Présentation

 

 

Objectifs

En 1995, l’Université Catholique de Louvain a mis en place, pour le long terme, un centre de recherche interdisciplinaire en sciences humaines. Ce centre a été installé en Hainaut, région confrontée à des difficultés économiques, sociales et culturelles majeures mais fortement orientée vers son développement.

Vu cette implantation, le CERISIS s’est donné pour but l’analyse scientifique, d’une part, des mécanismes qui participent au maintien des diverses inégalités entre les groupes et les individus et, d’autre part, des processus qui sont susceptibles de surmonter ces situations. Il s’agit donc de produire des connaissances scientifiques pouvant contribuer, au travers d’une éthique liée à la justice sociale, au développement d’une société porteuse de cohésion et de solidarité.

 

Orientations

1. Savoir scientifique et pertinence sociale

La mise en œuvre d’une articulation entre pertinence scientifique et éthique sociale demande, dans le déroulement d’une recherche, de travailler à partir de plusieurs points de repère. Voici comment le CERISIS tente de construire le lien entre ces deux registres :

  • La première étape concerne le choix et la définition de son objet. Ce choix s’opère, d’une part, par référence aux demandes des commanditaires de la recherche (sources de financement) et aux questions et expériences des acteurs de terrain. D’autre part, il intègre les acquis scientifiques en la matière notamment en structurant la problématique théorique et le modèle de recherche (articulation entre recherche appliquée et recherche fondamentale). Cette première étape montre combien les liens entre demande sociale et démarche scientifique peuvent être étroits. C’est là que les orientations éthiques prennent place, qu’elles sont susceptibles de fournir à la recherche une pertinence sociale.
  • Une fois l’objet de recherche construit, sa réalisation s’opère au travers d’une succession d’outils épistémologiques, méthodologiques et techniques. Le cadre d’analyse est élaboré, l’échantillon est construit, le recueil de données opéré et les résultats sont analysés. Cette étape ne peut se développer qu’à l’intérieur d’un cadre qui lui garantisse une autonomie maximale, où les biais (c’est-à-dire, le fait d’observer ce qu’on voudrait et non ce qui est) sont identifiés et réduits. C’est pourquoi, la dissociation du scientifique et de l’acteur du terrain ou du politique est indispensable afin de se tenir à distance des demandes de justification et des enjeux de légitimation. Plus l’enjeu est important dans l’agenda social et politique des acteurs concernés, plus l’autonomie du travail scientifique et le rapport libre et rationnel de la science à son « sujet-objet » sont nécessaires.
  • Mais si l’autonomie des chercheurs est une condition indispensable dans la phase centrale de la recherche, elle perd de sa puissance lorsque les résultats sont, dans une troisième étape, restitués dans le champ de l’action. En effet, les paramètres maîtrisés dans une recherche sont très limités par rapport à l’ensemble des paramètres à prendre en compte soit pour comprendre la totalité d’une action sociale, soit pour effectuer des choix liés à l’action. Il peut être utile de discuter et d’élaborer avec les acteurs des grilles d’analyse leur permettant d’évaluer et de critiquer les effets de leurs actions et ce, pour qu’ils puissent élaborer leurs choix en bénéficiant de cet éclairage. Il peut être utile également qu’une recherche soit suivie de recommandations mais la relation entre les résultats de la recherche et les recommandations n’a pas le statut de démonstration et de légitimité scientifique.


2. Les domaines de travail

Avec une équipe constituée d’économistes, de psychologues sociaux et de sociologues, le CERISIS s’investit dans trois domaines de recherche.

  • Premier domaine : les questions liées aux processus psychosociaux et aux politiques sociales. L’analyse est centrée sur les processus de construction de l’identité sociale valorisée ou dévalorisée par rapport à divers contextes. Les terrains qui font l’objet d’études concernent notamment les processus de formation, les mécanismes liés à la primo insertion professionnelle de jeunes peu qualifiés, les processus liés à sélection à l’embauche ainsi que ceux favorisant ou défavorisant la diversité dans l’entreprise et notamment les facteurs favorisant ou défavorisant le maintien dans une trajectoire professionnelle des travailleurs de plus de 50 ans.
  • Deuxième domaine : l’économie sociale et politiques sociales. Les problématiques et aspects abordés concernent : (a) l’analyse des caractéristiques et de l’organisation spécifiques de l’économie sociale par rapport à la logique étatique et à la logique capitaliste, (b) les limites et avantages de l’économie sociale par rapport aux autres logiques économiques, c) l’élaboration de critères multidimensionnels pour l’évaluation de la performance économique et sociale de l’économie sociale, (d) les effets sur le développement local de l’économie plurielle.
  • Troisième domaine : les questions liées aux inégalités sociales, scolaires et culturelles. Dans un premier temps, le travail s’est centré sur les inégalités liées à l’enseignement : régulation des espaces locaux, production des inégalités et leurs conséquences, transformations des modèles pédagogiques concernant les pratiques et les rôles des enseignants, des élèves, des parents. Actuellement, c’est l’étude des politiques publiques et sociales qui est explorée. Sont étudiées, d’un point de vue sociologique, les relations entre d’une part la production et la diffusion des connaissances (des scientifiques et des experts) et d’autre part le contenu des décisions politiques notamment dans le domaine des politiques de santé et d’enseignement. Chaque problématique est appréhendée dans un contexte en profond changement.

Dans la suite de ce document, pour chacun de ces domaines, nous présentons les problématiques des diverses recherches regroupées par thématique.  Nous en soulignons également les apports sociaux et pédagogiques. Par ailleurs, nous présentons les divers partenariats mis en oeuvre. Nous distinguons ceux avec des acteurs de terrain et/ou institutionnels et ceux (souvent concomitants) avec des équipes scientifiques.  Enfin, nos diverses publications, communications et interventions scientifiques ainsi que celles orientées vers la société civile sont mentionnées.

 

Sources de financement

Le CERISIS a commencé son travail en septembre 1995. Son financement provient jusqu’en 2006 inclus, du phasing out de l’Objectif 1 Hainaut, de la Région wallonne notamment l’IWEPS, de la Communauté Wallonie-Bruxelles, de l’Union Européenne par l’intermédiaire du Fonds Social Européen et des programmes cadre, des Fonds scientifiques (SSTC, FRSFC, FRSFC-IM), de la Politique Scientifique Fédérale (SPF) et de l’UCL elle-même.

Indépendamment des rapports annuels d’activités destinés à nos commanditaires, un premier bilan des activités 1995-1999 a été élaboré en 2000. Un deuxième rapport a couvert la période 2001 et 2002. Un troisième rapport a synthétisé les activités du CERISIS pour les années 2003, 2004, 2005 et 2006. Ces rapports sont téléchargeables dans la rubrique "publications".
Le présent rapport reprend les activités de l’année 2007. Nous y présentons d’une part les thématiques et problématiques traitées dans les recherches du CERISIS et d’autre part les apports sociaux et pédagogiques tout comme les divers partenariats (scientifiques ou de terrain) mis en œuvre. Sont ainsi citées les publications et les communications scientifiques, les thèses défendues et en cours qui sont en lien avec le CERISIS ainsi que les nombreux services à la société. Il indique également les responsabilités exercées par les membres du CERISIS. Cela permet d’avoir une vue générale du développement des activités du CERISIS.

 

En savoir plus
   > Rapport d'activités 2007

Le CERISIS-UCL renvoie aussi à...

   > l'Université catholique de Louvain (UCL)
   > la Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Éducation de l'UCL (PSP)
   > Le département des sciences politiques et sociales (POLS)
   > La Faculté des sciences économiques, sociales et politiques
   > L'institut de recherches économiques et sociales (IRES)
   > La faculté ouverte de politique économique et sociale (FOPES)
   > L'institut des sciences du travail (TRAV)
   > Groupe interfacultaire de recherche sur les systèmes d'éducation et de formation (GIRSEF)
   > Le site de l'Economie sociale
   > La Fédération de l'Enseignement Secondaire Catholique (FESEC)

| 29/08/2008 |