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Murielle Duponchelle, physicienne, enseignante à l'Institut des Arts de Diffusion
Murielle Duponchelle enseigne les disciplines scientifiques à l’Institut des arts de diffusion (IAD). Pour elle, un bon enseignant est celui qui ne reste pas seul sur son île : il établit des ponts entre les matières qu’il enseigne et ce qui motive ses étudiants, des croisements entre les disciplines, des passerelles entre les professeurs.
Des étudiants pas forcément intéressés
Depuis plus de dix ans maintenant, j’enseigne les disciplines scientifiques à l’IAD. Le cursus de mes étudiants est varié : certains ont un bon background scientifique et mathématique, le profi l des autres est plus « artistique ». Tous, cependant, ont en tête un projet de formation bien éloigné des matières scientifiques : ils veulent devenir ingénieurs du son, cameramans ou réalisateurs et n’ont généralement aucune idée de ce que les mathématiques ou la physique pourront leur apporter dans la poursuite de ces objectifs ou dans l’exercice de leur futur métier. Pourtant, non seulement les sciences sont bien présentes derrière les techniques qu’ils vont apprendre (par exemple, pour choisir la focale de l’objectif adapté à l’angle de champ d’une prise de vue, réaliser des effets spéciaux comme un écran de fumée, etc.), mais en plus, elles sont à la portée de tous, pour peu qu’on trouve la voie d’accès à ce qui les motive. Ouvrir des voies Mes étudiants veulent que je leur parle de leurs passions et, pour chaque contenu à enseigner, j’essaie de les inscrire dans le projet du cours. « Sensitométrie et émulsions », « Microphones et haut-parleurs » sont certains des intitulés des cours que j’ai enseignés. Je mets mes étudiants en situation, j’établis des points de contact entre leurs pratiques et la théorie : on travaille sur des projets concrets, comme monter une radio au cours d’électricité, ou fabriquer un électro-aimant, qui servira à monter un haut-parleur. Le bagage conceptuel et scientifique qu’ils tirent de ces expérimentations leur sera très précieux plus tard : la manière empirique par essai et erreur peut donner de très bons résultats… qui seront difficiles à reproduire une deuxième fois ! Les passions de mes étudiants – et il y a toujours quelque chose qui passionne un jeune – me permettent d’ouvrir des voies vers la compréhension de concepts scientifiques grâce auxquels ils pourront maîtriser les techniques de leur futur métier. Réussir à transmettre des compétences Quand j’ai été engagée à l’IAD, je ne connaissais pas grand chose aux images et aux sons. Mais j’avais derrière moi une petite expérience d’enseignante et surtout j’avais appris, en réalisant ma thèse, à ne pas être complexée par un problème et donc à ne pas avoir peur de prendre du temps pour le résoudre. Cet état d’esprit m’a beaucoup aidée dans les premiers temps et encore aujourd’hui quand je suis confrontée à des problèmes spécifiques que rencontrent mes étudiants dans la mise en œuvre de certaines techniques. J’ai aussi appris, grâce au travail d’expérimentation propre à la recherche scientifique, à monter une expérience dans un but pédagogique. Mais tout cela ne suffit pas. Pour que la sauce prenne, Il faut que les élèves soient prêts à jouer le jeu, parce qu’ils en ont compris l’intérêt. Il faut aussi, et c’est le plus exigeant, avoir à l’enseignant une véritable capacité à se donner, une générosité de lui-même.
Parcours 1986 - Licence en sciences physiques (UCL)
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> IAD
| contact : Marianne Neumann
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