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Abdullahi Ahmed An-Na'im : "L'islam n'est pas une religion guerrière"«L’islam n’a pas un rapport aux droits de l’homme plus problématique que les autres religions», affirme Abdullahi Ahmed An-Na‘im. Ce juriste soudanais prône une nouvelle interprétation de leur religion par les musulmans.
Alors qu’il est étudiant en droit à l’Université de Khartoum, la foi du jeune An- Na‘im a connu un chemin difficile: «J’étais en proie à l’agitation et à l’ambivalence. Je ne voulais pas renoncer à ma foi et je ne pouvais pas davantage accepter les violations des droits de l’homme commises au nom de celle-ci.» Il adhère au mouvement de réforme islamique Ustadh de Mahmoud Mohamed Taha. «Il m’a permis de faire la paix avec moi-même. Il m’a rendu capable de devenir musulman par conviction et d’une façon moralement défendable vis-à-vis du monde.» Fausse opinion de l'islam Grâce à la pensée de Taha, il est amené à comprendre la complexité des causes sous-jacentes des violations des droits de l’homme. L’islam, et la religion en général, peuvent être des éléments du problème, mais le lien n’est jamais aussi simple: le rapport aux droits de l’homme n’est pas plus problématique dans l’islam que dans d’autres religions. «Cette perception faussée vient du fait que presque tous les pays d’Afrique et d’Asie où les musulmans sont majoritaires ont été des colonies placées sous l’autorité de grandes puissances européennes, parfois pendant des siècles, expliquet-il. Nombre de problèmes ont vu le jour dans le contexte postcolonial, à cause du sous-développement général: manque d’enseignement, pauvreté, instabilité politique et conservatisme culturel. L’apparition, depuis les années 1970, de groupes islamiques militants au Moyen-Orient et dans le Sud de l’Asie, qui veulent fonder des États islamiques pour renforcer la charia, est une autre des causes de l’opinion erronée que l’on a de l’islam.» Pour Abdullahi Ahmed An-Na‘im, les piliers sur lesquels les musulmans du 21e siècle doivent s’appuyer pour interpréter et pratiquer leur foi sont au nombre de trois : l’égalité des femmes et des nonmusulmans, la liberté de culte et de croyance et l’arrêt des violences commises au nom du jihad. Ces lignes directrices doivent non seulement être traduites dans la constitution, mais aussi dans le comportement quotidien des musulmans vis-à-vis d’autrui. Il rappelle que la grande majorité de musulmans vivent dans des pays pacifiques et démocratiques. Depuis 2003, Abdullahi Ahmed An-Na‘im peut revenir au Soudan sans crainte d’être poursuivi. «Chaque fois que je rends visite à ma famille, je me demande si je pourrais me réinstaller ici définitivement. C’est comme si une partie de moi-même y était restée. En même temps, je veux poursuivre mon travail sur l’islam et les droits de l’homme et les possibilités qui me sont offertes sont bien plus nombreuses à l’étranger. J’espère qu’un jour, je pourrai travailler aussi librement et efficacement dans mon pays d’origine.» Benedict Vanclooster (Campuskrant KUL)/Julie Claus >Bio express
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26/01/2009
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