Construire la nouvelle UCL : une science ?

Chaque mois, le doyen de sciences de l’UCL rencontre son homologue de Namur. Leurs deux facultés ont beaucoup en commun, dont un master et plusieurs programmes concertés. Pas à pas, ils apprennent à se connaître et développent leurs collaborations dans le cadre de l’Académie et, demain, de la nouvelle UCL.
 

C’est autour d’une bonne table que se retrouvent chaque mois Claude Remacle et Robert Sporken. Tous deux sont doyen de la Faculté des sciences, l’un à l’UCL, l’autre à Namur. Une fois par mois, ils se réunissent pour parler des projets de leur institution et de leur faculté. Ils parlent notamment des masters pour lesquels leurs collaborations vont bon train.

Avec 1161 étudiants aux FUNDP et 1139 à l’UCL, leurs facultés sont de taille similaire. «La situation aurait été différente si une des facs avaient été le ‘satellite’ de l’autre», explique Robert Sporken. «Le personnel de l’UCL est un peu plus nombreux, mais c’est marginal», poursuit Claude Remacle. «Cela s’explique par le fait que nous donnons beaucoup de cours ‘de service’ dans des facultés soeurs (AGRO, EPL, médecine, IAG,…).» Lors de leurs réunions, les doyens comparent donc des pommes avec des pommes et font valoir, à la même échelle, leurs spécificités.

Un master en commun

Ce sont d’ailleurs ces spécificités qui ont conduit les facultés à proposer des masters concertés et un master commun en biologie des organismes et écologie. «Les échos informels que j’ai à propos de ce master commun sont positifs», explique Robert Sporken. «La formation est plus riche. Pour preuve, elle attire des étudiants qui n’étaient inscrits ni à l’UCL ni à Namur auparavant.» Et le doyen de l’UCL de poursuivre: «Nous avons enrichi notre offre de formation avec, à l’UCL, des compétences en écologie des milieux terrestres et, à Namur, en écologie des eaux douces.» Tous deux mentionnent quelques difficultés organisationnelles (harmonisation des systèmes de cotation, déplacement d’un site à l’autre,…) mais soulignent surtout que «les bénéfices sur la  qualité de la formation compensent cette gestion complexe». Autre source d’enrichissement relevée par les doyens: la confrontation des cultures des deux universités dans la manière d’enseigner.

Les autres masters (mathématique, physique, chimie et biochimie et biologie cellulaire et moléculaire) ont été concertés à des degrés divers. Les contacts se poursuivent pour encourager les concertations qui concernent aussi l’engagement des académiques et spécifier les offres de chaque université. Ainsi, par exemple, les deux doyens ont-ils rassemblé les présidents des départements de chimie et de physique de leur faculté pour «faciliter les contacts». «Nous sommes dans un processus continu», poursuit Robert Sporken. «Je pense que les modalités précises de la gestion des facultés sont secondaires. L’important est d’offrir des formations de qualité et d’attirer, ensemble, plus d’étudiants étrangers qui puissent profiter de ces formations

Depuis que l'Académie existe

Ces réunions épisodiques entre doyens datent de la création de l’Académie, en juin 2004. Elles se sont récemment élargies au secteur des sciences et technologies (les doyens d’AGRO, EPL et architecture -encore en projet- pour l’UCL; le doyen d’informatique pour les FUNDP). «On s’est aperçu que notre Faculté des sciences avait des points communs avec l’École polytechnique notamment», explique le doyen de Namur. Ainsi, le Département de mathématique de Namur est davantage orienté vers les mathématiques appliquées, qui sont à l’UCL du ressort de l’École polytechnique. La collaboration s’élargit donc à la composante «secteur». Côté recherche, par contre, la mise en place des instituts à l’UCL est encore trop fraîche pour présager des collaborations qu’ils pourraient susciter. Mais si les échanges ne s’organisent pas structurellement, ils existent depuis longtemps. Alice Thelen

www.fundp.ac.be/etudes/formations
www.uclouvain.be/sc

 

Claude Remacle, doyen de sciences UCL:"Nous avons enrichi notre offre de formation avec Namur." Robert Sporken, doyen de sciences FUNDP: "L'important est d'attirer ensemble plus d'étudiants étrangers."