Colloques et journées d'études

 
  •  Colloque 3-5 novembre 2010 : Vatican II comme style théologique
    (Groupe de recherche sur l'herméneutique théologique de Vatican II mis sur pied par l'UCL, l'Université Laval et l'Institut catholique de Paris)

Les deux premières phases de la recherche du Groupe international (Louvain-la-Neuve/UCL, Paris/ICP, Québec/ULaval) sur « l’herméneutique théologique de Vatican II », ayant abouti respectivement aux colloques de Paris (2005) et de Québec (2008), ont en quelque sorte fait le tour de l’intuition de départ : évaluer les différentes postures mises en œuvre dans l’interprétation théologique du concile Vatican II depuis quarante-cinq ans, en identifiant les divers facteurs (appartenance à des réseaux de relecteurs – papes, évêques, théologiens, communautés chrétiennes… – ; chronologie des relectures du Concile ; outils, critères et méthodes …) soutenant tel ou tel type d’herméneutique. On pourrait poursuivre cet examen indéfiniment, tant le champ d’enquête est vaste et ne cesse d’ailleurs de s’étendre avec le temps, mais on ne ferait, dans ce cas, que répéter un exercice qui a produit les fruits qu’il pouvait donner.

Un constat s’est imposé particulièrement au cours du colloque de Québec : n’a-t-on pas tendance à « dogmatiser » ou « doctrinaliser » l’enseignement du concile Vatican II, alors que celui-ci se voulait « pastoral » ? Dans l’interprétation des textes conciliaires, n’a-t-on pas tendance à considérer leur contenu doctrinal en soi, ou à détacher l’énoncé de l’acte d’énonciation (la lettre sans l’inspiration) ? En d’autres termes encore, n’y a-t-il pas une tendance à ne considérer ces textes que comme des textes doctrinaux, sans appréhender le style théologique qui les porte ? N’y aurait-il donc pas lieu de ressaisir le Concile comme style théologique, et d’examiner comment cette « forme » d’expression de la foi ou cette « manière » de faire de la théologie a été reprise (ou non) à différents moments de la vie de l’Église catholique depuis quarante-cinq ans ? Comment la manière conciliaire d’interpréter la foi chrétienne a-t-elle, elle-même, inspiré (ou non) de nouvelles interprétations de la foi en situation ?

Il s’agira d’identifier des « actes » ou des « lieux » de la vie ecclésiale depuis 1965 (un corpus de textes épiscopaux, par exemple) pour en comparer le style avec celui de Vatican II, dans les trois grandes orientations disciplinaires retenues (ecclésiologie, éthique théologique, théologie fondamentale) : entre autres possibilités, la réunion du CELAM à Medellín en 1968, l’œcuménisme comme conciliarité continuée et itinérante, le matériel catéchétique ou la production théologique comme proposition de la foi chrétienne, les synodes diocésains ou les procédures de décisions éthiques comme lieu d’élaboration d’une parole chrétienne, l’interprétation du christianisme comme style… Tel sera l’objet d’un colloque international de recherche qui se tiendra à Louvain-la-Neuve du 3 au 5 novembre 2010. On en perçoit sans peine l’intérêt pour la réception théologique actuelle du concile Vatican II. Joseph Famerée

 

| 18/10/2010 |