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Discours de Mademoiselle France MisselynMonsieur le Recteur, chers membres et chers amis de l’Université catholique de Louvain, cher Monsieur Shetty,
En 1961, le britannique Peter Benenson apprend que deux étudiants portugais ont été emprisonnés pour avoir levé leur verre à la liberté. Indigné, il écrit un article intitulé «The forgotten prisoners» qui paraît dans le Journal « The Observer ». Amnesty International est née. Cet appel à la justice a permis d’unir des hommes et des femmes qui, dans le monde entier, partageaient la même indignation. Et cette union leur donna le poids que, individuellement, ils n’avaient pas. C’est par cet appel que Peter Benenson les a… tous connectés, ces hommes et ces femmes, dans un combat pour la démocratie. Et depuis lors, Amnesty International n’a cessé de croître, que ce soit par les nouvelles causes qu’elle a choisi de défendre, par son impact grandissant, ou encore par les nouveaux membres qui l’ont rejointe… de plus en plus nombreux ! Ce qui était, à ses débuts, un mouvement en faveur des prisonniers d’opinion, est peu à peu devenu une organisation militant en faveur de tous les droits inscrits dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme. Son soutient s’est ensuite étendu à d’autres droits, tel que, notamment, depuis 2009, le droit à la dignité. De nouveaux membres sont venus amplifier sa voix. Cette voix qui s’est fait entendre, cette voix qui, rapidement, a été écoutée. Tant de personnes ont vu leur situation s’améliorer grâce à son action, tant de législations ont évolué sous sa pression, tant d’individus ont changé leur opinion… Pour ne citer que quelques victoires, je pense notamment au recul de la peine de peine de mort dans le monde, à l’adoption du statut de la Cour Pénale Internationale, à la libération d’innombrables prisonniers… Et je m’arrête là car la liste est très longue, bien trop longue pour le temps qui m’est imparti ! Aujourd’hui, Amnesty International est devenue la plus grande organisation de bénévoles au monde. Elle compte près de trois millions de membres, sympathisants, militants, donateurs…menant à bien sa mission. Amnesty International mérite également d’être saluée pour l’indépendance qu’elle conserve farouchement depuis ses débuts, n’acceptant aucune subvention ni aucun don d’Etats, gouvernements, mouvements ou partis politiques pour accomplir sa mission. Amnesty International est encore jeune – elle a en effet soufflé ses 50 bougies l’année dernière- mais elle a accompli tellement ! Ce qui lui valut, en 1977, le Prix Nobel de la Paix! Elle est encore jeune et pleine de vigueur. Et cette vigueur lui sera nécessaire car de nombreux combats l’attendent dans la construction d’un monde plus juste, d’un monde d’humains plus… humains. La tradition veut que, lors des cérémonies Docteur honoris causa, on n’aborde pas uniquement les actions des docteurs mais également les traits de leur personnalité. S’agissant ici d’une organisation, c’est de ses membres que je voudrais parler. Bien plus que des écrivains obstinés (qui multiplient les lettres aux gouvernants de ce monde), bien plus que des vendeurs de bougies ou des démarcheurs à la sortie des grands magasins (même si tout cela est bien utile et a contribué aux succès d’Amnesty) je relèverais plutôt quelques mots qui les caractérisent : idéal, infatigabilité, optimisme… Amnesty, à travers ses membres, est quelqu’un d’incroyablement optimiste, quelqu’un qui croit profondément en ce proverbe qui, depuis la création d’Amnesty, rythme ses actions: « Mieux vaut allumer une bougie, que maudire l’obscurité ». J’aimerais clôturer cette introduction sur cette pensée, en citant notre Secrétaire Général, Salil Shetty. Il s’agit d’un extrait d’un discours que vous avez prononcé à l’occasion des 50 ans d’Amnesty et qui, selon moi, vaut à lui seul tous les discours : « we know that the only way to fight injustice is not by cursing the darkness but by lighting a candle. One candle at a time. Each candle as important as the other. And together the power of over 3 million candles across the globe shining a bright light on governments and corporations that are involved in abusing human rights acts as a powerful deterrent. Human rights abusers don’t like to be exposed and the Amnesty torch does just that.» C’est donc bien la force d’un réseau qui est soulignée dans ce passage. Un réseau de personnes connectées, focalisées sur un objectif commun et qui peuvent, grâce à cela, accomplir tellement plus que seules. Ainsi, parce qu’elle joue véritablement un rôle fondamental dans la promotion des valeurs démocratiques et qu’elle représente un grand réseau de personnes connectées, je vous demande, Monsieur le Recteur, de bien vouloir conférer à l’organisation non gouvernementale Amnesty International, le titre de Docteur honoris causa de notre Université.
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2/02/2012
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