Les ordres étudiants, fiers de leur Alma Mater

Le 9 mars, l'Academicus Neo Lovaniensis Ordo (ANLO) fêtera ses quinze ans en offrant une oeuvre de Bernard Tirtiaux à l'UCL. L'ANLO est un de ces nombreux ordres estudiantins existant à l'UCL. Des confréries attachées à leur Alma Mater et fières d'en être (ou d'en avoir été) les étudiants…

C’est une Sedes Sapientae revisitée par le maître-verrier Bernard Tirtiaux qu’a choisi d’offrir à l’UCL l'Academicus Neo Lovaniensis Ordo, marquant ainsi son quinzième anniversaire. Toute en lumière et transparence, cette oeuvre est exposée dans les Halles universitaires. Pourquoi ce choix ? Emmanuel Falzone, chancellier de l'ANLO, explique: "La vocation de notre ordre, fondé par
quelques étudiants en 1991, est de promouvoir l'UCL, Louvain-la-Neuve ainsi que les arts et la culture. Il était donc logique, pour nous, d'offrir une oeuvre créée par un de nos plus grands artisans".  Pour cet étudiant en anthropologie, cet événement est une occasion de faire parler des ordres estudiantins. Ceux-ci sont en effet méconnus du grand public et de la communauté universitaire. taire. Il est vrai que leurs références constantes aux organisations étudiantes du Moyen-Age, leur constitution, appelée Codex, l'utilisation du latin au cours de leurs réunions (les chapitres), leurs rituels vestimentaires (calottes, toges et «band»), leur intérêt marqué pour le chant étudiant, peuvent donner l'impression d'avoir affaire à des sortes de sociétés secrètes. Ce dont ils se défendent, même si certains rituels ne sont pas divulgués à l'extérieur.

La "guindaille de qualité"
La création des ordres estudiantins est extrêmement ancienne. Cependant, la plupart des ordres présents sur les sites de l'UCL ont été créés à la fin des années 1980 et au début des années 1990. La raison en est simple: après le «transport en ambulance» entre Louvain et Louvain- la-Neuve, tout était à reconstruire, le folklore étudiant aussi. Très vite, les cercles et les régionales, ainsi que les rituels (baptêmes, coronae) se sont reconstitués, mais pas dans les règles de l'art aux yeux de certains
étudiants. La création des ordres à Bruxelles et à Louvain-la-Neuve avait comme objectif, entre-autres, de remettre les origines du folklore étudiant à l'avant de la scène. Tous prônent une certaine idée de la fraternité étudiante,
une volonté de promouvoir l'UCL et un attachement marqué à la «guindaille de qualité». Ce terme revêt ici à la fois la notion de fête mais aussi celle de texte humoristique ou chant exécuté en séance par les participants au chapitre. Les ordres ont tous leurs particularités (mixte ou non, réservé aux étudiants d'une faculté ou interfacultaire,…) mais l'entrée s'y fait de la même façon pour les «tiro» (les «bleus»): il faut y être invité par un membre de l'ordre. Après une série d'examens (sur le Codex, l'histoire de l'UCL,…), le tiro est admis comme «chevalier» et il peut porter le «band» (tissu aux couleurs de l'ordre que l'on porte sur l'épaule). Une fois membre, il le reste pour toujours. Ces sociétés regroupent ainsi des étudiants et des alumni, créant ainsi un réseau fidèle, fier de marquer son appartenance à l'Alma Mater.
Julie Claus

| 9/03/2007 |