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Les belges aiment le confortLes Belges ne sont pas de grands chasseurs de gaspis. Une étude menée notamment à l’UCL a tenté de comprendre pourquoi.
![]() En Belgique, la consommation d’énergie par habitant est plus élevée que dans les autres pays européens. Isolation, panneaux solaires, chaudières à haut rendement,… champions des économies d’énergie, les ménages belges ? Pas vraiment. La Belgique est un des pays européens où la consommation totale en énergie par habitant est la plus élevée. En outre, l’efficacité énergétique progresse très (trop) lentement par rapport aux autres secteurs et à nos voisins européens. Pourquoi cette léthargie ? La Politique scientifique fédérale a chargé l’UCL, le Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek (VITO) et le Danish Building Research Institute de réaliser une étude afin de mettre en évidence les facteurs socio-économiques et techniques qui freinent ou au contraire encouragent les économies d’énergie dans le secteur résidentiel. L’étude, coordonnée par le Pr Françoise Bartiaux (Institut de démographie), met clairement en évidence que les Belges se montrent moins soucieux de faire des économies d’énergie ou des gains financiers que de répondre à des critères qui relèvent de la sphère sociale ou personnelle : la politique énergétique (ou son absence…), la pression du marché, l’encouragement à la consommation, la valeur du confort, le revenu sont autant de facteurs avec lesquels il faut compter, tout comme le sentiment de pouvoir agir ou celui d’être impuissant, les facteurs d’identité ou les aspects techniques. Pour certains même, réaliser des économies d’énergie apporterait une ombre à leur statut. FREIN OU LEVIER ? Autre enseignement mis au jour par les chercheurs : un même facteur peut être vécu comme un frein ou un levier. Les habitudes acquises dans l’enfance jouent dans un sens ou un autre, la préoccupation pour l’environnement peut inciter à l’économie mais aussi devenir un frein «par souci de ne pas exagérer », les experts incitent ou découragent, etc. Preuve supplémentaire que la matière est complexe, l’étude constate que les leviers susceptibles de modifier les comportements sont multiples et reliés entre eux et qu’aucun ne se suffit à lui-même. Par contre, un seul frein parviendra à dissuader le consommateur d’entreprendre une action. Les campagnes d’information, conclut la recherche, sont loin d’être la panacée : mieux vaut favoriser des pratiques économes en énergie qui en enclencheront d’autres, à condition que les médias et l’entourage soutiennent les ménages dans leurs actions. Les chercheurs conseillent enfin aux politiques de prendre des mesures fortes, à condition qu’elles soient cohérentes entre les différents niveaux de pouvoir. Dominique Hoebeke Le rapport de la recherche est disponible à l’adresse www.uclouvain.be/17511
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5/07/2006
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