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Argument
Quand le pape Alexandre VII prononce la canonisation de François de Sales le 19 avril 1665, les couvents de la Visitation de la France entière entreprennent les uns après les autres de fêter avec faste l'événement qui consacre le fondateur de leur ordre. Déjà en 1661 et 1662, sa béatification avait suscité plusieurs festivités, en particulier en Savoie, berceau familial et spirituel. De ces réjouissances, un nombre considérable de « relations » nous est resté : descriptions des cérémonies, des « appareils », des « machines », des décorations, résumés des sermons — un ensemble spectaculaire conçu pour des jours mémorables.
L'étude de ce corpus présente des intérêts multiples pour l'histoire et l'histoire religieuse, ainsi que l'histoire des arts et de la littérature. C'est à travers une réflexion sur les formes, la portée et les effets de la représentation que seront abordés ces différentes facettes. En effet, la lecture de ces relations révèle la prééminence d'un paradigme mimétique mettant en place les conditions de la figurabilité de la sainteté et du divin par le recours à l'expression figurée et à l'emblématique. D'un lieu à l'autre, pièce après pièce, un portrait canonique et symbolique du saint, François de Sales, se dégage, qui subsume les diverses déclinaisons des discours hagiographiques locaux, et intègre en une seule figure l'évêque militant, le fondateur d'ordre, le promoteur de la « dévotion civile », le parfait disciple du Christ et l'écrivain.
Les séances seront assurées par Agnès Guiderdoni (FNRS, UCL). Elles sont ouvertes à tous et s'adressent spécialement aux doctorants des écoles doctorales « Langues et lettres » et « Histoire, art et archéologie ».
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