. » Et d’ajouter : «L’idée de mettre en place une recherche collective, très interdisciplinaire et nourrie de nombreux contacts internationaux était également correcte.» Jacques Drèze évoque encore le soutien «essentiel»de l’université (KULUCL d’abord, puis UCL), qui a été facilité par la reconnaissance extérieure, en particulier celle du Institute of Management Science puis celle de la Fondation Ford.


ORIGINALITÉ

Claude d’Aspremont, qui prendra la présidence du CORE en septembre, tient à mettre en avant une des originalités du centre: son directeur de recherche est alternativement un Belge et un étranger. « Ce principe a beaucoup apporté au centre. Il lui a notamment permis de perfectionner en permanence ses méthodes et son organisation.» Enfin, Drèze comme d’Aspremont soulignent l’importance de l’excellent esprit qui a toujours régné au CORE. Un esprit de convivialité fondé, outre sur la qualité du café, sur une vraie complicité entre les différentes catégories de personnel et sur une attention particulière portée à l’accueil des invités. Mais un anniversaire est aussi l’occasion d’évoquer l’avenir. Et là, les défis ne manquent pas. Si le financement en est un important - la recherche fondamentale demeure le parent pauvre des programmes publics de financement -, celui du recrutement des chercheurs est plus prégnant encore. Il constitue une vraie source d’inquiétude pour le CORE, qui a de plus en plus de mal à résister à la concurrence des Ètats- Unis et des meilleures universités européennes. Une des solutions réside dans la collaboration interuniversitaire qui peut accroître la force d’attraction au niveau international et susciter davantage d’intérêt du privé au niveau belge. C’est la raison pour laquelle le centre s’est récemment rapproché de son alter ego de l’ULB (lire La Quinzaine du 1er avril). Mais au CORE, on pense qu’il faudra aller plus loin encore et envisager des rapprochements à l’échelle du pays, voire de l’Europe. Pourvu que la qualité du café y résiste… Pierre Escoyez


L’anniversaire du CORE sera célébré lors d’un colloque organisé le 2 juin à Villers-la-Ville.Informations : www.core.ucl.ac.be,  010-47 43 21.
| 31/05/2006 |