Idées

Plan Marshall à l'UCL: la fin de la 1ère phase


 Les fonds Marshall vont aussi à la recherche fondamentale en laboratoire.

Le plan Marshall a livré les conclusions de sa première phase. Initié en 2005 pour relancer l’économie wallonne, le plan est notamment construit autour de «pôles de compétitivité», réseaux d’entreprises, laboratoires, universités, consultants … qui collaborent sur des projets. L’UCL est impliquée dans une quarantaine de projets qui lui permettent d’être en phase avec le marché. Deux des cinq pôles sont codirigés par des professeurs de l’UCL: Yvan Larondelle (AGRO/ISV) est vice-président de WagrALIM, le pôle «agro-industrie», et Jean-Luc Balligand (IREC/MEDE) de BioWin, le pôle «santé».

«Les conclusions de la première phase sont très positives, témoignent-ils. L’objectif socio-économique est atteint, le plan ayant permis la création d’emplois. Les universités sont aussi bénéficiaires du projet.» Et ce dans toutes les stratégies généralement développées par les pôles de compétitivité: la recherche, la formation, la visibilité et l’internationalisation.

Des projets plus audacieux

«Les laboratoires obtiennent des fonds pour la recherche fondamentale, explique Jean-Luc Balligand. Sa pertinence est renforcée par le partenariat avec des entreprises, et valorisée par une application industrielle à court ou moyen terme.» L’avantage du plan Marshall est que le financement de la recherche universitaire est assuré à 100% par la Région. «Les entreprises sont donc plus audacieuses, car elles prennent moins de risques, indique Yvan Larondelle. Ce qui est bon pour la recherche.» L’UCL est un partenaire qui garantit l’excellence. «En avril, sept nouveaux projets ont été labellisés par le jury d’experts de BioWin, et parmi eux, cinq sont des partenariats avec un membre de l’Académie Louvain», se réjouit Jean-Luc Balligand.
La formation est aussi gagnante. Les partenariats permettent de structurer l’offre en Communauté française et en Région wallonne, de mettre l’accent sur la transversalité des domaines et de garantir l’adéquation entre la formation et les besoins du marché, ce qui favorise l’insertion professionnelle. «Les étudiants peuvent travailler sur des sujets et des projets concrets, explique Yvan Larondelle, ou faire des stages en entreprise qui peuvent déboucher sur un emploi.» «L'université se trempe dans le milieu socio-économique, et sort de sa tour d’ivoire», ajoute Jean-Luc Balligand.

Visibilité internationale

Un autre avantage est l’internationalisation constante des projets: elle offre à chaque membre une grande visibilité, régionale, mais aussi européenne et mondiale.
«Nous collaborons de plus en plus avec des entreprises internationales, mais aussi avec des pôles de compétitivité étrangers», témoignent les vice-présidents.
BioWin est notamment partenaire, au sein du Council for European Bioregions, d’un programme subsidié par la Commission européenne et a conclu, en collaboration avec l’AWEX (Agence wallone à l’exportation et aux investissements étrangers), des accords de partenariats avec le Languedoc-Roussillon et Lyon-Biopole. WagrALIM collabore également avec plusieurs pôles européens et, au-delà, il est partenaire d’un pôle de la région amazonienne de Para, au Brésil. Ces partenariats ont des retombées: la mobilité des étudiants et des chercheurs ainsi que l’échange d’informations entre pays sont facilités et renforcés. Si les résultats de la première phase sont positifs, il faut toutefois ne pas s’endormir sur ses lauriers. «Les efforts doivent être poursuivis, souligne Yvan Larondelle. La Région wallonne est sur la bonne voie en mettant l’accent sur le développement durable [Plan 2.vert]. Car développement économique et protection de l’environnement ne sont pas antinomiques, comme on le pense trop souvent encore.» 

Fany Grégoire

 


Jean-Luc Balligand: «L’université se trempe
dans le milieu socio-économique, et sort de sa tour d’ivoire.»

Yvan Larondelle: «Développement économique et
protection de l’environnement ne sont pas antinomiques.»

 

Nutrivert

Nutrivert est un projet labellisé par WagrALIM dans la phase «développement durable» du Plan Marshall. Porté entre autres par l’entreprise Dumoulin et par l’UCL (ISV & ELI), son objectif est de développer ou améliorer les moyens de production piscicole permettant de réduire l’impact environnemental des piscicultures en circuit fermé, tout en veillant à offrir au consommateur un poisson d’excellente qualité nutritionnelle. «Ce projet a permis de créer 4 temps plein pour trois ans, ici à l’UCL», se réjouit Yvan Larondelle.
http://www.wagralim.be/nutrivert.php

BioWin à Shanghai

Une délégation de BioWin s’est rendue à Shanghai lors de la semaine wallonne du Pavillon belge de l’exposition universelle, du 20 au 25 juin. Elle y a signé des accords avec des universités, entreprises et institutions chinoises, concernant l’échange et la mobilité d’étudiants, doctorants et chercheurs entre la Chine et la Belgique. Cette mission fait suite à des accords signés en 2006. «Ces accords vont renforcer notre potentiel de recherche et favoriser la connaissance entre les milieux biotechniques wallons et chinois, en plus d’augmenter la mobilité de nos effectifs et le recrutement d’effectifs étrangers», témoigne Jean-Luc Balligand.
www.biowin.org

| 2/07/2010 |