Chaire Quetelet 2010
Ralentissements, résistances et ruptures dans les transitions démographiques
Louvain-la-Neuve, 24-26 novembre 2010
Centre de recherche en démographie et société, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique

Programme
Communications en ligne
Le monde dans son ensemble est entré dans un vaste mouvement de changements démographiques, touchant tant la dynamique de sa population (déclin de la fécondité, recul de la mortalité, ralentissement de la croissance) que ses structures (vieillissement notamment). Des changements auxquels peu de régions ou de pays échappent, mais dont les chronologies et les rythmes varient sensiblement. Il en a été ainsi dans le passé des pays occidentaux, il en est de même de nos jours dans les pays du Sud.
Une fois amorcés, les processus de la transition démographique ont souvent été perçus ou présentés comme irréversibles, linéaires, sans à-coups, universels sur le plan géographique ou social, porteurs de progrès social et économique, accompagnés de l’idée d’une convergence globale des niveaux de fécondité, de mortalité et de croissance. Certes, bien des pays ou des sociétés ont suivi dans le passé ou suivent aujourd’hui un chemin assez classique. Mais d’autres ont connu ou connaissent une histoire plus mouvementée : des ralentissements plus ou moins brutaux et durables dans les progrès en matière de fécondité, de nuptialité ou de mortalité, parfois même des retournements de tendances, des accidents conjoncturels, des résistances profondes au changement.
C’est à l’analyse de ces revers, de ces ralentissements et des résistances aux transitions classiques que sera consacrée cette Chaire Quetelet 2010, autrement dit à l’analyse de toutes les situations historiques ou contemporaines qui sortent des normes, des histoires les plus courantes ou des idées les plus communément admises.
Les communications peuvent se centrer sur des questions tant d’ordre méthodologique (sources et qualité des données, techniques et hypothèses pour la mesure des tendances) que d’ordre théorique ou explicatif (le comment et le pourquoi de ces ruptures). Elles peuvent concerner des problèmes relevant d’une région ou d’un pays, comme d’une société ou d’une communauté spécifique. Elles seront prioritairement consacrées à des enjeux actuels ou à des phénomènes passés pouvant éclairer les situations contemporaines.
Voici, sous forme de questions et d’exemples, les grands axes retenus pour le colloque.
1 - Questions de méthodologie
Dans le monde en développement en particulier, comment mesurer de manière fiable les ralentissements ou ruptures de tendances dans le temps ? Les enquêtes EDS par exemple sont-elles un outil sans problème, sans biais possible ? Les laboratoires de population sont-ils la panacée ? Là où il était opérationnel, quid de l’état civil dans le passé ? De façon plus générale, quand peut-on parler de ralentissement ou de rupture ? Quels sont les biais introduits dans l’analyse par les hypothèses fréquentes de linéarité ? Les indicateurs habituellement retenus (ISF, âge moyen au 1er mariage, quotients de mortalité infantile et juvénile…) sont-ils adéquats ou suffisamment sensibles pour l’estimation de tendances perturbées ? Quels sont les outils et méthodes contre-indiqués dans de telles situations ?
2 - La fécondité
Un certain nombre de pays du Sud semblent connaître depuis une dizaine d’années de nets ralentissements dans leur déclin de fécondité, des stagnations, parfois même des reprises. Qu’en est-il réellement ? Quel est le rôle des différentes variables intermédiaires, dont bien sûr celui de la contraception ? Comment expliquer les divergences parfois entre mondes rural et urbain, entre groupes sociaux ? Quelles en sont les causes (économiques, sociales, politiques, sanitaires) ? Dans l’histoire, comment expliquer que la fécondité ait assez souvent un peu augmenté avant de reculer ? Que dire des reprises de fécondité observées en Europe dès les années 1930 et le début des années 1940 ? Plus généralement, quel est le rôle des guerres, des conflits, des pandémies (comme le sida), des crises économiques dans les transitions perturbées de la fécondité ?
3 - La nuptialité et la famille
Il y a dans le monde une tendance générale à un âge plus tardif au mariage et à une augmentation du célibat. Mais, par exemple, comment expliquer le développement fréquent et récent des unions libres, la résistance de la polygamie dans un bon nombre de contextes africains ou encore de l’endogamie dans le monde arabo-musulman ? En quoi et comment les conflits ou les crises conjoncturelles (alimentaires, climatiques) peuvent-ils modifier de façon plus ou moins durable les comportements, les calendriers et intensités de la nuptialité, ou encore plus largement les structures familiales ? Quelles sont les répercussions de ces évolutions sur la transition ?
4 - La mortalité/santé
Près d’un pays sur quatre dans le monde (Nations unies, 2009), et pas toujours parmi les plus pauvres, aurait connu une crise de mortalité ou une baisse d’espérance de vie au cours des vingt dernières années, attribuée à des facteurs tant sanitaires que politiques et économiques. Comme pour la fécondité, ces stagnations ou reprises sont-elles réelles ou virtuelles (qualité des données) ? Comment en mesurer la précision ? Qui touchent-elles en premier lieu ? Comment s’articulent les évolutions de la mortalité des enfants et celle des adultes dans de tels contextes ? Quelles en seraient les causes ? Quel rôle attribuer au sida, aux conflits, à la paupérisation de la population, aux catastrophes naturelles, à la déstructuration parfois rapide des systèmes de santé ?
5 - Les migrations
Si l’exode rural est toujours important et si l’urbanisation progresse encore dans la plupart des pays, on assiste depuis quelques années à un ralentissement du rythme d’urbanisation, à une « désurbanisation », à des mouvements assez récents de « migrations de retour » dans certains contextes, et à de nouveaux modèles de mobilité. Quels en sont l’importance et les facteurs ? Quel en serait à terme l’impact sur les transitions démographiques ?
6 - Les incertitudes empiriques et théoriques ?
Découlant de ce qui précède, un certain nombre de questions se posent pour le futur. Par exemple, marche-t-on inexorablement et partout vers les 2 enfants ou moins ou vers la famille nucléaire ? N’y a-t-il pas déjà ou n’y aura-t-il pas ici et là des seuils difficiles à franchir en matière de fécondité (les 2,5 ou 3 enfants par exemple), de mortalité infantile (autour de 30 p.1000) ou d’espérance de vie ? Comment définir ces seuils éventuels ? Peut-on, et comment, intégrer ces ruptures dans le champ théorique et prédictif, ou dans l’étude des relations population-développement ?
Les communications
Propositions à soumettre
En une page au maximum, elles présenteront la problématique, les objectifs, le matériel et les outils utilisés. Elles sont à transmettre avant le 15 juin 2010 (Isabelle.Theys@uclouvain.be) en vue de leur sélection par le Comité scientifique. Les auteurs retenus en seront avertis vers le 7 juillet.
Le texte définitif
Les textes des communications retenues devront parvenir par courrier électronique (Isabelle.Theys@uclouvain.be) avant le 5 novembre 2010. Ils seront mis en ligne sur le site internet du centre de recherche (www.uclouvain.be/demo) en format PDF. Les textes devront être de 20 pages maximum (tout compris), simple interligne.
Langue
Les communications seront écrites et présentées en français ou en anglais, sans traduction simultanée.
Calendrier
Envoi des propositions : pour le 15 juin 2010
Sélection des communications : vers la mi-juin 2010
Informations aux auteurs : vers le 7 juillet 2010
Envoi des textes : pour le 15 novembre 2010
Conférence : du 24 au 26 novembre 2010
Droits d’inscription
Tarif complet : 120 euros
Doctorant : 20 euros
Ces frais sont à régler au moment de l’inscription, ou avant par versement en espèces, par chèque barré, mandat international ou virement au compte 310-0959001-48 de l’UCL (avec mention « compte DEMO56L1/CQ2010 »).
Bulletin d'inscription
Comment se rendre à Louvain-la-Neuve ?
Plan de Louvain-la-Neuve
| Le comité scientifique |
Le comité d’organisation |
| Dominique Tabutin (UCL-DEMO), responsable |
Dominique Tabutin (UCL-DEMO), coordinateur |
| Philippe Antoine (IRD, CEPED-Paris) |
Patricia Brise (UCL-DEMO) |
| Rafael Costa (UCL-DEMO) |
Rafael Costa (UCL-DEMO) |
| Marie-Laurence Flahaux (UCL-DEMO) |
Marie-Laurence Flahaux (UCL-DEMO) |
| Richard Marcoux (Université Laval-Quebec) |
Bruno Masquelier (UCL-DEMO) |
| Bruno Masquelier (UCL-DEMO) |
Antoine Pierrard (UCL-DEMO) |
| Antoine Pierrard (UCL-DEMO) |
Bruno Schoumaker (UCL-DEMO) |
| Bruno Schoumaker (UCL-DEMO) |
Isabelle Theys (UCL-DEMO) |
| Laurent Toulemon (INED-Paris) |
Jan Van Bavel (VUB-Bruxelles) |
| Jan Van Bavel (VUB-Bruxelles) |
|
Pour tout contact
Isabelle Theys
Centre de recherche en démographie et sociétés, Université catholique de Louvain
1/17 Place Montesquieu, 1348-Louvain-la-Neuve, Belgique
Tel. +32 10 472951, Fax. +32 10 472952
Isabelle.Theys@uclouvain.be
www.uclouvain.be/demo
|
Créée en 1974 pour célébrer l'Année mondiale de la population et le centième anniversaire de la mort d'Adolphe Quetelet, statisticien et démographe belge de grand renom, la chaire Quetelet se tient chaque année sous la forme d'un colloque international consacré à un thème choisi pour son importance dans le développement des études de population.
|