Colloque Femme Eros Philosophie

Colloque transdisciplinaire et international les 6 et 7 décembre 2011

Femme Eros Philosophie - Identité féminine, bio-pouvoir du discours et éros philosophique

Affiche - Invitation - Fiche d'inscription
Dans le cadre du colloque international et transdisciplinaire « Femme, Eros et Philosophie », la question de départ soumise à la réflexion est « Qu’en est-il des rapports entre femme et philosophie? » Quelques pistes envisageables pour la développer pourraient se décliner ainsi : Quid de la « femme » en philosophie? Quid du « féminin » en philosophie? Autrement dit, comment « la femme » et « le féminin » sont évoqués/abordés en philosophie, par des philosophes hommes, par des philosophes femmes? Quelles sont les visées et les effets de leur évocation? Par ailleurs, quelles conceptions anthropologiques en proposent d’autres disciplines académiques, les courants de pensée actuels, ou encore des acteurs sociaux contemporains? Quels sont la portée et les effets de ces conceptions? Dans quelle mesure pourrait-on affirmer que le rapport de la femme au monde, au corps, à l’amour, à la spiritualité, à la vérité, à la sagesse, etc., diffère de celui de l’homme? Enfin, et à la lumière de ces variations réflexives autour de la « femme » et du « féminin », peut-on imaginer que « la » philosophie académique puisse devenir plus féminine, notamment avec l’ « arrivée » de femmes en philosophie?
 
Le colloque « Femme, Eros et Philosophie » s’inscrit dans un effort de réflexion sociétal autour de l’idée d’un « retour du féminin », notion heuristique à prétention métaphysique qui pourrait être rapprochée des sensibilités intellectuelles d’un nombre grandissant de penseurs. En philosophie, ces sensibilités se manifestent par un regain d’intérêt pour la sensibilité corporelle, l’affectivité et l’imagination. On le constate tant chez les penseurs féministes qu’en phénoménologie, en ce qui a trait à l’expérience spirituelle, ou encore par la revalorisation d’épistémologies non-modernes qu’opère un certain mouvement décolonisaliste.
 
Cependant, bien que partant d’une réflexion proprement philosophique, ce colloque propose une réflexion qui va bien au-delà d’intérêts disciplinaires spécifiques. La diversité d’horizons des intervenant(e)s rendra manifeste le désir et la pertinence d’une réflexion en commun sur des enjeux philosophiques partagés. En nous invitant à une rencontre féconde entre les discours produits autour de la « femme » et du « féminin », le colloque invite à une considération attentive des liens entre une conception anthropologique donnée et ses effets sur les rapports humains (bio-pouvoir du discours). En ce sens, le colloque sera propice au dévoilement d’enjeux éthiques actuels, tant individuels que collectifs, tout en mettant en perspective d’éventuelles dimensions environnementales et spirituelles.
 
Afin de réfléchir ce qui est en jeu dans ce qu’on envisagera comme un retour, une résurgence ou une remémoration du féminin, les frontières identitaires (disciplines académiques, courants de pensée, activisme social) seront mises à profit. En ce sens, alors que chaque participant(e) sera encouragé(e) à échanger et à réfléchir à partir de son registre de discours et de son cheminement biographique particulier, chacun(e) sera invité(e) à rencontrer l’autre. Plus spécifiquement, en lien avec le thème général du colloque, les frontières identitaires « sexuelles » (le fait d’être un homme ou une femme) pourront être mises au jeu par les intervenant(e)s. Les identités de genre ouvriront ainsi opportunément la voie à de fertiles échanges par le biais des jeux de miroirs et d’éclairages qu’elles favorisent, parfois burlesques, souvent ludiques, mais dont on peut espérer davantage de lucidité.
 
Par ailleurs, les défis méthodologiques découlant de la question des rapports entre femme et philosophie abondent. On peut d’abord constater la variabilité des méthodes d’approche et des connotations de valeur dont se chargent le concept de femme et ses nombreux dérivés. Variations qui prennent nécessairement une coloration particulière suivant les penseurs, les approches disciplinaires, les courants de pensée, et cette richesse est encore augmentée par le déplacement de regard que favorisent les héritages culturels qui sont difficilement assimilables à nos concepts d’analyse modernes.
 
Face à cette possibilité de dispersion, le rapport entre Discours et Être servira de fil conducteur, avec une emphase sur le relationnel et l’efficace : il s’agira donc de porter une attention particulière aux effets de ces conceptions anthropologiques de la « femme » et du « féminin » sur la qualité des rapports éthiques entre les membres d’une communauté humaine. Dans un souci de cohérence avec ce fil conducteur, les participants seront invités à envisager l’exercice de ce colloque comme une tentative de constitution d’un espace de rencontre à partir de et à travers une série de frontières identitaires s’éclairant mutuellement. Les diverses conceptions anthropologiques présentes y contribueront donc d’une double manière, soit par l’analyse intellectuelle et par une pratique de l’éthique relationnelle.
 
Trois axes serviront à orienter les interventions : le premier axe (« Identité féminine ») propose un exercice de funambules entre un discours donné (ce qui est dit et la conception de la femme et du féminin qui en ressort) et l’énonciateur (celui ou celle qui émet cette conception). Ici, nous nous mettons en quête de «l’» identité féminine. L’approche d’analyse de cet axe invite à un regard anthropo-philosophique. Ainsi, en partant des conceptions de la femme et du féminin, mises en lumière par les intervenant(e)s, nous tenterons d’articuler et de clarifier quelques pistes de dialogue entre divers horizons réflexifs d’actualité.
 
Le second axe (« Bio-pouvoir du discours ») propose une réflexion sur le pouvoir de l’énonciation (nommer, définir, hiérarchiser) et son effet sur la qualité de la relation éthique. L’approche de ce second axe est celle d’un regard phénoménologique sur les relations entre trois éléments : la conception anthropologique de la femme qui ressort d’un discours donné, les rapports de pouvoir qui s’y manifestent, et la qualité du rapport éthique qu’engendre ce discours. Une considération attentive des écueils historiques qu’un certain type de pouvoir a pu exercer sur la vie (bio-pouvoir) devrait permettre l’émergence de quelques pierres de touches à partir desquelles divers horizons de discours peuvent réfléchir des sensibilités communes, notamment en ce qui a trait à la vérité, à la justice et à l’amour.
 
Enfin, le troisième axe (« Éros philosophique ») offre un espace de méditation philosophique en commun à partir de figures du féminin et de l’éros telles qu’elles sont véhiculées par divers discours philosophiques. Cette méditation invite à une réflexion sur les rapports entre « féminin » et « amour de la sagesse », tout en visant un au-delà de la dichotomie conceptuelle « identité féminine/identité masculine ». L’approche de cet axe est plus spécifiquement philosophique de par son degré d’abstraction. En se donnant pour horizon un espace de réflexion mettant à l’avant-scène le développement d’attitudes comportementales et d’aptitudes relationnelles favorables à la vie (signification, fécondité et qualité de présence), cet axe suggère un questionnement sur la pertinence historique, sur l’impact philosophique et sur les écueils éventuels d’une ontologie de l’amour, d’une métaphysique de l’imaginaire, ou d’une phénoménologie du spirituel.

Personne-contact : elen.diotte@student.uclouvain.be


Femme Eros Philosophie - 6 et 7 décembre 2011

Organisé par le centre Philosophie et textualité

Lieu: ISP, Place Cardinal Mercier, 14. Salle Socrate 21

Programme (pdf ):

mardi 6 décembre 

Avant-midi (Jour 1)
 
9h15 : Accueil
9h30 : Ouverture du colloque par Nathalie Depraz (Socrate 21)
 
9h45 : Natalie Depraz (Prof. philosophie, U. de Rouen, France) :
           Phénoménologie de l’erôs féminin
10h30 : Moment d’échange
 
10h45 : Pause-café
 
11h00 : Marie-Élisabeth Henneau (Maître de conférence, ULg, Belgique) :
             Des mots et des corps pour dire l'indicible : expériences amoureuses de
             mystiques chrétiennes (XVIIe-XXe s.)
11h45 : Moment d’échange
 
12h00 : Marìa Lugones (Prof. littérature et philosophie comparative, Binghamton
             U. State of New York, États-Unis) :
             Toward a Decolonial Feminism
12h45 : Moment d’échange
 
 
13h00 : Lunch
 
Après-midi (Jour 1)
 
14h15 Tables rondes (2 sessions en parallèle)
 
Table 1 : Femme et Discours
 
Du rapport entre Discours et Être : regard critique sur le rapport entre, d’une part, un discours donné (qui l’énonce et quelle conception de la femme et du féminin en ressort?) et d’autre part, le pouvoir qu’il exerce sur la vie (bio-pouvoir) : des écueils historiques aux espoirs pour demain.
-         Premier axe : en quête de « l’identité féminine » à travers divers discours.
-         Second axe : réflexion en commun sur le rapport entre une conception anthropologique de la femme et ce qu’elle engendre (ou pas) comme attitudes comportementales et aptitudes relationnelles favorables à la vie (signification, fécondité et qualité de présence).
 
14h30 : Mylène Botbol-Baum (Prof. philosophie UCL, Belgique) :
             Philosophie de la rive grecque à la rive hébraïque : une féminisation de l'éros ?
15h00 : Moment d’échange
 
15h15 : Charlotte Luyckx (Doctorante philosophie, UCL, Belgique) :
             La nature, la femme et le sacré : le point de vue de l'écoféminisme
15h45 : Moment d’échange
 
16h00 : Pause-café
 
16h15 : Sylvie Lausberg (Historienne, psychanalyste, chargée de recherches au Centre  
             d'Action Laïque à Bruxelles) :
             Les injures sexuelles comme construction langagière dévalorisante : d’un 
             réductionnisme imaginaire à une aptitude relationnelle à l’Autre
16h45 : Moment d’échange
 
17h00 : Susann Heenen-Wolff (Prof. psychologie, UCL, Belgique) :
             Le genre, le sexe, d'un point de vue psychanalytique
17h30 : Moment d’échange
 
 
17h45 : Clôture de la journée philosophique par Michel Cazenave (Socrate 21)
 
 
Soirée (Jour 1)
 
19h30 : Michel Cazenave (Ancien Conseiller à la direction, puis responsable de
             programmes sur France Culture, dir. de collections, écrivain, France) :
             Féminitude et eros philosophant
 
 
Table 2 : Féminité, corporéité et éros philosophique 
 
Du rapport entre Discours et Être : méditation philosophique à partir de figures du féminin et de l’éros : questionnement sur la pertinence et l’impact philosophique d’une ontologie de l’amour, d’une métaphysique de l’imaginaire, ou d’une phénoménologie du spirituel.
-         Premier axe : exercice de réflexion invitant à une clarification des rapports entre « féminin » et « amour de la sagesse » tels qu’ils sont véhiculés par divers discours philosophiques.
-         Second axe : exercice de réflexion visant un au-delà à la dichotomie « identité féminine/identité masculine », au-delà favorable au développement d’attitudes comportementales et d’aptitudes relationnelles favorables à la vie (signification, fécondité et qualité de présence).
 
 
14h30 : Daniel Proulx (Doctorant philosophie, UCL, Canada-Belgique) :
             La figure de la Sophia, chez Henry Corbin
15h00 : Moment d’échange
 
15h15 : Elen Dania Diotte Besnou (Doctorante philosophie, UCL, Canada-Belgique) :
             Quelques remarques sur les implications éthiques du mythe du féminin érotique dans l’anthropologie de Michel Cazenave
15h45 : Moment d’échange
 
16h00 : Pause-café
 
16h15 : Isabelle Raviolo (Docteure philosophie et théologie, UPV-M, France) :
             Éternel féminin? Une phénoménologie de la chair
16h45 : Moment d’échange
 
17h00 : Fleur Courtois (Chargée de recherche FNRS entre philosophie et danse au Groupe d’études constructivistes, ULB, Belgique-France) :
             La dramatisation de Médée par Carlota Ikeda
17h30 : Moment d’échange
 
 
17h45 : Clôture de la journée par Michel Cazenave (Socrate 21)
 
 
Soirée (Jour 1)
 
19h30 : Michel Cazenave (Ancien Conseiller à la direction, puis responsable de
             programmes sur France Culture, dir. de collections, écrivain, France) :
             Féminitude et eros philosophant
 
mercredi 7 décembre
 
Avant-midi (Jour 2)
 
9h15 : Accueil
9h30 : Introduction à la seconde journée par Jean-Michel Counet (Prof. philosophie, UCL, Belgique) (Socrate 21)
 
9h45 : Bernedette Muthien (Member Advisory Council, U. of Kwazulu Natal,
           Afrique du Sud) :
           Decolonizing love
10h30 : Moment d’échange
 
10h45 : Pause-café
 
11h00 : Baudouin Decharneux (Prof. philosophie, Maître de recherches du FRS-FNRS, ULB, Belgique) :
             Une lecture du mythe d'Erôs et Psychè dans l'Âne d'Or d'Apulée
11h45 : Moment d’échange
 
12h00 : Christos Yannaras (Prof. émérite philosophie, U. Panteion des sciences sociales et politiques, Grèce) :
             Désir, Plaisir, connaissance charnelle de la Beauté : L'indétermination
             ontologique du réel
12h45 : Moment d’échange
 
 
13h00 : Lunch
 
Après-Midi (Jour 2)
 
14h15 : Tables rondes (2 sessions en parallèle)
 
Table 1 : Femme et Discours
 
 
14h30 : Aurel Prentice (MilitantE transgenre et membre de Genres Pluriels, Belgique) :
            « Un gay dans un corps de femme » ? Du secret à l’incarnation, de l’auto-identification à la transidentité
15h00 : Moment d’échange
 
15h15 : Valentina Tirloni (Chargée de cours et coordinatrice scientifique, U. Lyon3,
             France) :
             Les valeurs de la féminité dans la critique des pouvoirs techno-politiques
15h45 : Moment d’échange
 
16h00 : Pause-café
 
16h15 : Anne-Dolorès Marcelis (Docteure histoire, UCL, Belgique) :
             Quel est le goût de la mystique "post-Vatican II" ? Étude des milieux
             professionnels de la prière : les moniales contemplatives
16h45 : Moment d’échange
 
17h00 : Fabien Nobilio (Philosophe et historien des religions, FNRS, ULB, Belgique) :
             L'amour interloqué. La mère, l'inconnue et la veuve dans l'évangile de Jean
17h30 : Moment d’échange
 
17h45 : Clôture de la journée par Michel Cazenave
 
18h00 : Mot de la fin et clôture du colloque par Jean-Michel Counet (Socrate 21)
 
 
Table 2 : Féminité, corporéité et éros philosophique 
 
 
14h30 : Jean Leclercq (Prof. philosophie, UCL, Belgique):
             « Plutôt ta putain que Son impératrice » : Héloïse la philosophe ?
15h00 : Moment d’échange
 
15h15 : José M. Zamora (Prof. titulaire philosophie, U.Autònoma de Madrid, Espagne) :
             L'érôs cynique d'Hipparchia de Maronée
15h45 : Moment d’échange
 
16h00 : Pause-café
 
16h15 : Irini Fotini Viltanioti (Chercheur en philosophie, FNRS, ULB et d’Oxford, Angleterre) :
             « L'Eros est un grand démon » (Platon, Banquet 202 d)
16h45 : Moment d’échange
 
17h00 : Michel Lisse (Prof. philosophie, FNRS, UCL, Belgique) :
             Déconstruction du phallogocentrisme : du schème de la paternité à celui de la
             souveraineté en passant par celui de la fraternité. Un itinéraire de Jacques
             Derrida 
17h30 : Moment d’échange
 
17h45 : Clôture de la journée par Michel Cazenave
 
18h00 : Mot de la fin et clôture du colloque par Jean-Michel Counet (Socrate 21)
 

Contact: Elen Dania Diotte Besnou (elen.diotte@student.uclouvain.be)

| 29/11/2011 |