Objectif Mars

En avril, six étudiants de l’UCL se rendront dans le désert de l’Utah pour participer à une simulation de mission sur la planète Mars.
 

La base de la Mars Society, lors de la précédente mission d'un des membres de l'équipe.

Évoluer en combinaison spatiale, manger des pizzas néophylisées, vivre comme sur Mars, tel est le périple que vont vivre cinq étudiants et un doctorant de l’UCL. Début avril, Delphine Van Vynckt (3e bac ingénieur), Guerric de Crombrugghe (1emaster électromécanique), Alban Jago (1emaster en sciences physiques), Victor Le Maire (2e master en sciences physiques), Marc Reydams (3emaster ingénieur) et Jonathan Denies (doctorant en électromécanique) s’envoleront pour le désert de l’Utah. Ils resteront deux semaines dans la Mars Desert Research Station, station de la Mars Society (MS). La MS est une organisation internationale qui veut faire progresser la recherche sur Mars pour aboutir à l’exploration de la planète rouge. Elle a ainsi créé un prototype de ce que pourrait être une base martienne dans le désert de l’Utah, et organise des simulations de mission. «C’est un laboratoire ouvert, explique Guerric, qui accueille chercheurs, étudiants et curieux de tous horizons, par 6, pendant 2 semaines, pour des projets scientifiques ou éducatifs.»

Six « Marseken Pis »

Guerric est parti sur la base il y a 2 ans. «J’avais appris l’existence de la MS lors d’une conférence de Vladimir Pletzer, de l’Agence spatiale européenne (ESA)». Cette fois, il lance avec trois amis un appel à candidature. Sur les trente intéressés, Marc et Jonathan sont choisis et la « JUMP » pour Junior UCL Marseken Pis est créée. Plusieurs projets sont prévus dans cette aventure. Dans le domaine de la biologie, Delphine s’occupera des plantes de la serre, et Marc étudiera des bactéries halophiles, avec un «photocopieur» d’ADN prêté par l’ESA: «Ces bactéries se développent en milieu salin, caractéristique du sol de Mars et de celui de l'Utah. On peut donc mettre en place, sur Terre, un protocole de recherche pour Mars.» Une étude du sol sera aussi menée par des techniques de forages de la NASA. 
Victor, Alban et Guerric contrôleront l’activité du Soleil, pour prévoir les tempêtes solaires, souvent fatales aux astronautes. Ils travailleront avec un radiotélescope et un détecteur de particules, conçus en Belgique dans l’idée de pouvoir être transportés et montés sur Mars, l’avion remplaçant la navette spatiale. Ils ont obtenu l'aide des professeurs Christophe Craeye (FSA/TELE) pour le radiotélescope et d’Eduardo Cortina Gil (FYNU) pour le détecteur. Enfin, Jonathan sera l’ingénieur de bord, gérant les machines de la station et faisant un rapport quotidien de leur état. 

Psychologie

Les voyages sur Mars devraient durer 3 ans: 6 mois de voyage (une fois aller, une fois retour) et 2 ans sur place. Le facteur psychologique est donc primordial: «Il faut bien choisir les profils des astronautes qui resteront enfermés dans une boîte pendant 3 ans», explique Victor. Le comportement de chaque Marseken Pis sera ainsi étudié par le professeur Bernard Rimé (PSP) qui analysera le partage des émotions en milieu isolé grâce à un questionnaire quotidien rempli par les astronautes.
L’équipe servira aussi de cobaye gastronomique, mangeant en alternance nourriture néophylisée et conserves. Un autre questionnaire sera à remplir pour une diététicienne qui étudie l’impact de la nourriture sur le comportement. «Tous les projets sont bienvenus, appuie Guerric. Nous avons appris par hasard qu’une équipe en faculté d’agronomie créait des plantes pour l’espace (lire cidessous). Un contact a donc été établi, à temps… Mais la communication doit être plus performante pour que chacun puisse saisir les opportunités.»

Sponsors

L’équipe lance un appel aux sponsors. Car en dehors de certains matériaux, les cosmonautes doivent assurer les frais euxmêmes: voyage et 500 euros pour être logés et nourris. «Nous cherchons des sponsors financiers, mais aussi en nature, par exemple une marque de vêtement de randonnée pourrait nous offrir des polars, etc.», souligne Jonathan.
L’équipe JUMP souhaite également se faire reconnaître par l’UCL pour pouvoir assurer la pérennité de ces voyages et la collaboration avec la Mars Society. «Nous avons déjà rencontré Xavier Renders, vice-recteur aux Affaires étudiantes, qui nous a proposé de créer une asbl, explique Alban. On y réfléchit. C’est un projet auquel on tient pour que d’autres après nous puissent profiter de cette expérience.» 

Fany Grégoire

www.crew94.be, www.marssociety.com