Un nouveau ranking pour des universités plus propres

Un nouveau classement d’universités va bientôt voir le jour. Un «ranking» très éthique, puisqu’il sera basé sur le taux de plagiat dans les productions scientifiques et les travaux d’étudiants. Dès ce 1er avril, l’UCL durcit ses mesures anti-plagiat. À terme, tout texte produit à l’UCL devra être labellisé «0% plagiat».
 

 

La "Plagiat Unit" créée au sein de l'IPM a déjà commencé son travail de sensibilisation.

 

L’information était dans l’air depuis quelque temps. Elle vient d’être confirmée et sera officiellement annoncée lors du sommet «Bologna 2009» qui se tient à la fin du mois en nos murs : les 46 pays engagés dans le processus de Bologne ont décidé de réaliser leur propre classement d’universités. Pas question cependant de concurrencer les célèbres «rankings» du Times ou de Shanghaï. Non, les éminences européennes ont choisi de fonder le classement «Bologna» sur un seul et unique critère: le taux de plagiat dans les productions scientifiques et étudiantes.

Fléau

On sait que le plagiat est depuis quelques années un véritable fléau dans les publications scientifiques et les travaux étudiants. Un fléau rendu plus redoutable encore avec le développement de moteurs de recherche internet de plus en plus puissants. Consciente de la menace, l’UCL a pris le problème à bras-le-corps il y a deux ans grâce au projet «plagiat» (www.uclouvain.be/ plagiat). Elle a donc une longueur d’avance sur les autres universités. C’est pour conserver cette longueur qu’elle a décidé de mettre en oeuvre dès ce 1er avril une mesure pour le moins draconienne : obligation sera désormais faite à tout chercheur, professeur et étudiant d’obtenir avant toute publication ou toute remise de travail un certificat «0% plagiat». Comment obtenir ce certificat? Tout simplement en soumettant l’article ou le travail à un logiciel de détection disponible sur le portail de l’université. Tout texte qui n’obtiendra pas le «0%» sera impitoyablement renvoyé à son auteur. On notera au passage que le programme de détection convertira automatiquement les textes rédigés en français en nouvelle orthographe: il est en effet équipé du logiciel de conversion Recto/Verso mis au point par le Cental (La Quinzaine du 15 mars). Une «Plagiat Unit» créée au sein de l’IPM sera chargée de veiller au bon déroulement des choses.

Les textes administratifs aussi

Le précieux sésame obtenu, l’auteur pourra publier son texte ou, dans le cas d’un travail étudiant, le remettre à son professeur. Il pourra alors être scanné sans danger par les logiciels du classement «Bologna» et assurera ainsi une très belle place à l’UCL. Une dernière précision: afin d’assurer l’égalité de traitement de toutes les catégories du personnel, l’université étendra la mesure à l’ensemble des textes produits dans notre institution. Ainsi, les textes administratifs, les règlements, les notes de service et autres mémos seront aussi concernés. Les courriels seront, eux, automatiquement analysés.Il est même très probable que, lors de la prochaine élection rectorale, les programmes des candidats devront passer sous les fourches caudines du logiciel, anti-plagiat. P. d’A