Henri Wautier, chimiste, chercheur dans l'industrie

Henri Wautier est docteur en chimie de l’UCL et a été engagé il y a 25 ans chez Solvay comme chercheur. Il y est Department Manager et Senior scientist et travaille actuellement avec son équipe à la conception d’une ligne pilote d’extrusion réactive.

 

La recherche, une vocation ?
Je ne me destinais par vraiment à la recherche au moment où j’ai commencé la chimie. Mais je pense qu’au fond, j’ai toujours
fait et aimé faire de la recherche, même si à l’époque je ne le savais pas. Je pourrais rapprocher ça du fait que, depuis mon enfance, j’ai toujours aimé cuisiner. Je dirais, de manière imagée bien sûr, qu’il en va en recherche comme en cuisine : on commence par chercher des recettes dans des livres, on les essaie, on les recommence, puis on a envie d’en changer, on cherche à adapter, à améliorer. C’est à ce
moment que commencent les expériences. Au départ, il faut bien connaître le mode opératoire et puis ensuite, on peut s’autoriser de petites modifications, de légères variations. Evidemment, en cuisine on peut goûter ce que l’on fait, tandis qu’en chimie, il faut des appareils de mesure pour vérifier les résultats de ses expérimentations.
Durant ma carrière, j’ai travaillé sur des sujets de recherche fort différents. A chaque fois, il a fallu que je me forme, car aucun n’était en lien avec le sujet de ma thèse. J’ai été engagé comme docteur en chimie et non comme spécialiste de la catalyse de synthèse des peptides ! Mais après quelques mois de formation sur un sujet auquel je ne connaissais rien – le temps de bien connaître le mode opératoire –, les recherches pouvaient débuter.

En ligne avec le marché industriel
Notre activité se passe principalement en laboratoire, mais rester en lien avec le marché et ce qui se passe dans l’industrie est essentiel. Notre mission est de développer des innovations qui pourront prendre place sur le marché industriel et nos recherches sont clairement orientées vers des applications exploitables par l’industrie. Pour chaque projet, il faut analyser les besoins du marché ou du client,  chercher les meilleurs moyens d’y répondre et aller assez vite pour que le marché n’ait pas déjà trouvé une autre réponse quand la vôtre sera prête.

La satisfaction de résultats concrets
En ce moment, nous finalisons un projet  lancé en 1992, celui de la transformation des polymères à chaud : nous avons conçu une extrudeuse à chaud. La fusion des matières plastiques dans l’extrudeuse permet d’en modifier la structure. C’est un peu comme une sorte de réacteur chimique. Nous en sommes au stade de test pilote avant production industrielle. Mon équipe a évolué parallèlement au projet : si, au début, j’étais assisté de deux techniciens, aujourd’hui, je gère une équipe de quinze personnes, qui compte des gradués et des licenciés en chimie, mais aussi un ingénieur civil et un ingénieur commercial chargé de placer nos produits dans le secteur industriel. C’est passionnant pour un chercheur de suivre son projet de recherche jusqu’à sa mise en production ! J’ai 56 ans aujourd’hui et j’espère pouvoir encore mener à bien une recherche de ce genre.

 

Parcours

1973 - Licence en chimie (UCL)
1980 - Doctorat en sciences (chimie - UCL)
1980 - Engagé comme chercheur chez Solvay

 

Thèmes de recherche

  • Catalyse polyéthylène
  • Ignifugation des mousses souples de polyuréthane
  • Céramiques électroniques
  • Enrobage des charges minérales dans des matrices polymères
  • Polymères biodégradables et transformation des polymères à l’état fondu
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   > Solvay
| contact : Marianne Neumann