Une université ambitieuse, rêve de Michel Woitrin

Huit mois après le décès de Michel Woitrin, l’UCL rend hommage au père fondateur de Louvain-la-Neuve. Une exposition retrace les multiples influences qui ont mené au développement de la ville, indissociable de celui de l’université.
 

Michel Woitrin n'a eu de cesse de promouvoir "sa" ville et l'UCL. Ici, avec une délégation des universités chinoises, en décembre 1978

Imaginons les quarante dernières années comme une pelote compacte. Si l’on déroule le fil, il n’en finit pas de dévoiler une histoire aux multiples facettes. C’est le cas de la naissance et du développement de Louvain- la-Neuve. Une ville rêvée et portée par Michel Woitrin, née dans le contexte particulier des années soixante, une période de tous les possibles. C’est ce que raconte une exposition, intitulée Louvain- la-Neuve. I have a dream. Michel Woitrin, proposée cet été au Forum des Halles. Elle permet de mieux comprendre l’histoire de l’UCL et de la ville en observant leur développement et en les replaçant dans ce contexte historique.



1960 : marmite d'idées

Composée de quatre modules, l’exposition invite d’abord le visiteur à se replonger dans les bouillonnantes années soixante. Décolonisation, début de la fédéralisation de la Belgique, Vatican II, première prise de conscience écologique, aspiration à un certain hédonisme,… «Ces années étaient une grande marmite dans laquelle l’UCL est venue puiser de nouvelles aspirations et les a concrétisées», explique Françoise Hiraux du Service des archives de l’UCL. Le refinancement
des universités intervenu à cette époque a d’ailleurs permis à l’UCL de se développer à Louvain-la-Neuve et, notamment, de construire des équipements (laboratoires, auditoires, …) ainsi que d’élaborer une politique d’engagement du personnel scientifique dignes d’une grande université.



Une "vraie" ville

L’idée géniale de Woitrin fut de faire du site non pas un simple campus mais bien une «vraie» ville dont il avait, de manière visionnaire, imaginé le développement avec près de quarante ans d’avance. Un module de l’exposition met en évidence les aspects architecturaux et urbanistiques amenant à prouver que Louvain-la-Neuve est le premier «outil» de l’Université. 

Un autre module vient rappeler que la mise en pratique du transfert fut liée à des besoins très concrets: du schéma directeur au choix des bâtiments à construire en passant par tout ce qu’il fallut dessiner et concevoir telles les routes ou les égouts. Le dernier chapitre de l’exposition rend compte du quotidien de la cité, celui du «passage de la théorisation à une évidence du vivre», selon les termes de Françoise Hiraux.

Au travers de cette exposition, pilotée par différentes entités de l’université (Service des archives, UCL Culture, Inforville,…) en collaboration avec la famille de Michel Woitrin, l’UCL rend hommage à celui qui n’a jamais cessé de penser, espérer et promouvoir le développement de son institution et de la ville qui l’héberge. Le tout est illustré par de nombreuses photos, maquettes et plans. Julie Claus

(i) Louvain-la-Neuve. I have a dream. Michel Woitrin. Jusqu’au 30 septembre, au Forum des Halles.
Françoise Hiraux publie aussi L’avènement d’une ville universitaire. La création de Louvain-la-Neuve. Hommage à Michel Woitrin, Louvain-la- Neuve, Académia-Bruylant, 2009.