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1997 Dieu à l'épreuve de notre cri28-29 octobre
Que devient Dieu à l’épreuve de notre cri ? Question radicalement actuelle cinquante ans après Auschwitz, deux mille ans après le cri de Jésus en croix et alors que monte d’ici et d’ailleurs le cri de tant de Saints Innocents. Le récit chrétien présente un Dieu qui se laisse profondément éprouver par le cri de l’homme, qui se laisse atteindre par lui et même qui le porte en lui. Mais depuis vingt siècles, ce Dieu de Gethsémani et de la croix a-t-il été vraiment pris en compte par la pensée théologique ? N’est-ce pas un peu comme si le Dieu solitaire et impassible de la philosophie grecque avait ombragé jusqu’à nos jours la perception théologique du Dieu de la Passion ? Dans le crise d’une modernité qui redécouvre brutalement la réalité du mal et de la mort, la possibilité ne s’ouvre-t-elle pas d’accueillir et de penser l’in-ouï du Dieu chrétien ? Si l’absence et le silence de Dieu continuent à nous troubler, n’est-il pas vrai aussi qu’ils nous touchent plus que jamais ? Est notamment en cause ici l’idée de la toute-puissance de Dieu. Si Dieu est Dieu et si nous voulons honorer les requêtes légitimes de la raison, nous ne pouvons pas simplement remplacer la toute-puissance par la toute-faiblesse. C’est précisément dans la manifestation de la faiblesse comme puissance que se donne sur la croix la vérité de Dieu. Cela n’implique-t-il pas une logique du paradoxe qui refuserait d’être illogique, mais qui revendiquerait une logique propre ? Notre raison elle-même ne peut en effet évacuer l’épreuve de la croix si elle veut penser Dieu de manière juste. Adolphe Gesché
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31/01/2012
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