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Rankings : militer pour des critères clairs
Le ranking du Times classe l’UCL à la 126e place des meilleures universités du monde. C’est 10 places de moins qu’en 2008. Est-ce significatif? Le faible encadrement des étudiants serait notamment en cause. Mais la prudence s’impose sur l’interprétation des chiffres.
126e. C’est la place de l’UCL dans le dernier classement publié par le Times Higher Education. C’est 10 de moins que l’année précédente. L’UCL est toujours la 2e université en Belgique, assez loin derrière la K.U.Leuven (65e), tout juste devant Gand (136e) et nettement devant Anvers (177e), l’ULB (191e) et, enfin, Liège (291e). Le classement «Shanghai» est aussi sorti : par l’UCL maintient sa position entre la 101e et 151e place, tout comme la K.U.Leuven, l’ULB et Gand. Vincent Yzerbyt, prorecteur à la Recherche, analyse ces résultats. La Quinzaine: Sur quels critères se base le classement du Times? Vincent Yzerbyt: Il prend en compte plusieurs critères :40% des points proviennent d’une évaluation par les pairs, 20% concernent le taux d’encadrement (rapport encadrement/étudiants), 20% renvoient à la production scientifique (rapport citations/encadrement)), 10% concernent une évaluation de l’employeur et, enfin, 5% sont accordés à la proportion d’encadrement international d’une part et d’étudiants internationaux d’autre part. Quels sont nos scores pour ces différents critères? Le meilleur est celui qui concerne l’évaluation par les pairs avec un score de 81 (percentile). Louvain jouit d’une importante notoriété. Les scores de l’UCL sont aussi élevés pour les citations (77) et les étudiants internationaux (72). Le moins bon score est celui attribué à l’encadrement (17). Au fond, qui juge la réputation? L’échantillon d’académiques comporte davantage de représentants des pays du Nord. Il faut vraiment encourager une meilleure représentativité des cohortes sollicitées. Les critères du «Shanghai» sont encore plus discutables. Un très grand poids de la note finale est attribué à la présence de prix Nobel, par exemple. Est-ce vraiment révélateur de la qualité d’enseignement et de recherche de toute une université? Notre taux d’encadrement plombe notre résultat. Qu’en est-il? Il est indéniable qu’il se situe en-deçà des niveaux d’autres institutions comparables en Europe et dans le monde. Cela nous handicape fortement. C’est un défi, autant pour nous que pour les autres universités de la Communauté française. Le monde politique doit mieux comprendre l’enjeu, aussi économique et sociétal, derrière le financement des universités. Les pays d’Asie l’ont bien compris. Dans le même temps, une analyse plus poussée des chiffres révèlent aussi certains problèmes d’interprétation de ce critère. Par exemple, la VUB aurait un encadrement de 1220 équivalents/temps plein pour un peu moins de 10 000 étudiants. L'UCL en compte 823 pour quelque 20 000 étudiants. En somme, toutes les universités n’incluent pas les mêmes ressources dans leurs chiffres. Le ranking du Times classe l’UCL à la 126e place des meilleures universités du monde. C’est 10 places de moins qu’en 2008. Est-ce significatif? Le faible encadrement des étudiants serait notamment en cause. Mais la prudence s’impose sur l’interprétation des chiffres. militer pour des critères clairs Est-ce que cette interprétation peut avoir une influence sur les autres scores? Effectivement, et il faut donc rester prudent. Une interprétation différente des chiffres fausse la comparaison au sein de certains critères. Il faut militer pour que tous les critères soient définis de manière claire et que le contrôle de la source d’information soit amélioré. De manière générale, on peut cependant penser que le score global est relativement assuré car il repose sur plusieurs critères. Comment analyser le recul de 10 places de l’UCL? Une prudence extrême s’impose sur les positions fines des universités, d’autant plus qu’il faut les relativiser. En effet, le classement des 621 meilleures institutions concerne en fait déjà les 6% les meilleurs au sein de l’ensemble des institutions supérieures recensées (soit un total de 9386). De plus, seules 113 universités complètes avec un haut niveau de recherche sont reprises dans les 200 premières positions. Evitons dès lors toute sacralisation. Le plus important demeure de nous concentrer sur nos missions de recherche et d’enseignement avec créativité et enthousiasme. Propos recueillis par Alice Thelen www.timeshighereducation.co.uk, www.arwu.org Les sciences sociales ont la cote Outre le classement général, le Times Higher Education et le classement de Shanghai classent également les universités par secteur. Selon le Times, l’UCL se distingue particulièrement dans le secteur des sciences sociales (42e). Viennent ensuite dans l’ordre le secteur des sciences humaines (75e), celui des technologies (124e), celui des sciences de la nature (131e) et, enfin, le secteur des sciences de la vie et de biomédecine (180e). Pour les sciences sociales, les résultats concordent avec ceux du classement de Shanghai où l’UCL est la première université francophone au monde. Outre ces deux classements de grande envergure est également paru le CHE-Excellence Ranking. Établi par un organisme allemand, il est plus ciblé et, de ce fait, probablement plus complet. Il évalue les masters et doctorats en économie, sciences politiques et psychologie d’une centaine d’établissements supérieurs en Europe. Là aussi, l’UCL se distingue : elle est retenue parmi les 100 premières universités (avec la K.U.Leuven) pour les trois domaines cités ci-avant. Outre la qualité de la recherche et le nombre de citations, un des critères déterminants est l’orientation internationale des masters, évaluée par les Erasmus Mundus et la mobilité des enseignants et étudiants. Les FUNDP obtiennent également de bons résultats pour la branche «économie», de même que la Vrije Universiteit de Bruxelles. L'Université de Gand est positionnée en tête du groupe de psychologie. A.T. |
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