Enseignement, recherche : une "bouffée" d'argent frais

On les qualifierait volontiers de belles étrennes, si elles n’avaient été distribuées… en plein mois de juin. L’université vient d’affecter plus de deux millions d’euros à quelques projets stratégiques dans l’enseignement et la recherche. Un argent issu principalement de l’«endowment» constitué récemment.

Depuis deux ans, le Conseil rectoral s’efforce de dégager des sommes pour les mettre «en réserve», dans un fonds appelé «endowment» dont les revenus peuvent servir à financer des projets stratégiques de l’université. Outre le soutien à des projets stratégiques d’enseignement et de recherche, l’objectif du fonds est aussi de réduire la dépendance de l’université à l’égard du financement de la Communauté française.

Il y a un an (La Quinzaine du 1er juillet 2007), le Conseil d’administration de l’UCL annonçait sa décision d’affecter également à ce fonds une somme de 5,8 millions d’euros, qui pouvait être dégagée grâce aux bons comptes 2006. Cette année, l’université profitera pour la première fois du revenu du fonds, soit 1,4 million d’euros. Elle bénéficiera également des 750 000 euros que, début 2007, elle avait décidé de réserver à des initiatives académiques. C’est donc, en tout, une somme -de 2,1 millions d’euros qui figure au budget 2008 pour développer de nouveaux projets.

Quels nouveaux projets? C’est la question qui a été tranchée récemment, au terme d’une large concertation impliquant les doyens de faculté et le Conseil rectoral. «Tous les doyens ont été invités à faire part des besoins qu’ils souhaitaient couvrir grâce à cette somme», explique le recteur Bernard Coulie. «Nous avons ensuite confronté les demandes pour, finalement, presque toutes les rencontrer.»

Un meilleur encadrement des étudiants

Parmi les demandes les plus fréquentes, plusieurs concernent le cadre académique. D’autres, nombreuses également, visent à améliorer l’encadrement des étudiants. Un phénomène naturel, selon le recteur, dans la mesure où le nombre d’étudiants ne cesse de croître. En Faculté ESPO, le doyen Claude Roosens a ainsi obtenu près de 180 000 euros pour renforcer l’encadrement et la gestion du 1er cycle, et presque autant pour anticiper le départ de deux académiques (sommes réparties sur trois ans). Les Facultés de médecine et d’agronomie, ainsi que l’École polytechnique de Louvain, ont également reçu des moyens pour renforcer leur cadre académique. L’Institut de statistique et la Faculté de droit auront, eux, l’occasion de renforcer leur personnel scientifique temporaire. D’autres financements soutiennent des projets de recherche en faculté PSP et dans l’équipe UCL de l'ETSF, infrastructure européenne virtuelle dédiée aux nanosciences (La Quinzaine du 15 mars).

Les membres du Conseil rectoral avaient eux aussi l’occasion de proposer des projets. Le prorecteur aux Affaires internationales, Michel Francard, a ainsi obtenu une somme pour développer, au sein des secteurs, des cellules d’appui à l’internationalisation. Autre exemple: Gabriel Ringlet, prorecteur aux Affaires régionales et culturelles, a garanti la pérennité du projet d’artiste en résidence en obtenant un financement récurrent de 30 000 euros par an.

«Si l’on ajoute le 1,2 million d’euros destiné au lancement des instituts de recherche, ce seront en tout 3,3 millions d’euros qui seront réinjectés par l’université sur le terrain cette année», commente Bernard Coulie. Qui s’empresse d’ajouter que, si elle peut le faire, c’est grâce aux efforts réalisés par tous ces dernières années.

L’initiative sera répétée chaque année avec un montant qui dépendra bien sûr de la santé du fonds. Aujourd’hui, celleci est plutôt bonne : la «cagnotte» s’élève à 21 millions, somme à laquelle le Conseil d’administration vient de décider d’ajouter 2 millions extraits du boni du budget ordinaire 2007 (1). Pierre Escoyez

(1) Lire notre rubrique "Repères"

| 26/06/2008 |