Au programme de la présidence
Plus tard, je serai Einstein

Ce 1er juillet, la Belgique prend la présidence de l’Union européenne. Bruxelles prend aussi celle du Conseil «compétitivité» dans son volet «recherche». De quoi placer la Belgique au coeur de l’innovation?
La Région bruxelloise (et le ministre Benoît Cerexhe) pilote le volet «recherche» de la présidence européenne belge. Outre des conférences thématiques organisées à cette occasion (lire ci-dessous), plusieurs priorités -ou grands dossiers- sont à l’agenda européen. Quels sont-ils?
Pourquoi faire simple...?
Le premier: la simplification administrative. La recherche n’échappe pas à la «lourdeur» européenne; des mesures visant à simplifier les procédures sont à l’étude, en particulier celles qui touchent au programme-cadre européen. «Les tâches administratives des chercheurs consomment temps et moyens: les délais sont longs, les systèmes comptables différents…, explique Nathalie Fally, membre de la délégation de la Communauté française et de la Région wallonne auprès de l'Union. Sur le long terme, les procédures devraient se baser sur la confiance et les résultats, et non plus sur des rapports financiers.»
Certaines de ces procédures simplifiées pourraient voir le jour à la suite de l’évaluation à mi-parcours du 7e programmecadre (2007-2013), auquel procède actuellement un panel d’experts. Ce n’est que pour le 8e programme-cadre (2014) qu’elles devraient entrer pleinement en vigueur. Les 15 et 16 juillet, d’ailleurs, lors d’un Conseil informel des ministres de la recherche, les priorités belges en la matière seront présentées. Et l'UCL participe activement au groupe de travail constitué à cet égard: les attentes des chercheurs de Louvain, communiquées lors d’une enquête de l’Administration de la recherche (www.uclouvain.be/recherche), ne manqueront pas d'être relayées.
La 5e liberté
Seconde priorité, la mobilité des chercheurs, un des volets de la création de l’Espace européen de la recherche. Cet espace est un acquis du Traité de Lisbonne, qui a instauré la «5e liberté», c’est-à-dire la libre circulation des chercheurs, des connaissances et des technologies. Les avancées attendues lors de la présidence belge? «Le Partenariat européen pour les chercheurs, dans lequel les États s’engagent à améliorer la mobilité, sera évalué, explique Didier Flagothier (Administration de la recherche, UCL). Couverture sociale, pensions, recrutement ouvert … on va présenter les initiatives les plus audacieuses des États.» Les pays discuteront aussi de l’avenir du «visa scientifique»: il s’agit de l’octroi de visa pour des chercheurs des pays tiers. «À l’UCL, 70 conventions d’accueil de ce type ont été signées depuis 2007, poursuit-il. Mais, en Belgique, des chercheurs -les Chinois notamment- en sont exclus: car la directive impose d’octroyer des droits similaires aux ressortissants nationaux. Or, sur le sol belge, les étrangers versent des cotisations sociales réduites (ne comprenant pas les cotisations de chômage, pension).»
L'innovation fait face à la crise
Enfin, l’innovation et la valorisation. L’élaboration d’un Plan européen pour l’innovation est en cours. Mi-juillet, il fera l’objet d’une conférence informelle, réunissant à la fois les ministres en charge de la recherche et ceux en charge de l’industrie. Parmi les questions cruciales à examiner: comment faire en sorte que l’Europe transforme davantage la recherche en retombées industrielles et en création d’emplois? «Une des voies est de créer davantage de partenariats entre les États membres en vue de résoudre des défis sociétaux: changement climatique, problèmes démographiques ou énergétiques,…», explique Nathalie Fally. Les partenariats public-privé sont aussi un des axes de la politique européenne. Car il n’en va pas seulement de la compétitivité ou de la croissance de l’Europe, mais aussi de la relance économique au sortir de la crise. Ce plan pourrait être présenté cet automne, en amont de la rencontre des dirigeants européens à Bruxelles fin octobre.
Plus largement, c’est aussi le rôle des universités et des centres de recherche dans l’espace européen qui sera discuté. «Financement, gouvernance, modèle de gestion… les pays comparent les principes en terme de bonne gestion pour parvenir à l’excellence», termine Nathalie Fally.
Alice Thelen
Au programme de la présidence
Le programme de la présidence belge dans son volet «recherche» comporte une série de conférences sur des thématiques spécifiques: l’économie verte, les technologies spatiales, la biodiversité, les sciences maritimes,… Parmi elles, un événement majeur sur les TIC (technologies de l’information et de la communication), fin septembre, devrait rassembler quelque 5 000 acteurs dans les palais du Heysel. Au programme: Expositions, conférences, workshops, sessions de Networking seront au programme. À noter aussi, parmi tant d’autres événements, une conférence sur les parcs scientifiques. A.T.
Contact: Catherine Rouyer (ADRE), 010 47 44 79.
Plus tard, je serai Einstein
Dans le cadre de la présidence belge, Benoît Cerexhe a lancé un appel à projets sous le titre «Plus tard, je serai Einstein!». Le but : encourager la promotion des sciences auprès des jeunes Bruxellois. Le projet, porté par la Faculté des sciences, a été sélectionné. Il est mené avec l'Institut Saint-Joseph d’Etterbeek, une école à discrimination positive d’enseignement général, mais aussi technique et professionnel. Les élèves seront invités à réaliser un modèle réduit de convertisseur magnétique pour produire de l’énergie électrique à partir de la puissance mécanique des vagues à la surface des mers. Cette expérience permettra à la fois de vérifier le bien fondé de ce convertisseur et de développer les compétences scientifiques, techniques et technologiques des élèves. F.R.