Débat : Dialogue autour du « mur »

Nous annoncions, dans La Quinzaine du 1er avril, que le kot Oxfam organisait une semaine « contre le mur ». Ce titre a interpellé un groupe de professeurs qui a fait part aux organisateurs et à La Quinzaine de leurs interrogations.

Du 24 au 28 avril, le kot Oxfam organisait une semaine sur la problématique israélo-palestinienne. L’événement fut annoncé dans La Quinzaine du 1er avril. L’intitulé « Semaine contre le mur » a interpellé un groupe de professeurs de l’UCL qui a fait part, dans une lettre adressée à La Quinzaine, de ses interrogations sur « la perspective unilatérale adoptée par cette initiative et sur l’opportunité de sa promotion en première page de la Quinzaine. » « La question est de savoir si l’on peut proposer une vision équilibrée sans une approche globale de la situation. Le sens de cette lettre n’est pas de traiter du ‘mur’, mais de réfléchir sur l’attitude la plus appropriée qu’il conviendrait d’adopter vis-à- vis du conflit israélo-palestinien », écrivaient-ils. Et de poursuivre, en s’inspirant du témoignage prophétique d’Emile Shoufani à l’UCL en 2004: « […] il est question dans la semaine proposée de faire valoir unilatéralement les griefs d’une partie contre l’autre. […] Ne faut-il pas, pour la modeste part qui nous revient, construire les conditions du dialogue par une information ouverte à un examen contradictoire, plutôt que d’exacerber le conflit en choisissant une souffrance contre une autre ? »

Le kot Oxfam, reconnaissant d’emblée la charge quelque peu provocatrice de son intitulé, a situé sa réflexion comme suit : « C’est une réflexion constructive que nous avons voulu mettre en place. Au final, cette semaine fait d’ailleurs une large place à une représentation plurielle ». Et d’ajouter : « Nous croyons en la nécessité du dialogue et de la compréhension mutuelle […]. Mais nous craignons aussi la loi du plus fort et la voix des armes. Avec les Palestiniens pacifistes, avec les Israéliens constructifs, dans l’optique de la paix et de deux États fraternels sur la base de compromis justes, nous voulons dénoncer les entraves à la conciliation et à la négociation, de tous côtés. » De leur propre aveu, cette réaction a permis aux étudiants d’affiner leur réflexion et de veiller à préciser que « cette semaine n’était pas un combat contre un peuple mais une volonté de discuter une initiative politique coercitive », en notifiant notamment leur ferme condamnation des attentats-suicides et de la charte haineuse du Hamas.
| 31/05/2006 |