L'Iris et le Croissant

Couverture du livre l'Iris et le Croissant
Environ un quart des citoyens bruxellois sont d’origine musulmane, soit entre 250 000 et 300 000 personnes. La réalité est là : Bruxelles est « aussi » une ville musulmane. Il s'agit des résultats d'une étude menée par Felice Dassetto.
Felice Dassetto, sociologue et professeur émérite de l’UCL, a réalisé une recherche de terrain sur la présence de l’islam à Bruxelles. Il en ressort un ouvrage complet sur le sujet : « L’iris et le Croissant », publié aux Presses universitaires de Louvain.

Le livre comporte 4 parties : la description des multiples facettes de l’islam bruxellois ; un décryptage de la pensée et de l’idéologie religieuse qui sous-tendent l’islam bruxellois ; une réponse à la question : comment les musulmans religieux bruxellois se perçoivent-ils en tant que Bruxellois ? ; et enfin, une analyse des quartiers musulmans et de leur relation à la ville.

Parmi les musulmans de Bruxelles, entre 120 000 et 150 000, soit entre 10 et 15% des bruxellois, sont actifs religieusement. On peut les qualifier de musulmans « croyants, pratiquants et actifs dans des associations ». L’islam est, après le football, la réalité organisée qui encadre et mobilise le plus de monde à Bruxelles : plus que l’église catholique ou la franc-maçonnerie, plus que les partis politiques ou les syndicats.

Dans son enquête de terrain, Felice Dassetto observe que l’islam est autant présent au sein de l’économie bruxelloise, qu'en politique ou au sein du tissu associatif de Bruxelles.

Parmi les courants de l’islam, c’est le néosalafisme qui marque le plus le paysage bruxellois. Il s’agit d’un courant intellectuel qui interprète de manière littérale les textes du Coran. Le résultat ? On assiste à un renforcement des obligations rituelles et comportementales. D’autres pensent que l’avenir de l’islam est dans une démarche dite de réforme, soit la refonte de la lecture des textes fondateurs. Enfin, un islam mystique (soufi) est également présent à Bruxelles et connaît un certain engouement, entre autre par le biais des musiques et chants soufis.

En ce qui concerne la manière dont les musulmans se sentent à Bruxelles : chez l’ensemble d'entre eux, jeunes et moins jeunes, leur rapport aux autres Bruxellois non-musulmans se fait en termes de « nous » et « eux ». Et, si la recherche avait été effectuée auprès de non musulmans, il en aurait été probablement de même.

En conclusion, l’islam fait définitivement partie de la réalité bruxelloise. La société bruxelloise musulmane et non-musulmane devra faire un important travail sur elle-même pour construire une co-inclusion réciproque au plan des individus, des organisations et des territoires. (ID)

| 18/11/2011 |