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Historique
Historique de l'enseignement de l'histoire de l'art et l'archéologie à l'UCL
L'enseignement de l'Archéologie et de l'Histoire de l'Art s'est constitué peu à peu au sein de l'Université, à partir de 1865, date à laquelle fut créé un cours d'archéologie chrétienne. Au début du XXe siècle, grâce à l'impulsion de F. Mayence, de R. Maere et Lemaire, des enseignements spécifiques furent organisés pour l'antiquité, l'histoire de l'art et l'architecture. A partir de 1928 sont lancés les premiers chantiers de fouilles, notamment celui d'Apamée de Syrie. Peu après la seconde guerre mondiale, la discipline donna lieu à la création d'un Institut autonome, avec sa bibliothèque propre, ses laboratoires et ses collections, création dans laquelle J. Lavalleye et Fr. De Ruyt, jouèrent un grand rôle. Le transfert de l'Université vers Louvain-la-Neuve a entraîné l'insertion de l'Institut au sein de la Faculté de Philosophie et Lettres.
1864 Création d'une chaire d'archéologie chrétienne et acquisition de moulages. 1879 Le cours «Les antiquités chrétiennes et l'archéologie», imposé aux étudiants en Théologie, est ouvert aux futurs ingénieurs; il est facultatif pour les étudiants de la faculté de Philosophie et Lettres (Edmond Reusens). 1893 Cours consacré à l'archéologie du Moyen Age, pour les étudiants du doctorat en sciences morales et historiques. 1907 René Maere, de la Faculté de Théologie, succède à Reusens ; Raymond Lemaire, de la Faculté des Sciences, introduit des cours d'histoire de l'architecture. 1908 Fernand Mayence, de la Faculté de Philosophie et Lettres, obtient un cours d'archéologie classique. 1910 Organisation d'un Musée biblique et acquisition de collections d'art et d'ethnographie africaine. 1914 Incendie des Halles universitaires abritant les collections académiques et archéologiques. L'entre-deux-guerres
1924 Création d'un cours d'Histoire de la Musique. 1928 Première mission archéologique à Apamée. 1929 Inscription d'un cours de «Notions d'Archéologie et d'Histoire de l'Art» en candidature de Philosophie et Lettres (loi du 21.05.29). 1931 Mise en place du dédoublement des cours dans les deux langues. 1934-1935 Réinstallation des collections et de locaux spécifiques dans les combles des Halles Universitaires. L'Institut
1942 L'Institut d'Archéologie et d'Histoire de l'Art se constitue et la filière d'enseignement s'organise. 1944 Mise à l'étude d'une réforme de l'Institut et des programmes. 12 mai 1944 Les bombardements aériens alliés détruisent les Halles universitaires et une grande partie des collections d'archéologie. 1947 Réinstallation de l'Institut en janvier 1947, dans de nouveaux locaux, aux Halles Universitaires restaurées. 1953 Installation de l'Institut d'Archéologie dans l'ancien institut électromécanique de la rue des Flamands, sous la présidence de Jacques Lavalleye. 1965 Constitution de l'Association des anciens de l'Institut. 1979 Louvain-la-Neuve.
Le chanoine Reusens fut le premier professeur d'archéologie et d'histoire de l'art chrétiennes de 1865 à 1903. Il eut trois successeurs : les chanoines Maere et Lemaire et M. Fernand Mayence, qui s'engagèrent au début du siècle dans l'organisation de l'enseignement de l'archéologie et de l'histoire de l'art, venus de trois facultés différentes avec des débuts de collections didactiques, ils pouvaient annoncer dans le programme de l'Université des «cours d'archéologie et d'histoire de l'art», accessibles aux étudiants des trois facultés. Mais il fallut attendre 1919-20 pour voir apparaître un cursus menant au titre de candidat, de licencié ou de docteur. Dans un texte annonçant la création des programmes, le recteur Mgr P. Ladeuze précisait bien que dans l'esprit de l'université, il s'agissait de programmes complémentaires à d'autres études. S'ajoutèrent à la liste des professeurs Jozef Muls pour l'esthétique et Mgr van Nuffel pour l'histoire de la musique en 1923. Les trois professeurs principaux de 1907 se retrouvèrent encore en 1942, avec le projet d'un Institut, malgré les circonstances hostiles : les jeunes d'alors (MM. Lavalleye et Naster) étaient revenus de captivité. Les fouilles d'Apamée avaient permis à d'autres de se former sur le terrain, et l'organisation du Fonds National de la Recherche avait rendu possible des séjours en Italie pour Franz De Ruyt et Jacques Lavalleye. Le cours d'étruscologie était fondé en 1936 par Franz De Ruyt, mais il était, comme le cours de numismatique et d'histoire économique de Marcel Hoc, un cours facultaire et facultatif. L'idée d'un Institut fut inspirée par la création de l'Institut orientaliste dès 1936. Ce modèle allait parrainer les disciplines jusqu'à la rédaction du «règlement» : mis au point dès 1942, il ne fut adopté qu'en 1945. Les Halles Universitaires furent détruites le 12 mai 1944 : elles abritaient le jeune Institut dans les combles. Une partie de la documentation Mayence sur Apamée disparut dans l'incendie. Dès le départ aussi, des relations privilégiées avec l'étranger enrichissaient les domaines classique et oriental. L'Italie (par les bourses de recherche) et la Syrie (pour les fouilles) furent des pays d'accueil entre les deux guerres. La nécessité d'un musée universitaire se fit sentir avant même la fondation d'un Institut : F. Mayence surtout s'attela à cette tâche en recueillant des moulages didactiques d'oeuvres surtout classiques exposées aux Halles Universitaires et provenant du programme de réparations des dommages de guerre allemands.
Dès 1953 toutefois, l'enseignement fut transporté à la rue des Flamands n° 83, dans le bâtiment abandonné par les ingénieurs électriciens. Le rez-de-chaussée avait été d'abord occupé par l'Institut Africaniste, qui fut dissous en 1962. Le deuxième étage appartenait aux musicologues, un troisième étage ne fut colonisé qu'en 1969 pour une partie du musée de moulages et des bureaux. Dès 1965, le déménagement fut obtenu des livres des séminaires de la bibliothèque centrale, fonds qui enrichit la bibliothèque d'Archéologie. Au rez-de-chaussée se trouvait aussi le premier Laboratoire de R. Van Schoute et un petit local réservé à J. Trizna, à la fois gestionnaire de la bibliothèque et de la collection van Hamme, léguée en 1968, et trésorier de la Revue fondée en 1968. La division en deux sections linguistiques, la croissance du nombre des étudiants et du nombre des professeurs, la naissance aussi des premières équipes de chercheurs furent la cause de migrations multiples encore à Louvain, avant le grand déménagement. Les jeunes équipes d'architecture et d'archéologie nationale se logèrent d'abord rue de Bériot, le Laboratoire aussi, dans des locaux d'anciennes «pédagogies» de jeunes filles, la bibliothèque et l'unité CHAR avec la collection van Hamme allèrent rue de Bériot, dans l'ancien Institut de Géologie devenant libre suite au départ de la Faculté des Sciences vers Louvain-la-Neuve.
Les «structures» d'organisation interne
Les sections existaient dans le programme : la musicologie était réellement organisée dès 1947, l'Antiquité s'appelait d'ailleurs section B, les lettres A-B furent permutées en 1961. Sous le protectorat de Mgr Massaux, furent organisés des Centres de recherches afin de rattacher des programmes, des crédits, des publications et du personnel éventuel à ces entités. Furent ainsi organisés : le laboratoire pour l'étude des oeuvres d'art par les méthodes scientifiques (M. R. Van Schoute), le Centre pour l'étude des arts du relief (I. Vandevivere), le Centre d'iconologie (J. Lavalleye d'abord, ensuite Mme Dosogne), les Centres d'art grec, d'art romain et d'art étrusque, proposés par M. De Ruyt. Plus tard seulement, on y joignit le Centre d'histoire de l'architecture et du bâtiment, à l'initiative de M. Genicot, celui d'art égyptien (M. Vandersleyen) et le Centre d'archéologie Nationale (J. Mertens). Le Musée faisait partie des secteurs gérés par le Département, tout comme la bibliothèque, la photothèque, le laboratoire photographique. En 1979, l'Institut fut installé à Louvain-la-Neuve, au sein de la toute nouvelle Faculté de Philosophie et Lettres. A la suite de ce que l'on appela la «départementalisation» (qui revient à changer le nom d'Institut en Département) ou encore le «redéploiement» (opération commencée en 1983 et achevée en 1985), le département fut articulé en quatre unités : musicologie, didactique, antiquité et moyen âge jusqu'à l'époque contemporaine. Le Musée a quitté la structure du Département, en 1995.
T. HACKENS, La genèse du Département d'Archéologie et d'Histoire de l'Art, dans Le Département d'Archéologie et d'Histoire de l'Art de Louvain, Cinquantième anniversaire, 25-26 avril 1997, Louvain-la-neuve, 1997, p. 12-33.
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27/01/2010
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