Police, vision 2025: (R)évolution dans l'histoire des polices en Belgique ?

Débats, continuités et inflexions autour de l’identité, de l’éthique et de des fonctions policières
Wavre, Palais du Gouverneur, 11 décembre 2015
Mons, maison Losseau, 29 janvier 2016
CEP

Programme

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Le projet « Vision 2025 » , exercice de réflexion initié en 2011 quant au futur de la police belge, remet sur l’avant de la scène un ensemble de débats sur la répartition des tâches, l’efficacité, les valeurs et l’organisation policière la plus adéquate pour répondre aux enjeux de la société belge du 21e siècle, dans ses perspectives nationales et transnationales. Il interroge le ‘modèle’ de police à promouvoir en démocratie, son adaptation aux multiples enjeux d’une société changeante (économie, migration, individualisme). Il réfléchit également aux valeurs devant fonder les relations entre policiers, citoyens et autorité. Présenté comme novateur par certains, critiqué comme trop éloigné des réalités actuelles par d’autres, il dresse un bilan à la fois actuel et prospectif des enjeux de l’exercice des fonctions de police.

D’une actualité certaine, ce rapport ne peut qu’interpeller l’historien. Puisque l’enjeu de l’adaptation policière au changement social est une nécessité constante, les thématiques envisagées dans le rapport ne sont pas neuves. Les questions identitaires, de tâches à remplir ou de relations avec les administrations traversent l’histoire de tout appareil sécuritaire au service d’un État moderne. Au gré de crises, d’évènements traumatiques, de la transformation des demandes sociales ou politique, ces enjeux – et les réponses qui leur ont été apportées – se sont additionnées, transformées ou au contraire, ont perdurées dessinant progressivement le visage de l’appareil policier belge que nous connaissons aujourd’hui.

Indispensables à la définition du « qu’est-ce que une bonne police » et du « que doit faire la police », ces thématiques nécessitent une remise en perspective chronologique, pour comprendre la profondeur temporelle des choix aujourd’hui posés et discuter l’ampleur de la rupture, ou le caractère novateur des argumentaires avancés. Dans ce cadre, nous organisons deux journées d’études mettant chacune l’accent sur une approche spécifique (géographique puis fonctionnelle) apportant un éclairage neuf sur les enjeux sous-jacents au projet « Vision2025 ».

La première journée mettra en avant une perspective locale, appliquée à un espace géographique défini : comment assurer l’ordre et la sécurité dans une région donnée ? Prenant comme focus la province du Hainaut et ses caractéristiques sociales, économiques, politiques (zone frontalière, bassin industriel, zone de migration, lieux de passage mais aussi région marquée par diverses crises à travers l’histoire…), les communications interrogeront les spécificités des pratiques policières et enjeux sécuritaires au long des 19e et 20e siècles au sein de cette province. Elles confronteront par ce biais les spécificités régionales à un cadre national. Par cette approche micro, basée sur des cases-studies, nous apportons des illustrations concrètes des réalités constituant l’organisation et les réalités du travail policier (relation avec les populations, priorité des tâches, place dans l’espace public,…).

Confrontant situation actuelle, prospective et épisodes révolus, la seconde journée envisage une perspective nationale. Elle interroge, dans une approche fonctionnelle et identitaire, les transformations des fonctions et valeurs policières au sein différentes polices belges, au long des 19e et 20e siècles. Il s’agit de réfléchir aux valeurs définissant à travers le temps la police en Belgique : institution d’ordre, organe de répression, service public ou service au public ? La journée met de fait l’accent sur la délicate question de l’éthique policière pour interroger la place des polices au sein de l’appareil d’État, au service des citoyens. Pour dresser un bilan de ces deux journées, la rencontre se termine par une table-ronde permettant ma confrontation de points de vue de professionnels et de chercheurs (historiens, sociologues et criminologues) sur ces questions.

Renseignement et contact : Jonas Campion, jonas.campion@uclouvain.be