Comment construire un dispositif de formation? Cette question est le titre du dernier livre de deux formateurs de l’IPM, Denis Smidt et Marcel Lebrun. Associés à Geneviève Bricoult (bibliothèque), ils ont truffé leur livre d’expériences vécues en formation et ailleurs. Un livre à explorer… comme un guide touristique.
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Marcel Lebrun, formateur à l’IPM.
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La Quinzaine: «Construire un dispositif de formation», n’est-ce pas jargonnant comme titre? Pourquoi ne pas parler de «cours»?
Marcel Lebrun: On aurait pu appeler notre livre ‘construire son cours’ mais on avait peur que cela dise ‘comment donner cours’. ‘Dispositif’, cela va plus loin: il ne s’agit pas seulement de la voix du professeur, des diapositives… mais de tout ce qui favorise l’apprentissage, le cours étant un des éléments du dispositif.
Comment votre livre est-il conçu?
On a voulu un ouvrage efficace, selon un principe: la cohérence pédagogique. Dans une formation, certains éléments sont incontournables: les compétences à acquérir, la méthode pour les atteindre et l’évaluation. La cohérence de ces trois éléments est le graal pédagogique. Auquel il faut ajouter le scénario temporel, c’est-à-dire le cheminement au terme duquel les étudiants auront appris.
Comment est née l’idée du livre?
Nous donnons chaque année des formations aux nouveaux enseignants de l’UCL. Le livre se base sur notre expérience, et celle de tous les membres de l’IPM. Mais le livre peut servir aux formateurs de tout horizon. Chaque chapitre débute par une conversation basée sur des expériences vécues. Schémas, tableaux, illustrations, regards des conseillers pédagogiques et touches d’humour (cartoons de Serdu) ponctuent le texte. Ce qui fait qu’on peut le picorer… En fait, c’est tout le contraire d’une bible; ce serait plutôt un guide touristique, on présente la région, avec des propositions de circuits, mais aussi des curiosités à découvrir et, à la fin seulement, le détail.
Les nouvelles technologies sont-elles prises en compte?
Bien sûr! Nous avons essayé d’avoir un regard sur l’apprentissage en ligne et sur les TIC. Aujourd’hui, les jeunes sont «natifs numériques». Il y a pléthore de
ressources, d’outils et il faut aussi les préparer à la vie professionnelle qui sera largement marquée par le numérique. Si l’on veut que nos étudiants soient compétents, il faut leur permettre de développer leurs compétences et éviter de remplir l’espace par la seule transmission. Michel Serres ose dire «arrêter de transmettre, tout est transmis».
Les étudiants ne finiront-ils pas par ne plus rien savoir?
Le risque est là. Mais aujourd’hui, quels sont les facteurs d’efficacité d’une formation? L’important n’est plus tant de transmettre (le prof qui sait et va dire le savoir) que d’accompagner l’apprenant à apprendre (le prof qui accompagne les étudiants au savoirfaire). Le plus grand travail en pédagogie reste d’arriver à changer les postures profondes: passer de la logique «enseigner» à la logique «favoriser l’apprentissage».
Propos recueillis par Alice Thelen
