Conférences 2010 Qu'arrive-t-il à l'Église aujourd'hui ?

À propos de l’Église catholique, on peut parler aujourd’hui d’un profond malaise. Il y a quelques mois, presque chaque jour, tombait une nouvelle qui plaçait l’Église à la une de l’actualité. Et pas à son avantage. Cela, alors que, chez nous en tout cas, la perte de crédibilité, non seulement de l’Église, mais aussi du christianisme, est impressionnante. 

La question du crédit et de la crédibilité de la foi était déjà il y a un siècle l’enjeu de la crise moderniste. Quelque chose avait pourtant bougé en profondeur avec l’événement du concile de Vatican II qui sut parler avec pertinence aux hommes de ce temps. On a pu percevoir alors que les chrétiens avaient quelque chose de précieux à proposer au sein d’un monde dont on les sentait partie prenante.

Un second souffle a par la suite cruellement fait défaut. De nombreux responsables d’Église, mais aussi des groupes significatifs de chrétiens, se sont à nouveau situés comme en surplomb du monde des hommes, le regardant et le jugeant de haut. On semble loin de cette attitude conciliaire qui situait l’Église comme faisant route avec l’humanité. Le souci de maintenir, de se replier, voire de restaurer un passé regardé avec nostalgie paraît avoir pris le pas sur l’audace de l’initiative. Il y a pourtant de quoi, en raison de cette Parole inaugurale qu’est l’Évangile, prendre activement sa part au sein des enjeux actuels d’humanité.

Poser la question : « Où va l’Église catholique aujourd’hui ? », ce sera pour une part regarder et nommer le malaise actuel. Sans langue de bois. Mais ce sera tout autant guetter ce qui se fait jour. A cette Église fatiguée, il arrive aussi que des femmes et des hommes se refusent à quitter le navire sur la pointe des pieds tant ils ont goûté la pertinence humaine de l’Évangile. Ce qu’ils ont découvert ou redécouvert comme une nouvelle encore inouïe, ils n’attendent guère d’autorisation pour le scruter, l’assimiler, le vivre et le partager. La nostalgie pour un passé glorieux qu’ils n’ont d’ailleurs pas connu ne les habite pas. Ni du reste la peur de vivre leur foi en plein monde même réputé relativiste. On les trouve un peu partout et notamment en des lieux de fracture comme les prisons, les hôpitaux ou en des lieux de recherche comme des monastères, des centres de formation, on les trouve même parfois dans des églises.

Nous poserons notre question à quatre guetteurs. Qu’arrive-t-il donc à cette Église pour que l’impression d’insignifiance soit si prégnante tant au regard de ceux qui lui demeurent proches que pour ceux qui lui sont extérieurs ? Peut-on pourtant aussi apercevoir les signes annonciateurs d’une (re-)naissance sans doute très différente de tout ce qui fut jusqu’ici ? Sans esquiver en rien la radicalité de la crise actuelle.

8-9 février 2010
Le regard de Dom Armand Veilleux
Abbé de Scourmont, originaire du Québec, vivant en Belgique.
Il exerce depuis de longues années des responsabilités dans l'ensemble de l'ordre cistercien.

22-23 février 2010
Le regard d'Isabelle de Gaulmyn
Chef du Service Religion du journal La Croix.
Elle fut, durant plusieurs années, correspondante de ce journal à Rome.

8-9 mars 2010
Le regard de Paul Scolas
Prêtre du diocèse de Tournai dont il fut plus de dix ans vicaire général.
Théologien, chargé de cours invité à l’UCL et à l’Université catholique de Lille.

22-23 mars 2010
Le regard de Paulin Poucouta
Théologien, professeur à l’Institut Catholique de Yaounde et professeur invité à l’UCL.
Il parlera depuis une Église d’Afrique qui oscille, elle aussi, entre dynamisme et malaise.

Quarrive-t-il à l'Église aujourd'hui ?

Coll. Trajectoires, 23
Bruxelles, Éditions Lumen Vitae,
2011, 110 p.
ISBN 978-2-87324-403-3