Le journal Immunity publie les découvertes de l’Institut de Duve.
Cancer : des "sucres" peuvent réveiller notre système immunitaire
Les travaux de Pierre van de Bruggen et son équipe permettent de mieux comprendre pourquoi les cellules de notre système immunitaire ne détruisent pas les cellules cancéreuses. Voilà dix ans que des chercheurs impliqués dans la lutte contre le cancer cherchaient à comprendre pourquoi certaines cellules de notre système immunitaire, chargées de tuer des cellules cancéreuses, s’épuisent et n'arrivent pas à leur but. Responsable de recherches à l'Institut Ludwig pour la recherche sur le cancer (Institut De Duve / UCL) et établi sur le site de l’UCL à Woluwé, Pierre van der Bruggen et son équipe ont non seulement trouvé une explication, mais ils ont aussi découvert des approches pour "réveiller" ces cellules fatiguées. Cette importante découverte vient d’être publiée par le prestigieux journal américain Immunity (1).
Notre système immunitaire agit grâce à un type de globules blancs appelés lymphocytes T. Ces lymphocytes T reconnaissent les antigènes portés par les cellules infectées par des virus mais aussi – on le sait depuis une vingtaine d’années grâce aux chercheurs de l’Institut de Duve – des antigènes qui ne se trouvent que sur des cellules cancéreuses. Mais les lymphocytes que l'on extrait d'une tumeur sont souvent inefficaces ou "fatigués".
L'équipe de Pierre van der Bruggen, avec l'aide de l'équipe de biologie cellulaire de l'Institut de Duve et la collaboration des médecins des cliniques Saint-Luc, a découvert que deux récepteurs essentiels au fonctionnement d'un lymphocyte T sont anormalement éloignés l’un de l’autre à la surface des lymphocytes T fatigués. Une molécule, la galectine-3, souvent produite par les cellules cancéreuses, vient se coller sur des récepteurs et les immobilise, empêchant ainsi leur bon fonctionnement. Les chercheurs ont alors traité des lymphocytes fatigués avec un sucre, le N-acetyllactosamine, qui capte la galectine-3 et libère ainsi les récepteurs. « Il est donc possible de réveiller les fonctions des lymphocytes T infiltrant les tumeurs », explique Pierre van der Bruggen. « Combiné avec des vaccinations thérapeutiques, un traitement avec ce type de sucre permettrait peut-être d’induire des régressions tumorales chez un plus grand nombre de patients ». In vitro, les résultats sont en tout cas prometteurs.
(1) L’article est en ligne sur www.immunity.com/content/current
Contact : Dr. Pierre van der Bruggen, 02 764 74 31 ou pierre.vanderbruggen@bru.licr.org.