Historique

Historique

La dénomination ISP – Faculté des sciences philosophiques a été retenue, le 15 novembre 1983, lors de la transformation de l’Institut supérieur de philosophie en faculté regroupant officiellement l’enseignement de la philosophie au sein de l’Université.

1) L’Institut supérieur de philosophie (ISP) – École Saint-Thomas d’Aquin (1889)

Le texte fondateur est un Bref de Léon XIII du 8 novembre 1889 qui se réjouit d’apprendre que les évêques ont décidé de créer, selon sa demande, des chaires regroupées en un « Institut supérieur de philosophie » au sein de l’Université catholique de Louvain et qu’ils ont nommé Mgr Désiré Mercier président du nouvel institut.

Désiré Mercier était titulaire, depuis 1882, d’un cours de « haute philosophie selon saint Thomas ». Il enseignait de manière isolée devant des étudiants venant de toutes les facultés de l’Université et il avait déjà recueilli beaucoup de succès. Mercier a cherché à former autour de lui une équipe plus étoffée et, avec l’aide du Pape Léon XIII, il a réussi à obtenir la création d’un véritable institut. À sa demande, on a adjoint la dénomination École Saint-Thomas d’Aquin pour bien marquer que l’institut travaillait au renouveau du thomisme préconisé par Léon XIII. Dans l’esprit de Mercier, le néo-thomisme devait constituer une philosophie originale, en prise avec les problèmes de son temps, et notamment avec le problème des sciences de la nature et des sciences humaines.

Simon Deploige, successeur de Mercier, obtint en 1912 que le président de l’ISP siège au Conseil général de l’Université en tant que membre désigné par les évêques, ce qui lui conférait le rang de doyen de faculté. C’est lui aussi qui eut le souci d’ouvrir les cours de l’ISP aux étudiants des autres facultés en créant un programme de « baccalauréat spécial », pour servir de complément à leur diplôme principal. À partir des années 1920, des cours de philosophie ont également été créés au sein des différentes facultés et les professeurs de l’Institut furent chargés de cet enseignement.

Dès le début, la Société philosophique de Louvain, dirigée par le président de l’ISP, s’est voulue un organe de diffusion des recherches menées à l’ISP et elle a publié, dans ce but, la Revue néo-scolastique de Louvain. En 1946, ce périodique prend le titre de Revue philosophique de Louvain afin de mieux marquer l’ouverture aux problématiques de l’époque. Quatre directions principales sont progressivement assignées à l’enseignement et à la recherche : l’étude historique et critique des grands philosophes, la réflexion sur les techniques et les méthodes des sciences, le questionnement sur les rapports entre la foi chrétienne et la raison, l’interrogation sur l’interaction de la philosophie et de la vie sociale.

2) Le groupe A (philosophie) de la Faculté de philosophie et lettres

La Faculté de philosophie et lettres a eu longtemps comme destination principale de former des enseignants dans le secondaire et ses programmes relevaient du législateur. En 1890, une loi organisa la Faculté de philosophie et lettres en cinq groupes (philosophie, histoire, philologie classique, philologie romane, philologie germanique).

La candidature donnait une formation orientée vers les « humanités ». Cette candidature pouvait cependant ouvrir l’accès à d’autres facultés (par exemple, les étudiants en droit l’ont suivie jusqu’en 1967).

À Louvain, la licence du groupe A s’est développée dans le sillage des programmes de l’Institut. Ainsi, en pratique, c’était l’ISP qui formait les licenciés du groupe A même si, jusqu’en 1983, le diplôme était officiellement délivré par la Faculté de philosophie et lettres.

3) Les programmes

L’ISP à l’origine gère deux types de diplôme :

a) un diplôme à titre scientifique. L’ISP avait un programme propre. Mercier voulait un dialogue philosophie – sciences et le programme du baccalauréat comportait, outre une initiation déjà poussée à la philosophie, un certain nombre de cours scientifiques (physique, anatomie, physiologie, mathématiques, psychologie). Ce programme était majoritairement suivi par des étudiants ecclésiastiques parmi lesquels figuraient de nombreux étrangers. Pour les étudiants ecclésiastiques, le diplôme avait également une valeur canonique (il permettait d’accéder à la licence dans les Facultés de théologie reconnues par Rome).

b) un diplôme à titre légal délivré au nom de la Faculté de philosophie et lettres. Ce diplôme à titre légal permettait de donner certains cours dans le secondaire. Il est à noter toutefois que, contrairement à divers pays européens, la philosophie n’est pas enseignée comme telle dans le secondaire en Belgique.

Ces deux types de diplôme débouchaient sur le doctorat et l’agrégation de l’enseignement supérieur. Au cours de son histoire, l’Institut a créé de nombreux docteurs et agrégés qui sont devenus professeurs de l’enseignement supérieur tant en Belgique que dans le monde entier.

4) La scission de la section francophone et de la section néerlandophone de l’ISP (1968)

À partir de 1933, l’organisation de la section néerlandaise de l’Institut fut poursuivie systématiquement. Un processus analogue s’est déroulé à l’époque dans toutes les facultés de l’université, donnant lieu dans la plupart des cas à deux entités distinctes, dotées d’instances dirigeantes différentes. L’ISP et la Faculté de théologie font exception à cette règle : les deux sections (francophone et néerlandophone) sont restées « unitaires » dans la personne de leur président ou de leur doyen.

À partir de 1962, la scission des deux sections de l’université devient inéluctable et l’éventualité d’une implantation de la section francophone en dehors de Louvain est envisagée sérieusement. C’est à la fin de 1968 que le « transfert » est décidé, la Faculté de médecine devant s’installer à Woluwé et les autres facultés à Ottignies – Louvain-la-Neuve. En 1970, l’existence de deux Universités autonomes, devant s’établir en des endroits différents, est reconnue par la loi.

En décembre 1968, le Conseil acte la séparation de la section francophone (Institut supérieur de philosophie) et de la section néerlandophone (Hoger Instituut voor Wijsbegeerte). Le dernier président unitaire, Albert Dondeyne, élu en mai 1968, garde nominalement son titre jusqu’en 1971, mais, dès 1969, deux nouveaux présidents sont désignés pour diriger effectivement chacune des sections. L’Institut supérieur de philosophie quitte Louvain (Leuven) pour s’installer à Louvain-la-Neuve en 1978. Il occupe tout d’abord des locaux provisoires au sein de la Faculté de Droit, Collège Thomas More, chemin d’Aristote, 1. Devenu faculté, il a été transféré en 1995 dans son bâtiment actuel, Collège Mercier, place du cardinal Mercier, 14.

5) L’ISP-Faculté des sciences philosophiques (1983)

L’Institut devient en même temps Faculté des sciences philosophiques le 15 novembre 1983, son président portant en outre le titre de doyen. Cette faculté est aussi un département unique qui regroupe tous les professeurs et assistants de philosophie jusqu’alors répartis dans les différentes facultés.

En 1983, les différences entre le diplôme à titre scientifique et le diplôme à titre légal étaient déjà réduites. Mais la différence s’est ramenée dans la suite à peu de choses parce que les facultés des différentes universités ont été chargées par le Ministre de l’enseignement supérieur de s’accorder sur un programme commun des candidatures.

Les programmes et les titres des diplômes ont été modifiés dans le cadre de l’harmonisation européenne des études (Décret de 2004, dit de Bologne). Depuis septembre 2004, le cursus initie progressivement trois années de baccalauréat (les étudiants en philosophie peuvent choisir une « mineure » dans d’autres disciplines et, réciproquement, les étudiants dans certaines autres disciplines peuvent choisir une « mineure » en philosophie). Deux années de master, l’un en philosophie, l’autre en éthique, sont mises en place à partir de septembre 2007.

6) L'ISP – Institut de recherche

À la rentrée académique 2009-2010, dans le cadre du plan de développement de l'UCL, l'Institut supérieur de philosophie, constitué en cadre de la recherche, est distingué de l'École de philosophie, commission de programme de la Faculté de philosophie, arts et lettres (FIAL), qui devient l'organe de gestion de l'enseignement de la philosophie.

7) Quelques faits marquants

Philosophie et psychologie

En 1923, Albert Michotte, professeur à l’ISP, prit l’initiative de fonder une École de pédagogie et de psychologie appliquée à l’éducation, dont il devint le président. En 1944, cette École devint l’Institut de psychologie appliquée et de pédagogie. Cet Institut, rattaché à la Faculté de philosophie et lettres, est à l’origine de l’actuelle Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation. Le Collège Désiré Mercier et le Collège Albert Michotte sont réunis autour des auditoires Socrate à Louvain-la-Neuve.

Commémorations

En octobre 1951, on fêta le centenaire de la naissance du fondateur de l’Institut supérieur de philosophie. À cette occasion, on créa la Chaire Cardinal Mercier. Cf. Revue philosophique de Louvain, 49, novembre 1951.

En 1989, une journée a été organisée à Louvain-la-Neuve pour fêter le centenaire de la fondation de l’Institut. Cf. Revue philosophique de Louvain, 68, mai 1990.

 


Les présidents de l’Institut unitaire

 Désiré Mercier (1889-1906)
 Simon Deploige (1906-1927)
 Léon Noël (1928-1948)
 Louis De Raeymaeker (1948-1966)
 Albert Dondeyne (1966-1968)

Les présidents de l’Institut après la séparation

 Georges Van Riet (1969-1977)
 Jean Ladrière (1977-1983)

Les doyens (portant également le titre de président)

 Jean Ladrière (1983-1986)
 André Berten (1986-1990)
 Claude Troisfontaines (1990-1995)
 Thierry Lucas (1995-2000)
 Gilbert Gérard (2000-2003)
 Michel Dupuis (2003-2008)
 Bernard Feltz (2008- )
 
  Les mandats sont exercés par années académiques, de septembre à septembre.

 


 

Anciens professeurs de l'ISP-Faculté des sciences philosophiques

 

| contact : Anne Didier | 13/10/2009 |