|
L'art d'accomoder les passions
L'histoire, l'informatique, la cuisine: trois passions, trois plumes que Gilles Gilson, ancien des FUNDP et de l'UCL (histoire - prom. 85), met à son chapeau. Avec détermination et beaucoup de sérénité.
Gilles Gilson est un passionné mais il le cache bien. Pas d'emportement, pas de phrases débitées à toute vitesse. Mais quand on écoute cet historien qui a fait ses candidatures à Namur et sa licence à Louvain, on découvre un homme gourmand qui, sans passion, n'aurait pas mené des études d'histoire et des candidatures en philologie classique en parallèle, ni entamé des études médiévales qu'il a toutefois préféré ne pas poursuivre. «J'ai toujours aimé le caractère interdisciplinaire de ce que j'ai entrepris. Etudiant en histoire, j'ai travaillé avec le Pr Paul Tombeur qui dirigeait le CETEDOC (Centre de traitement électronique des documents) et je me suis intéressé aux aspects micro-informatiques.» Les germes de son activité professionnelle sont là: sa rigueur d'historien s'épanouira au contact de l'informatique et d'activités de formation.
C'est ce qu'il trouve, au terme de ses études et du service militaire, dans un premier boulot à la CGER. Il travaille ensuite, au fil des opportunités, pour Computer Associates, Elsevier et CBC avant d’entrer, en 2000, chez Euro DB à Louvain-la-Neuve, où il endosse la fonction de directeur de la production. Cours du soir «Depuis longtemps, j’étais passionné par la cuisine. En 1998-99, j’ai commencé des cours du soir au CERIA, où j’ai fait deux années sur les trois requises.» Mais le virus couve. En 2007, il décide d’achever son cursus au CEFOR à Namur. Il obtient l’accès à la profession, a la chance d’aller à Madrid – «le cœur de la cuisine mondiale!»- et fait des stages dans des restaurants étoilés, à Leuven et à Namur, qu’il achève fin 2008. Entre-temps, la COFACE, société française d’assurance-crédit, rachète Euro DB et, grâce à la compréhension de ses employeurs, Gilles Gilson passe à mi-temps et achève ses études. Sa nouvelle fonction, responsable «Compliance» pour la plate-forme belge, appelle cette rigueur qu’il aime tant, tout en lui permettant d’assouvir sa passion culinaire: en 2008, il s’installe comme indépendant à titre complémentaire et ouvre «La Feuille de sauge», une activité traiteur pour l'organisation d’événements et de banquets. Il se glisse aussi, de temps en temps, dans les habits de «chef à domicile» où il met l’accent sur la qualité. L’histoire, sa première passion, n’est jamais loin. «Je m’intéresse beaucoup à l’archéologie culinaire, tout en étant attiré par les nouvelles technologies dans ce domaine.» Gilles Gilson est visiblement satisfait de cette nouvelle vie qui lui apporte un équilibre appréciable. Elle ménage du temps pour sa famille même si sa deuxième activité, saisonnière, prend parfois beaucoup de place. Il devra, ceci dit, prendre des décisions: investir s’il veut développer son activité et décider de son avenir au terme de son crédit-temps. Ancien de l’UCL, le patron de «La Feuille de sauge» garde, dit-il, une profonde ouverture d’esprit de ses années d’études. Il a aussi conservé des contacts avec des anciens et ce «networking» lui a donné un coup de pouce pour démarrer son activité de traiteur. La clé de son parcours atypique, s’il y en a une? «Je n’ai jamais eu d’objectif de carrière, j’ai plutôt une vision hédoniste de la vie. J’aime le changement, les nouvelles expériences et j’essaie toujours de me remettre en question car rien n’est jamais définitif. J’aimerais, par exemple, organiser des cours de cuisine. Donner des formations, parler en public, c’est tout ce que j’aime, surtout quand je suis passionné.» On le croit sans peine. > info@lafeuilledesauge.be Dominique Hoebeke Article paru dans Louvain, bimestriel de l'UCL, n° 179, juin-juillet 2009, p. 17. |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||