Entrée de service

Secouristes des livres


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Les bibliothécaires passent à l’action,
lors d’un exercice d’évacuation grandeur nature.

Ils ne sont ni infirmiers, ni urgentistes, ni pompiers… et pourtant ! En cas de sinistre, les bibliothécaires se préparent, comme eux, à réagir vite et bien. Depuis peu, ils disposent d’un plan de sauvegarde et font des exercices, grandeur nature.

Le vendredi 6 janvier, souvenez-vous, pluie et vent ont battu le sol belge durant plus d’une nuit. À Louvain-la-Neuve, l’eau s’est immiscée dans la réserve d’une des bibliothèques. Rien de grave, ouf!, comparé à ce qu’a déjà connu, par exemple, l’ULg en 2007. «Ils ont perdu une grosse quantité de livres en réserve suite à une inondation», explique Frédéric Brodkom, directeur de la Bibliothèque des sciences et technologies de l’UCL. Cet incident a amené la Commission des bibliothèques du CIUF (1) à discuter de «plans de sauvegarde des collections». «Personne n’avait de procédures en cas d’incident», dit le directeur qui a animé, pour l’UCL, un groupe de travail sur le sujet.

L'ennemi n°1, l'eau

Dorénavant, les bibliothécaires s’entrainent afin de pouvoir réagir vite en cas de sinistre. Le risque concerne surtout les réserves, situées généralement en sous-sol (qui plus est, à Louvain-la-Neuve, sous la dalle). Les dégâts les plus fréquents: inondation, incendie et contamination biologique (livres pourris par des champignons). «L’eau est l’ennemi des bibliothécaires», dit justement Frédéric Brodkom.
Le groupe «sauvegarde des collections» de l’UCL a rapidement mis sur papier des procédures. Au sein de ce groupe, directeurs de bibliothèques, magasiniers, personnels d’accueil… se sont mobilisés pour définir un plan de sauvegarde. Les bibliothèques ont ainsi acquis du matériel (raclettes, charriots, papiers buvards, éponges, brosses, ventilateurs…) et préparé un local dédicacé à «soigner» les livres endommagés, en Bibliothèque, des sciences et technologies (BST). Mais le plus important consiste à former le personnel. «Afin que chacun sache ce qu’il peut faire en cas de problème», reprend le directeur.

Et... action!

Dorénavant, deux fois par an, le personnel volontaire des bibliothèques participe à des exercices d’intervention. En novembre, dans les caves de la Bibliothèque des arts et lettres, plusieurs d’entre eux simulaient une inondation (photo). Des collections obsolètes ont été sacrifiées pour l’occasion. Après tris et inventaires, les ouvrages détériorés ont été transférés dans le local de BST où ils ont été nettoyés des suies, séchés et réparés par une seconde équipe. «On a beaucoup appris, poursuit le directeur. On a dû notamment revoir certaines procédures. Ce type d’exercices nous permet aussi de nous rencontrer différemment entre collègues de bibliothèques différentes. Cela met en plus un peu d’action dans la vie des bibliothécaires!»

Alice Thelen

1. CIUF, Conseil interuniversitaire de la Communauté française.

| 30/01/2012 |