Le QCM: le "bingo pour l'étudiant?


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La session d’examens débute. Nombre d’étudiants, surtout les premières années,
seront soumis à des examens à choix multiples. D’après une enquête, menée en ESPO,
une majorité d’entre eux disent ne pas savoir comment étudier pour un QCM.
Pourrait-il être une des causes d’échec en bac 1?

 

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Dans les auditoires de première année, le QCM est largement répandu. D’après une enquête, menée en ESPO, une majorité des étudiants disent ne pas savoir comment étudier pour un QCM. Pourrait-il être une des causes d’échec en bac 1?

La session d’examens débute et nombre d’étudiants, surtout dans les premières années, seront soumis à des examens «QCM», questionnaires à choix multiples. Plus de 5000 étudiants fréquentent la Faculté de sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO), dont 1400 en première année. Les auditoires comptent très souvent en bac 1 plus de 500 étudiants. Un nombre qui conduit les professeurs à utiliser le QCM. Dans le cadre de projets d’aide à la réussite, la Faculté a mené l’enquête auprès des professeurs et des étudiants de bac 2, c’est-à-dire ceux qui «y sont déjà passés».
Avec en ligne de mire, une question: le QCM pourrait-il être –à côté d’autres facteurs– une cause d’échec en première année?
Premier but de l’enquête: objectiver les pratiques d’évaluation. «Nous pensions que ce questionnaire était généralisé en bac 1, explique Patricia Vandamme, chargée du projet. Il est largement utilisé mais pas généralisé.» 9 cours sur 57 sont évalués uniquement par QCM. Le plus souvent, les professeurs mêlent QCM et questions ouvertes. «La plupart des enseignants choisissent le QCM par défaut, en raison du nombre important d’étudiants. Pour eux, il ne permet pas d’évaluer tous les types de compétences: il se limite à la connaissance et à la compréhension. C’est pourquoi les enseignants ajoutent souvent une question ouverte qui permet d’évaluer d’autres compétences comme la capacité de synthèse ou l’analyse.»

Étudier moins, réussir mieux...

Que pensent les étudiants des QCM? «En général, les étudiants préfèrent l’examen écrit, poursuit-elle. Moins stressant que l’oral. Mais, parmi les différents modes d’évaluation, ils apprécient le QCM pour des raisons négatives: ce type d’examen prend moins de temps, demande moins de réflexion, est plus rapide à préparer, permet de faire moins de fautes d’orthographe, laisse une place au hasard ou la chance, etc. L’étudiant se dit: «Je peux procéder par élimination, donc je dois moins connaître mon cours.» Ou encore: «La bonne réponse, je la reconnaitrai.» Alors que, pour l’oral, les commentaires sont de nature positive: l’oral permet de montrer que l’on possède la matière, de susciter plus d’interactions, de se rattraper au cas où…»
Quant aux compétences évaluées, il est intéressant de confronter les réponses des professeurs et des étudiants. Alors que les professeurs considèrent qu’avec un QCM, ils évaluent la connaissance mais aussi la compréhension; les étudiants pensent qu’il est un simple outil de restitution. En conclusion, beaucoup d’étudiants semblent avoir des représentations erronées du QCM. Ce qui pourrait induire de mauvaises stratégies d’étude et, par conséquent, expliquer l’échec.

Une idée à démanteler

Alors, que faire? «Chaque professeur devrait familiariser l’étudiant aux QCM, expliquer sa logique, ainsi que son système de cotation», continue Patricia Vandamme. Suite à l’enquête, la Faculté a invité les étudiants à participer à des séances de sensibilisation, basées sur des exemples vus au cours. Communiquer sur le système de cotation est aussi important: «Même s’il est clairement annoncé, les étudiants ne maîtrisent pas toujours l’impact de leurs réponses sur leurs résultats. Beaucoup d’enseignants appliquent une note négative en cas d’erreur; devant leur feuille d’examen, les étudiants tentent de se transformer en calculateur… ce qui n’est pas toujours ‘payant’.» Enfin, pour les professeurs, la Faculté organisera des séances de formation. «Pour les aider à construire des QCM encore plus intelligents!», termine-t-elle.

Alice Thelen

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Patricia Vandamme mène, en ESPO,
plusieurs projets d’aide à la réussite.

 

André Geubel: «Le QCM est plus équitable»

En médecine aussi, les QCM sont fréquents, non seulement en bac mais aussi en master. Pour André Geubel, doyen de la Faculté, ce type d’examen est plus «équitable». «Nous sommes passés aux QCM en raison du nombre d’étudiants. Mais aussi parce qu’il y a moins de variabilité dans les évaluations avec ce type d’examen qu’avec un oral par exemple.» Et d’illustrer son propos par un cas concret: en master 4, toutes les matières sont interrogées par QCM sauf une, la médecine interne. Pour cette matière, plus de 200 étudiants ont été interrogés oralement par différents couples de professeurs. «Certains étaient plus sévères que d’autres, ce qui a entrainé plusieurs problèmes soulevés par les étudiants et cela après une prédélibération visant à minimiser ce type de différences.» Une expérience identique avait déjà été vécue en master 1, source de la réduction des examens oraux au profit de QCM «à contexte enrichi et à appariement». En effet, pour le doyen, «il y a QCM et QCM». «Les questionnaires testent bien plus que la restitution. Les questions sont contextualisées: l’étudiant doit mobiliser ses connaissances en vue de résoudre le problème posé.» A.T.

 

Contest, un nouveau logiciel de correction

Un des avantages des QCM est leur correction automatique. Après un premier test en janvier, un nouveau système de lecture optique et de correction automatique (appelé Contest) sera exploité ce mois de juin à l’UCL. Le Service EVA (Administration de l’enseignement et de la formation) pilote la mise sur pied de ce nouvel outil. A.T.

eva@uclouvain.be

| 26/05/2011 |