La réussite à l’université? «Un enjeu sans cesse plus important dans l’élaboration d’un projet de vie ‘réussi’ avec pour effet que la pression sur les individus et sur les institutions est forte», affirment, d’une seule voix, les universités de la Communauté française.
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Philippe Parmentier préside la
commission «Réussite» du CIUF.
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Créée voici 20 ans -dans un élan visionnaire!- par le Conseil interuniversitaire de la Communauté française, la commission «Réussite» vient de publier un petit ouvrage consacré aux Recherches et actions en faveur de la réussite en première année universitaire (sous la direction de son président, Philippe Parmentier). Une synthèse très instructive, qui bouscule quelques idées reçues…
Un: non, l’université n’est pas responsable de la réussite des étudiants de bac 1. Elle est, par contre, responsable de créer les conditions qui permettront aux étudiants de réussir. La réussite n’est pas un droit, elle est presque un devoir puisque les étudiants sont subsidiés par la Communauté française.
Deux: non, les universités ne restent pas inactives. Elles ont multiplié, au fil des ans, les activités d’aide à la réussite.
Citons les «Passeports pour le bac» qui permettent aux étudiants de première année de l’Académie Louvain de tester leurs pré-requis dans plusieurs branches et de bénéficier d’une remédiation éventuelle (soit un investissement de 100 000 euros pour notre université). Ou encore, à l’UCL, un Fonds d’aide à la réussite doté de 150 000 euros. Sans compter les initiatives menées par plusieurs services de l’université –CIO, AIDE, IPM, CVRC– et par les facultés. Et enfin, le moins visible mais le plus important, ce sont les actions spécifiques menées par les enseignants au sein de leur auditoire, car, insiste Philippe Parmentier, «la qualité de l’interaction entre l’enseignant et l’étudiant est le premier facteur de réussite».
Désormais, c’est donc la qualité des actions qu’il faut viser et non la quantité. Pour cela, il faut les évaluer. Et pour évaluer, il faut soutenir la recherche en pédagogie. Car la réussite dépend de multiples facteurs et aucune activité n’englobe une promesse de résultat. Longtemps, la recherche en pédagogie a reçu le soutien des pouvoirs publics: «Il est primordial, insiste Philippe Parmentier, que cet investissement se poursuive.»
Un taux de réussite maintenu à 40%
Volontiers critiquées pour leur incapacité à augmenter le taux de réussite des étudiants de 1er bac, malgré les dispositifs mis en place, les universités invitent à reconsidérer la question. Le taux de réussite est en effet, depuis 30 ans, stabilisé à un peu plus de 40%. Or, en trois décennies, les normes d’encadrement ont diminué alors que le nombre d’étudiants inscrits à l’université a considérablement augmenté. Quand on sait, par ailleurs, que le choix des options en secondaire est libre, que les nombreuses disparités à la sortie du secondaire ne sont pas évaluées et que l’étudiant choisit librement la filière universitaire dans laquelle il veut s’engager… c’est presque un miracle, souligne Philippe Parmentier, que le taux de réussite puisse être maintenu à 40%. Au lieu de proposer une aide à l’étudiant «lambda», la prochaine étape, estime le président de la commission «Réussite» du CIUF, devrait être de cibler des publics spécifiques. Mais cette volonté demandera des moyens nouveaux, indisponibles aujourd’hui.
Dominique Hoebeke
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En 30 ans, les normes d’encadrement ont diminué
alors que le nombre d’étudiants inscrits à l’université
a considérablement augmenté.
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