|
|
Résidence de Michel Desvigne 2008-2009
ANATOMIE DE PAYSAGES EN PROJET
En 2008-2009, l’UCL a accueilli comme artiste en résidence l’architecte paysagiste français Michel Desvigne. En sa compagnie, des étudiants de Louvain-la-Neuve, issus de toutes facultés, ont appris à « lire » un paysage -en particulier un paysage urbain- et à le transformer, non sans se poser un certain nombre de questions éthiques : quel paysage pour quelle société ? Comment habiter le territoire ? Quelle ville pour demain ?
Michel Desvigne: L’objectif est avant tout de voir, d’apprendre à voir les paysages qui nous entourent. Comprendre les mécanismes qui les produisent, décrypter les évolutions, situer les enjeux. Ces deux « natures », l’une naturelle, l’autre artificielle, ne rentrent pas nécessairement en conflit. Si on les oppose ici, c’est pour mieux les distinguer, pour mieux en jouer comme d’un ressort dialectique. Celui-ci peut être à l’œuvre dans l’aménagement d’un parc, en travaillant avec les traces d’une activité industrielle disparue. Il faudrait aussi le prendre en compte dans l’aménagement territorial, en considérant aussi bien les invariants naturels, et leur cortège d’obligations, réveillées par l’impératif durable qui s’impose, que les marques plus récentes dans l’histoire, qui créent des contraintes plus puissantes et que l’on ne peut se contenter d’ignorer. Elles conduisent à des stratégies de réparation, mais pas seulement : elles peuvent avoir produit des formes que nous devons accepter. C’est une affaire de renversement du regard. A cet égard, le changement de celui posé sur le patrimoine industriel est une leçon. Le paysage est aujourd’hui souvent, abordé du seul point de vue de sa protection. Le transformer est considéré a priori comme suspect. C’est au contraire l’observation des transformations, des projets qui nous intéresse. Ces observations ont comme support la manipulation d’images, la production de collages. Cette manipulation nous entraîne au-delà de la stricte analyse pour envisager d’autres transformations, d’autres projets. Les supports sont des photographies aériennes. Une collection d’images est projetée, décryptée au cours des présentations en abordant quelques grandes thématiques : le paysage agricole, la périphérie des villes, le paysage des infrastructures, la ville diffuse, paysage et espaces publics, manières d’habiter le paysage... Chaque présentation donne lieu à expériences : à partir d’images aériennes de paysage, les étudiants produisent des sortes de collages. Ces collages sont à la fois le support de l’observation de sites mais aussi l’occasion de prendre position sur leur évolution future. Trois programmes sommaires ont été proposés : transformer des structures boisées existantes, structurer l’extension de la ville, accompagner la mutation de sites industriels. Les dessins en métamorphose ont été scannés, composant pour chaque site une mosaïque de projets possibles. La dimension éthique est importante. Quel paysage pour quelle société ? Comment habiter le territoire ? Quelle ville pour demain ?
Quelques mots sur Michel Desvigne Michel Desvigne s’est exprimé sur son œuvre lors de conférences dans différents pays, et a fait l’objet de plusieurs expositions, dont une aux Beaux-Arts de Bruxelles.
|
11/08/2010
|
|