n° 4 janv.-mars 2010

Lettre d’information n° 4

Il est encore temps de vous présenter pour 2010 mes meilleurs vœux, ainsi que ceux des autres membres de la Commission doctorale qui vient d’être renouvelée pour les quatre prochaines années par décision des Recteurs au dernier bureau de l’Académie Louvain.

La commission doctorale, désormais composée de Benoît Bourgine (président), Eric Gaziaux, Marcelo Lobo (membre scientifique) et Geert Van Oyen (secrétaire), mettra tout en œuvre pour gérer et animer au mieux l’école doctorale.

Pour les doctorants de deuxième année, une double échéance pointe à l’horizon : la présentation de l’épreuve de confirmation et l’exposé de leur projet lors du prochain colloque des doctorants, le 28 mai 2010. S’ils sont convenablement préparés, ces deux rendez-vous représentent des opportunités de vérifier la solidité de la construction que vous êtes en train d’édifier en confrontant votre ligne de recherche et vos premières découvertes avec des professeurs et des chercheurs capables d’enrichir votre perspective, par la vertu du débat.

Une recherche de qualité a besoin d’une culture de débat

Comme vous vous en êtes aperçu avec la dernière réunion du comité d’accompagnement et comme vous vous en apercevrez lors de votre défense privée, l’élaboration d’une thèse, lieu d’apprentissage à la recherche, offre l’occasion d’échanges francs, sans concession, qui permettent d’aller au fond des problèmes. Impossible de se mettre à l’abri de la critique si l’on choisit la voie étroite de la rigueur universitaire. Impossible d’esquiver la responsabilité d’assumer en première personne des positions intellectuelles, fondées sur l’étude et la réflexion. C’est l’intérêt des groupes de travail réunissant régulièrement des doctorants en théologie pratique, en exégèse et en théologie systématique que de s’exposer à d’autres points de vue pour enrichir le sien et acquérir ainsi un sens du débat et de l’argumentation. Autant le savoir et développer entre nous, par d’autres initiatives qu’il vous revient également de prendre, la culture de débat qui fait la richesse de l’école doctorale. En ce début d’année, j’ai envie de vous dire (pour parodier le titre du livre de Th. D’Ansembourg : « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! ») : « Cessez d’être gentils, débattez ! » ... en toute courtoisie et convivialité s’entend.

 

Cette année quatre rencontres importantes organisées, co-organisées ou soutenues par l’école doctorale au cours de l’année 2010 seront l’occasion de nourrir nos débats :

Du 7 au 9 avril, aura lieu à Louvain-la-Neuve un congrès international sur La résurrection des morts. Traditions bibliques en dialogue. L’école doctorale soutient fortement l’initiative du professeur Geert Van Oyen. Ce sera un événement scientifique de grand relief pour lequel Geert Van Oyen vous adresse ci-dessous quelques mots d’invitation. L’inscription est gratuite pour les doctorants de notre école.

Le samedi matin 24 avril, une rencontre avec Dominique Greiner, éthicien et directeur de rédaction de La Croix, sera organisée à Louvain-la-Neuve conjointement par l’AETC et l’école doctorale sur le thème : "La nouvelle culture de la communication: un défi pour l’Évangile". Elle aura lieu de 9h15 à 12h au DESC85.

Le vendredi 28 mai, le colloque des doctorants sera animé par Jean-Marc Aveline, vicaire général du diocèse de Marseille, fondateur de l'Institut de sciences et théologie des religions et directeur de l'institut catholique de la Méditerranée, que l’on sollicitera pour sa compétence tant dans le domaine du dialogue entre les religions que dans celui de la théologie du XXe siècle, Tillich et Troeltsch en particulier ; la présentation des projets de thèse pour les doctorants de 2e année figure également en bonne place au programme de cette journée traditionnellement conclue autour d’une table généreusement dressée par l’école.

Enfin les 14 et 15 octobre, la journée de rentrée de l’école doctorale coïncidera avec la rencontre du réseau doctoral européen THEODOC qui est organisée cette année à Louvain-la-Neuve sur le thème : « Enjeux et limites de la narrativité », avec le professeur André Wénin, Doyen de la Faculté, le professeur Louis Panier, directeur du Centre pour l'Analyse du Discours Religieux (C.A.D.I.R.) et professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie de Lyon, et le professeur Étienne Grieu, enseignant de théologie pratique au Centre Sèvres. Ces deux journées exceptionnelles permettront d’accueillir de nombreux doctorants du réseau.

J’ajoute en conclusion qu’une bonne thèse, c’est une thèse achevée. Pour vous encourager dans le voyage au long cours de la thèse (en rien, un long fleuve tranquille), la parole est également donnée ci-dessous à Pierre-Yves Materne, assistant de la Faculté, qui vient de soutenir brillamment la sienne et qui donc peut vous dire combien la Terre promise est riche en lait et en miel.

 

Que 2010 soit donc une année riche en débats fructueux et inspirants !

 

Benoît Bourgine, le 22 janvier 2010.


Annonce du Professeur Geert Van Oyen                   Colloque International sur la Résurrection à Louvain-la-Neuve

Le colloque bilingue « Resurrection of the Dead. Biblical Traditions in Dialogue” / “La résurrection des morts. Traditions bibliques en dialogue » aura lieu du 7 au 9 avril 2010 à la Faculté de théologie de l’UCL à Louvain-la-Neuve.

Il est organisé par l’unité Bible de cette même faculté, plus particulièrement par le Pr Geert Van Oyen et son collègue américain le Pr Tom Shepherd (Andrews University, Berrien Springs). Il veut unir les meilleurs chercheurs internationaux autour d’un thème qui se trouve au cœur même de la tradition judéo-chrétienne.

Pour toutes informations (programme, inscriptions, participants), consultez la page www.uclouvain.be/277303.html.

Onze conférenciers invités présenteront le panorama des traditions différentes sur  le thème de la résurrection: l’Ancien Testament, les évangiles synoptiques et les Actes, la tradition johannique, la littérature épistolaire (Paul), la littérature apocalyptique, la littérature de Qûmran, la littérature non-canonique dans le christianisme primitif. 
Parmi eux se trouvent Gerd Lüdemann, qui parlera de la réception de son livre sensationnel sur la résurrection, et Daniel Marguerat, qui a publié plusieurs articles et livres sur le thème (cf. Résurrection. Une histoire de vie, 2003).

Les après-midi du jeudi 8 et du vendredi 9 avril, vingt-quatre présentations courtes auxquelles participent plusieurs doctorants, offriront aux participants l’opportunité d'approfondir.

Signalons aussi que les organisateurs invitent gracieusement tous les participants à la réception-souper d’ouverture à Corroy-le-Grand (un transport gratuit en bus sera prévu).

Pour tous les renseignements pratiques, prenez contact avec Madame .

 


 

Mot du Dr Pierre-Yves Materne

 

Le 22 décembre dernier, j’ai soutenu ma thèse et le jury m’a proclamé docteur en théologie. Quand on en arrive à ce stade, on mesure le chemin parcouru pendant quatre ans. A l'époque où ma thèse n'était encore qu'un projet, un professeur de philosophie m'avait averti : « Tu verras que c’est une mise à l’épreuve, une sorte de via crucis ». 
C’est  tout un art de tenir, de durer, de persévérer dans la recherche. Même si l'on a un directeur et un comité d’encadrement, il demeure que le doctorant doit lui-même faire avancer sa barque. Cela veut dire qu’un sentiment de solitude vient fréquemment le saisir. On a parfois l’impression de marcher sur un lac gelé qui se craquèle sous nos pas. 
Pour éviter de tourner en rond, il importe d’avoir un dialogue régulier avec le directeur de thèse. Mais cela ne suffit pas : je pense qu’il est important de discuter avec différents interlocuteurs bienveillants aptes à nous guider sur de nouvelles pistes. Il ne faut donc pas avoir peur de les débusquer et de les solliciter, notamment en participant à des colloques et à des séminaires, en Belgique comme à l’étranger. L’École doctorale favorise ces échanges et il faut en profiter.

Au-delà de ce contexte académique, il me semble aussi capital de trouver un bon équilibre de vie (avoir des amis, prendre part à d’autres activités, adopter un rythme régulier de travail, au besoin savoir dire non …).

Enfin, à mes yeux, la motivation (qui prend parfois l’allure d'un yo-yo) tient beaucoup à l’horizon dans lequel on s’inscrit. Je veux dire par là qu’il faut garder à l’esprit le but de sa recherche doctorale. Il peut y en avoir plusieurs. Par exemple, le désir d’enseigner dans une université, ou le besoin d’approfondir une question qui passionne, ou encore la volonté de devenir une personne-ressource dans un domaine précis, surtout qu’on finit par devenir « le » spécialiste de la question traitée.

Je terminerai en disant que le doctorat est une traversée qui rend plus ouvert et plus critique et, dès lors, change le regard de l'apprenti-chercheur sur la réalité qui l'entoure.

 

 

 

| 25/01/2010 |