Projets de recherche (à supprimer)

 

Les expériences de la peine de travail

Projet de recherche (2010-2011) financé par le F.R.S.-FNRS (FRFC), dirigé par Dan Kaminski et Marie-Sophie Devresse. Chercheuse : Fabienne Philippe

Entrée en vigueur définitivement le 1er mai 2004, la loi du 17 avril 2002 institue une peine de travail dite autonome, tant en matière correctionnelle qu’en matière de police. Cette peine, récente, n’a fait encore l’objet que de très peu de recherches.

Le projet en cours repose sur la notion d’expérience pénale, telle qu’elle peut être restituée grâce à la conscience pratique (Giddens, 1984) des condamnés à la peine de travail. Même s’il existe quelques exemples de recherches belges, récents et significatifs, d’études fondées sur des récits d’expériences, le recours à l’expérience est globalement négligé dans la recherche sur la pénalité. La recherche sur cette thématique s’impose pour deux motifs, l’un scientifique et l’autre démocratique. Scientifique : les réalités sociales sont le plus validement décrites et analysées par les sujets qui les vivent et qui sont capables de les interpréter ; démocratique : la parole de l’usager, fût-il disqualifié socialement par la condamnation, mérite d’être entendue afin d’infléchir de façon innovante l’expérimentation pénale, à la fois dans le sens de l’optimalisation de son organisation et dans le sens de l’approfondissement de la sensibilisation de l’opinion publique et des représentants politiques.

L’expérience sera utilisée pour un double service dans ce projet : elle constitue un objet en soi, informant sur la façon dont la peine de travail est vécue et insérée dans la trajectoire personnelle et sociale du condamné ; elle constitue aussi un point de vue à partir duquel sont interrogées les institutions pénales et les interactions de jugement, d’accompagnement et de contrôle qui formatent partiellement le vécu des justiciables. L’expérience est donc un objet et un observatoire sur la peine vécue, source d’information sur de nombreux thèmes de connaissance (et dont la politique pénale pourrait se saisir , tels que la signification de la peine, les caractères qui lui sont attribués et les obstacles que les justiciables y rencontrent, les coûts sociaux qu’elle fait subir, les éléments favorables ou défavorables à la « compliance » des justiciables, la significativité des interactions qui contribuent à son exécution.

| 13/11/2012 |