Mini-portrait

Des fermiers inventifs à l'UCL


De gauche à droite : Gérard Collignon, Frédéric Blondiau, Philippe Hamiet et Luc Van de Steene.


Frédéric Blondiau est le mécanicien du Centre Alphonse de Marbaix, la ferme expérimentale de l’UCL. Son art? Donner une autre vie aux machines agricoles.

La casquette bien plantée sur son visage décidé, les mains dans le cambouis, Frédéric Blondiau parle de son atelier comme si c’était sa maison: «j’ai moimême conçu et aménagé la mezzanine, c’est ma façon de créer mon espace».Issu du monde agricole comme tous ses collègues du Centre Alphonse de Marbaix, à Corroy-le-Grand, il est le mécanicien de l’équipe. Né dans une ferme «entre un moteur de tracteur et une boîte de vitesses», il préférait aller aux champs qu’à l'école, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir son diplôme en mécanique. «J’avais juré que je ne mettrais jamais les pieds à l’université, voilà 15 ans que je m’y plais!»

L'université à la ferme

Le Centre de Marbaix n’est pas une ferme ordinaire. Sous l’autorité du doyen de la Faculté d’AGRO, il offre une structure commune de recherches ouverte à tous les chercheurs de l'université. Le personnel nourrit et s’occupe des animaux mais prépare aussi les champs d’essai, travaille les cultures, fait les récoltes, aménage et entretient les locaux, le matériel. «On leur demande disponibilité et polyvalence et cela crée un véritable sens de l’équipe», explique Gérard Collignon, le directeur. Mais la collaboration avec le monde universitaire, surtout côté expérimental, requiert aussi une grande faculté d’adaptation pour «coller» aux demandes des chercheurs.

Du concept à la conception

C’est ici que toute la créativité de Frédéric Blondiau entre en jeu. «Acheter une machine déjà préparée pour des essais particuliers, ce n’est pas possible, dit-il, on doit se débrouiller pour adapter des machines existantes. J’ai par exemple dû concevoir un pulvérisateur pour faire des tests sur différentes variétés de maïs. Il fallait maîtriser des volumes spécifiques mais aussi des pressions différentes à appliquer aux plants. J’ai donc acheté des cuves, des pompes, conçu le cadre et monté le tout sur un tracteur.» Et après tests, évaluation, et réadaptations de la nouvelle machine, il pulvérise les champs d’essai «car c’est bien d’aller jusqu’au bout de son projet».
Au départ d’un protocole bien précis établi par les chercheurs, c’est donc lui qui se charge de trouver la solution: recherche des pièces sur Internet, établissement du devis et ensuite mise en oeuvre. Bien sûr, il entretient le matériel et participe à tous les travaux de la ferme, mais il est aussi sur le coup en cas de panne ou de transport de gros équipement dans toute la Belgique. «J’ai la grande chance d’avoir pu faire de ma passion mon métier.» Cet enthousiasme transparaît chez tous les membres de cette petite équipe, au service de l’université.

Françoise Rondeau

| 14/09/2010 |