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Bénédicte Zimmermann face à l'expérience du travail flexibleAvec la flexibilité du travail fleurit toute une « sémantique GRH » (souvent idéalisante) : trajectoire, compétence, adaptabilité, réalisation de soi, entrepreunariat de soi-même… Evitant tant l’approbation que la dénonciation de ce discours, Bénédicte Zimmermann élucide en sociologue l’expérience complexe de la flexibilité au travail. Elle est l’invitée du LaGIS, le 21 novembre 2008.
Elle fera part, au séminaire du LaGIS du 21 novembre, de ses travaux récents sur la notion, centrale à ses yeux, d’expérience du travail. Son enquête a porté sur des Groupements d’employeurs français, ces entreprises d’un type nouveau qui tentent un découplage de la relation d’emploi (permanente) et de la relation de travail (changeante, flexible). Elle y a rencontré et observé des travailleurs et des travailleuses. L’approche empirique, fine, quasi idiographique, se mêle à un travail conceptuel extrêmement rigoureux et innovant.
C’est une élucidation de l’expérience du travail que tente Bénédicte Zimmermann. L’expérience du travail, en ce sens précis, n’est pas à confondre avec l’expérience professionnelle telle qu’elle s’exprime dans un CV. Pluralité, réflexivité, capacité, temporalité apparaissent, au fil de l’enquête, comme des dimensions constitutives de cette expérience. Grâce à une approche compréhensive, Bénédicte Zimmermann renouvelle la notion d’épreuve, en joignant et articulant les deux faces de la construction du jugement de valeur et de la traversée d’une adversité, vécue en première personne. Elle renouvelle aussi la notion de parcours biographique du travailleur, qu’elle distingue de la trajectoire (déterministe) ou de la carrière (chère à la sociologie interactionniste). La dimension « genrée » du travail constitue également un axe fort de son analyse. Son travail croise ainsi des préoccupations descriptives et normatives concernant les nouvelles réalités du travail. Ces préoccupations sont au cœur du projet du LaGIS depuis sa constitution. Au cours de cette après-midi de séminaire, le travail de Bénédicte Zimmermann sera commenté par Isabelle Ferreras, Matthieu de Nanteuil et Jean de Munck.
| contact : Jean De Munck
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