La terre a tremblé le 12 janvier en Haïti, faisant des centaines de milliers de victimes. L’UCL suit l’élan de solidarité suscité par la catastrophe et vient en aide à ses onze étudiants et trois doctorants haïtiens.
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Jean-François Thimus, entouré de ses doctorants,
Berthoumieux, Jean et Kelly Guerrier.
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Luné Roc Pierre Louis et Marc Lits
au Département de communication.
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«Lors du séisme, j’étais au bureau, explique Kelly Guerrier, doctorant à l’EPL. J’ai tout laissé sur place et suis sorti dans la rue.» Comme lui, Berthoumieux Jean (EPL) et Luné Roc Pierre Louis (COMU) se trouvaient à Port-au-Prince lors de la catastrophe du 12 janvier. Dans les jours qui suivent, les trois doctorants parviennent à prendre contact avec leur promoteur, Jean-François Thimus pour Kelly et Berthoumieux, Marc Lits pour Luné Roc, et signalent qu’ils sont en vie.
«Soulagés, nous avons tout mis en oeuvre avec l'Administration des relations internationales pour les faire venir en Belgique», témoigne Marc Lits. La première
idée envisagée, faire évacuer les doctorants par la B-fast, l’équipe de rapatriement des belges, s’avère vaine et d’autres pistes sont envisagées.
Trois chemins
La situation de Luné Roc semblait désespérée. «J’étais de retour en Haïti pour récolter des données pour ma thèse, sur les débats politiques haïtiens à travers les radios», explique-t-il. Son logement s’est totalement effondré. Heureusement, il était en rue, mais il a tout perdu.
Pendant trois jours, cinq personnes fouilleront les décombres de sa chambre. Ils retrouveront un sac UCL avec le passeport de Luné Roc. Le 1er février, celuici arrive ainsi à Zaventem. «Il neigeait et Lune Roc était en chemise, avec pour seul bagage le petit sac UCL qu’on donne aux rhétos», explique Marc Lits.
Pour Kelly et Berthoumieux, la situation est plus compliquée. Membres d’un PIC (Projet interuniversitaire ciblé), ils alternent six mois de recherche en Belgique et six mois en Haïti. Le premier étudie l'influence des eaux usées sur les propriétés mécaniques d'une ville haïtienne. L’autre, l’influence de la non-saturation du sol sur la stabilité des pentes. Ils ne devaient arriver ici qu’en février: les passeports n’étaient pas prêts. Et comme la Belgique ne dispose que d’un consulat honoraire en Haïti, il faut passer par l’ambassade de Caracas. Par chance, Berthoumieux a un visa pour les USA. «J’ai ainsi rejoint l’ambassade belge de New-York, explique-t-il. Là, ils m’ont fait mon passeport et je suis arrivé à Louvain-la-Neuve le 12 février.»
La procédure pour rapatrier Kelly a mis encore plus de temps. «J’avais envoyé les papiers à Caracas, témoigne-t-il, mais avec le séisme, tout le trafic a été stoppé. J’ai dû attendre le retour des avions de fret pour que mes papiers arrivent à l’ambassade.» Au bout de cinq semaines, le passeport de Kelly est prêt, et il revient en Belgique le 22 février, accueilli, comme les autres, par l’équipe de l’ADRI, son promoteur et Xavier Renders, vice-recteur aux Affaires étudiantes.
Solidaire
Outre ses doctorants, l’UCL compte onze étudiants haïtiens, qui ne sont pas oubliés. «La commission rectorale a décidé de prendre en charge cinq mois de loyer, de janvier à juin, explique Anne-Michèle De Jonge, responsable du Service d’aide aux étudiants. En plus de cela, une aide psychologique et financière peut être accordée, au cas par cas, comme à chaque étudiant étranger.» Une réunion a été organisée par la Coordination générale des étudiants étrangers (CGEE) et le Service d’aide. L’objectif était de permettre aux étudiants haïtiens de se rencontrer et de partager. «Ce qui m’a frappée, témoigne Violaine Molitor, psychologue (AIDE), c’est le courage et l’énergie de vivre dont font preuve ces étudiants, malgré ce qu’ils ont vécu.» «L’UCL a fait tout ce qu’elle a pu pour nous aider, témoignent Luné Roc, Kelly et Berthoumieux, nous sommes fiers d’être ses doctorants et remercions tous ceux qui nous ont aidé.»
Fany Grégoire