En direct de la fusion

Dans l'intimité de l'UCLouvain

«C’est l’étudiant et la relation avec son professeur qui m’ont raconté l'université. Chaque lieu a ses particularités mais je pense que, dans cette exposition, le spectateur va se trouver devant une université.»

 

La vision de Marcourt
Les langues en fusion
Yves Poullet, nouveau recteur des FUNDP

 

Saint-Louis. Jean-Luc Tillière devait photographier un examen, et arriver avant qu’il ne débute. Devant les portes, il a rencontré les étudiants qui révisaient. «C’est l’étudiant qui m’a ouvert la porte de l’université. Mon reportage est devenu très intimiste.» Il s’est rendu compte que chacune des universités avait ses particularités. Pour lui, «Saint-Louis est inscrite ‘dans’ la ville

 

Woluwe. Une étudiante, concentrée, passe un examen d’anatomie devant le professeur Benoît Lengelé. «Un moment intense, grave, dit le photographe, c’est l’instant où l’on ne plaisante plus. M’ouvrir les portes de l’examen était une marque de confiance alors que Benoît Lengelé ne me connaissait pas. Cela m’a permis de mettre en relation étudiant et professeur.» Benoît Lengelé a aussi autorisé Jean-Luc Tillière à photographier une séance de dissection. «Je n’oublierai jamais cette rencontre entre la salle de dissection et celle de l’examen et l’échange qui a en découlé. Il est d’un humanisme extraordinaire.»

 

Namur. «À Namur, c’est plutôt la ville qui entre dans l’université, explique Jean-Luc Tillière. Les voisins sont dans l’université.» Comme il a dû travailler en peu de temps, Jean-Luc Tillière a découvert les derniers auditoires, les derniers cours avant le blocus et les examens. «C’est une contrainte qui a finalement enrichi le sujet.»

 

Mons. Le photographe a été frappé par le dialogue qui s’instaure entre les équipes de professeurs et les groupes d’étudiants en examen. Il a photographié la remise des projets associatifs (projets à caractère social ou culturel menés par les étudiants). «Mes photos sont des impressions. Je ne me suis pas orienté en fonction des lieux mais à travers les rencontres que j’ai eues.»

 

Louvain-la-Neuve. Une soirée au Photokot. «Pour le reportage, j’avais pris rendez-vous avec plusieurs kots-à-projet. Les étudiants étaient sceptiques: ils ne voyaient pas bien l’intérêt que je pouvais trouver à les photographier. Je leur disais:
surtout ne changez rien! Et j’ai été surpris par la fraîcheur des étudiants, leur spontanéité, leur maturité, alors que je les croyais ‘sur des rails’. On a établi une relation, un échange. C’est ce que je recherche dans la photographie.»
Et d’ajouter: «J'aime l’aspect surréaliste de Louvain-la-Neuve; l’étudiant est présent partout.»

 

En pratique

L’exposition «Objectif UCLouvain» se tient au Forum des Halles (Louvain-la-Neuve), du 30 juin au 10 septembre, de 9h à 17h en semaine et de 11h à 17h le samedi. Cette exposition sera ensuite présentée sur les différents sites de l’Académie Louvain.

 

La vision de Marcourt



«On me dit que le rapprochement entre les 4 universités de ‘Louvain’ évolue positivement, même s’il y a des problèmes», sourit Jean-Claude Marcourt. Invité par les quatre corps académiques, le Ministre de l’enseignement supérieur livre quelques éléments du puzzle qu’il a entamé. «Si nous étions en France, la Communauté française serait l’équivalent d’une région et il n’y aurait qu’une université. Est-ce le but ultime? Laissons faire les choses étape par étape.» Il dit regretter la concurrence entre universités francophones alors qu’à l’international, elle est impitoyable. Et, s’il se déclare ferme adversaire de la marchandisation de l'enseignement supérieur, il ne dit pas clairement avec quels moyens la Communauté française l’empêchera. «Il faut, dit-il, réfléchir à l’offre: où offre-t-on quoi? Où fait-on quelle recherche?» Et encore, «on peut se demander si pour un certain nombre de thèmes, on n’aurait pas intérêt à se regrouper.» Marcourt répète qu’il faudra réfléchir, changer, mettre l’imagination au pouvoir. Mais… «il est difficile, dans notre pays, de faire de grandes réformes. On travaille plus souvent sur un commun dénominateur.» D.H.

 

Les langues en fusion

Pourquoi attendre la fusion pour se rencontrer? Les enseignants de langues de la future UCLouvain –plus de 65 personnes des FUCaM (Centre de langues), des FUNDP (École des langues vivantes), des FUSL et de l’UCL (Institut des langues vivantes, ILV)– n’ont pas perdu de temps. Ils se sont retrouvés pour la seconde fois «au vert», le 1er juin, autour d’un thème qui les touche: l’évaluation et le cadre européen commun de référence pour les langues. «L’enjeu est de relier les procédures d’évaluation des compétences au cadre européen et de tendre vers une plus grande objectivité et vers une ‘transférabilité’ des certifications», explique Philippe Neyt, directeur de l’ILV (UCL).
Les équipes ont écouté à ce propos le Pr Michael Brookes (HEC Paris), président du «Comité Langues» de la CEMS (réseau européen de prestigieuses écoles de management). Puis elles se sont réparties en ateliers qui devaient leur permettre de comparer leurs pratiques (programmes de cours, tests) et, déjà, de mettre en oeuvre des projets de collaboration (partage de pratiques et de ressources, développements communs dans le domaine de l’e-learning). «La journée s’est clôturée par un repas convivial, qui a permis de nouer ou raffermir les liens entre collègues appelés demain à exercer leurs talents sous la bannière de l’UCLouvain», conclut Philippe Neyt.

 

Yves Poullet, nouveau recteur des FUNDP



Après les FUCaM en février dernier, c’est au tour des Facultés de Namur de changer de «premier». Le Pr Yves Poullet a été nommé recteur. Il est le premier laïc à occuper la tête de l’institution jésuite. Il succédera à Michel Scheuer le 1er septembre prochain. La création de l’UCLouvain est bien sûr un des défis des FUNDP. Pour Yves Poullet, il faut dépasser le schéma institutionnel et en venir à ce que nous voulons faire ensemble. «L’université nouvelle doit dépasser les négociations de managers et se rapprocher des préoccupations des gens.» Pour cela, «c’est certain, dit-il, on ne peut pas continuer à trainer. Les décisions ont été prises, il est exclu de revenir en arrière». Le nouveau recteur plaide pour «garder une autonomie, sous une identité juridique commune, et des moyens pour pouvoir développer cette autonomie. » «L’attrait des petites universités, ajoute-t-il, est leur culture: il faut pouvoir cultiver ses différences à l’intérieur d’une grande université.» Et de citer, par exemple, l’interdisciplinarité. Un terrain connu du nouveau recteur namurois puisqu’il est le fondateur et actuel directeur du Centre en informatique et droit, spécialisé notamment dans les questions de respect de la vie privée et de la gouvernance d’Internet. A.T.

| 2/07/2010 |