Droit et populations en dangers, 1914-1918

Colloque les 5 et 6 janvier 2012
Collège Erasme, Salle du Conseil
Ces journées d’études entendent examiner l’impact de 14-18 sur des populations civiles largement oubliées par l’historiographie d’après-guerre. La Première Guerre mondiale, en effet, par sa violence hors normes, a suscité des problèmes sans précédents pour nombre de populations civiles. Des centaines de milliers de civils fuient les combats. Réfugiés et exilés, ils vivent loin de chez eux, tantôt accueillis chez l’habitant, tantôt placés dans des camps. Par ailleurs des populations entières vivent sous l’occupation de l’ennemi, en Belgique, dans le Nord de la France et dans zones plus importantes encore à l’Est et dans les Balkans. Enfin, dans cette grande guerre des nationalismes, les empires multi-ethniques développent une certaine méfiance vis-à-vis de leurs minorités. C’est le cas de la Grande-Bretagne vis-à-vis des Irlandais ou de l’Empire Austro-hongrois vis-à-vis des Tchèques, sans parler du sort des Juifs dans bien des pays. Ces réalités témoignent de façon toute particulière du processus de « totalisation des conflits » inauguré par la Première Guerre mondiale.
Bien avant le conflit, dans le processus de civilisation qui caractérise les sociétés européennes, les Etats ont progressivement élaboré des règles juridiques destinées à humaniser la guerre. La déclaration de Bruxelles de 1874 jette les bases d’un droit de l’occupation que précise et structure la conférence de La Haye en 1899. Ces textes reconnaissent et définissent les droits respectifs de l’occupant et des occupés afin que la situation de fait, provisoire et pénible, que constitue l’occupation soit vécue de la meilleure manière possible. Dans le contexte de paix armée qui avait présidé à l’élaboration de ce corpus juridique, les limites à son application effective étaient déjà perceptibles. La guerre telle qu’elle se déroule, dans sa durée et sa totalisation, rend la référence au droit, en tant qu’il est censé dicter les comportements des uns et des autres, de plus en plus illusoire, même si les belligérants ne cessent de s’en réclamer.

Contact : laurence.vanypersele@uclouvain.be


 

Programme du 5 janvier

9h30 - Accueil
10h - Introduction (Laurence VAN YPERSELE, UCLouvain)
10h30 - Atrocités et crimes de guerre (John HORNE, Trinity College, Dublin)
11h - Crimes maritimes (Alan KRAMER, Trinity College, Dublin)
Pause
11h45 - Discussion
DEJEUNER 13h-14h30
14h30 - Génocide (Donald BLOXHAM, University of Edinburgh)
15h - Les lois de la guerre (Annie DEPERCHIN, Université de Lille III)
15h30-17h - Discussion
SOUPER 20h

Programme du 6 janvier

9h30 - Réfugiés et exilés (Philippe NIVET, Université de Picardie, et Peter GATRELL, University of Manchester)
10h - Les minorités au sein des Empires (Panikos PANAYI, De Montford University, Leicester)
10h30 - Les populations emprisonnées (Annette BECKER, Université de ParisX)
Pause
11h15 - Discussion
DEJEUNER 12h30-14h
14h Les résistances (Emmanuel DEBRUYNE, UCLouvain)
14h30 Les populations occupées (Sophie DE SCHAEPDRIJVER, Pennsylvania State University)
15h Discussion
Pause
16h30 Conclusions (Heather JONES, London School of Economics, et Annette BECKER, Université de Paris