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Association de développement en pays mossi. Le don comme ruse.
L'ouvrage traite de l'essor d'une association villageoise inventée par un groupe de jeunes Mossi des villages de l'ancien royaume d'Oubritenga au Burkina Faso. Elle naît des rêves de quelques-uns qui, après des années de migrations, rentrent avec un "ailleurs en tête". Ceux-ci fustigent les hiérarchies et les croyances traditionnelles, avant de découvrir la coopération au développement, ses rituels, ses moeurs et ses usages. Avec minutie le livre relate les péripéties que connaît l'association dans ses tentatives d'institutionnalisation et de rencontre des bailleurs de fonds. Face aux exigences de ces derniers, les villageois au "français mal formé" échouent dans la rédaction des fameuses requêtes. Les ONG, qui ne veulent juger que "sur pièces", les rejettent inlassablement. Incapables de comprendre la "socio-logique" qu'impose le développement, ces paysansdéplacent le débat avec les intervenants sur un terrain qu'ils maîtrisent, celui de la tradition mossi, et suscitent dirablement l'intérêt par l'échange de dons. La problématique du "don comme ruse" dévoile l'inesitence du marché de l'aide comme celle de la non-rencontre entre la demande et l'offre. Autrement dit, il n'y a pas d'adéquation entre les exigences des donateurs et les modes de sécurisation propres aux pratiques villageoises. Si néanmoins une certaine rencontre a lieu, c'est du point de vue des paysans, en ayant recours moins à la figure du marché qu'à celle du communautarisme villageois. Celui-ci fournit alors le modèle de création du lien social à travers l'échange. La coopération fonctionne ici dans l'ignorance de l'autre et le développement équivaut à un opérateur symbolique comme la paix ou les droits de l'homme, tous trois mobilisateurs d'énergie humaine. Ils invitent à "l'oeuvre commune" sans pour autant avoir à s'accorder préalablement sur le partage d'un même sens. La communication s'établit à l'insu des évidences, des stratégies et des "projets" des offreurs d'aide et à la faveur de la perception de l'inadéquation de l'offre, dans l'invisibilité, l'ambiguïté, la ruse, l'esquive, la tactique, l'occasion, le bricolage, la "recomposition" des bénéficiaires.
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