La pédagogie à la croisée des chemins
Jean-François Rees, professeur à la Faculté des sciences et membre de l’Institut des sciences de la vie, sera, dès la rentrée de septembre, le nouveau président de l’Institut de pédagogie universitaire et des multimédias (IPM).
 |
Jean-François Rees: «Il serait utile de réfléchir
au développement d’outils pédagogiques centrés sur l’étudiant.» |
La Quinzaine: Pourquoi endosser ce nouveau job?
Jean-François Rees: C’est une continuité logique de mon métier d’enseignant. Il y a déjà plusieurs années que je suis impliqué dans des projets de l’IPM (Institut de pédagogie universitaire et des multimédias), comme le plagiat, par exemple. J’ai aussi une certaine expérience dans l’utilisation des nouvelles technologies et des pédagogies actives au sein de mes cours. C’est aussi participer à un défi passionnant: celui de réfléchir au renouvellement constant de nos dispositifs pédagogiques, au service de l’apprentissage des étudiants, dans des contextes variables.
L’utilisation des nouvelles technologies au service de la pédagogie représente-t-elle pour vous un enjeu majeur ?
Nous sommes à la croisée des chemins en matière d’utilisation des technologies de l’information et de la communication à l’université. La réflexion autour de l’apport de celles-ci en matière d’enseignement et d’apprentissage, c’est maintenant que nous devons la mener. Quels outils et quels dispositifs pédagogiques peuvent être développés pour de l’enseignement à distance? Devons-nous passer aux syllabi électroniques? Quelle place pour l’utilisation de support comme les tablettes ? Cela pose des questions en termes d’accès à ces supports mais aussi en termes de développement durable, par exemple. Ces questions, c’est maintenant qu’il faut amener l’université à y répondre, afin de faire les choix adéquats pour demain!
Y a-t-il d’autres pistes d’action vers lesquelles évoluer ?
Les actions de l’IPM sont tournées vers les enseignants, avec comme destination finale la qualité de la formation de l’étudiant et sa réussite. Je pense qu’il serait utile de réfléchir au développement d’outils plus orientés vers l’étudiant. On le sait, l’UCL a travaillé sur les learning outcomes (les acquis de l’apprentissage). On attend de nos étudiants qu’ils développent, au travers des formations que nous leur proposons, non seulement des compétences disciplinaires mais aussi des compétences transversales (par exemple la communication orale) susceptibles d’en faire de bons professionnels. Je pense que cela peut passer par des outils en ligne (cours, screencasts commentés, podcasts…), disponibles pour tous les étudiants, quelle que soit leur orientation. De tels outils permettraient aux étudiants de s’autoformer quant à certaines compétences exigées d’eux à la fin de leur cursus. L’IPM doit apporter son expertise dans cette réflexion.
L’UCL a créé l’IPM il y a plus de quinze ans. C’était très précurseur…
L’IPM reste un modèle pour de nombreuses universités. Et de par son travail de réflexion (sur les plateformes d’enseignement en ligne, sur la pédagogie…) et via des formations, l’institut reste une innovation en soi. Il est important de continuer à valoriser les initiatives comme le Fonds de développement pédagogique, les formations à destination des enseignants qui y sont proposées.
Un autre enjeu capital pour l’IPM sera de rester proche «du terrain», celui des facultés et des enseignants, tout en étant intégré dans un réseau de réflexion pédagogique au niveau plus global de l’université. Mon souhait est de développer un réseau de conseillers pédagogiques collaborant activement au travers des différents secteurs et sites de l’UCL.
Propos recueillis par Julie Claus